Alpha fucks, beta bucks : qu’est-ce que ça veut dire ?

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alpha fucks, beta bucks

Si vous vous baladez dans le monde de la manosphère régulièrement, vous lirez ou entendrez parfois l’expression Alpha fucks, beta bucks (l’alpha baise, le béta raque). Comment la comprendre au juste ? 

Alpha fucks, beta bucks : cause et conséquence

Alpha fucks, beta bucks est un bon résumé des définitions de l’alpha et du béta. L’alpha, parce qu’il en a les moyens physiques et comportementaux, est en effet celui qui séduit le plus rapidement et le plus facilement et peut baiser le plus souvent et le plus grand nombre de femmes. Le béta, quant à lui, doit, pour attirer une partenaire, montrer qu’il dispose de moyens financiers, parce que ce qu’elle recherchera auprès de lui, c’est d’abord la sécurité matérielle. L’aspect physique et sexuel de la relation est ce qui motive la partenaire quand elle est avec un alpha (elle va vers lui parce qu’elle a envie de lui), alors que c’est un à-côté de la relation quand elle est avec un béta.

Pour faire court : avec un alpha, le sexe est la cause de la relation; avec un béta, le sexe est la conséquence de la relation. 

Double stratégie

Mais cette expression a aussi un deuxième sens. C’est ce que l’on appelle la dual mating strategy . Comme on l’a déjà expliqué dans l’article sur les alphas et les bétas, les femelles de l’espèce humaine (et de pas mal d’autres aussi) ont un problème dans le choix de leurs partenaires. Elle prennent beaucoup de risques dans la reproduction, puisque ce sont elles qui portent l’enfant, elles qui s’en occupent en bas âge, etc. Baiser avec n’importe qui, c’est donc du suicide pour elles : elles doivent être sélectives. Le souci, c’est qu’un partenaire avec de bons gènes (un alpha) est rarement fidèle, et aura plus tendance qu’un béta à les abandonner si elles sont enceintes, à aller voir ailleurs même s’ils sont en couple, etc. Être la femme d’un alpha, c’est donc prendre le risque d’élever seule la descendance, ou de voir le père disperser son patrimoine et son temps pour également s’occuper d’autres enfants, qui ne sont pas ceux de la femme en question. Bref : c’est avoir un partenaire génétiquement bon mais peu disponible. 

Un béta, c’est le contraire : il est génétiquement moins bon, physiquement moins imposant, mais il a des qualités qui font de lui un bon mari et un bon père. Il est plus doux, plus présent, plus attentionné, plus rassurant sur le plan financier. Être la femme d’un béta, c’est avoir un partenaire moins bon mais plus disponible. 

Alpha fucks beta bucks

Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas conscience de suivre une stratégie qu’elle n’en suit pas une en réalité.

Comment choisir ? Parfois en ne choisissant tout simplement pas : un grand nombre de femmes pratiquent (inconsciemment) une stratégie reproductive double : elles commencent, quand elles sont encore jeunes, par se faire faire un ou deux enfants par un alpha. Puis elles se séparent de lui après quelques années, et se mettent en couple avec un béta, qui, lui, sera capable d’élever ces enfants qui ne sont pas les siens. C’est là le deuxième sens de Alpha fucks, beta bucks : l’alpha a baisé mais c’est le béta qui paiera l’entretien et l’éducation de sa descendance.

Attention : la plupart du temps, cette pratique est le plus souvent parfaitement inconsciente. Personne ou presque ne se lève un beau matin en se disant Tiens, je vais me faire mettre en cloque par un connard brutal, le plaquer, puis me réfugier dans les bras du gentil nerd d’en face, qui est timide mais équilibré et qui a un bon boulot. Mais on n’a pas besoin d’avoir conscience du phénomène pour le pratiquer.

Et c’est bien ou c’est mal ?

Ce n’est ni bien ni mal : c’est comme ça. Ce type d’attitude a été sélectionné par l’évolution, parce qu’il favorise la survie de l’espèce : par le biais de cette stratégie double, les mâles qui ont le meilleur potentiel génétique se reproduisent davantage, et ceux qui ont le meilleur potentiel éducatif éduquent davantage les jeunes. C’est une optimisation des rôles dans l’intérêt de l’espèce. Mais l’intérêt de l’espèce et celui de l’individu ne coïncident pas forcément. 

Aller plus loin

Pour en savoir plus sur ces phénomènes, vous pouvez consulter d’autres de nos articles sur ce thème, et en particulier, par ordre de complexité :

Illustrations : Pablo Padilla Pietra Schwarzler

Martial
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