Après la Pilule Rouge #10 : la vérité sans la colère

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La vérité sans la colère

Il est très commun, parmi les hommes commençant à prendre la Pilule Rouge, de constater des réactions de colère, d’agressivité, voire de haine, notamment envers les femmes. A certains égards, ce n’est pas incompréhensible : personne n’aime se rendre compte qu’il a été pris pour un imbécile toute sa vie durant, ni qu’on lui a, pour l’essentiel, menti sur à peu près tout ce qui concerne les relations entre les sexes, la société occidentale et pas mal d’autres choses encore. Pourtant, la colère, comme la haine ou la violence, sont en la matière absolument à éviter.

Pas de colère contre le monde

La voie de la Pilule Rouge n’a pas pour objectif de vous rendre amer, ni haineux. Elle n’a pas pour ambition pas de vous mettre en colère. Elle a pour but de donner à chaque homme une vision du monde juste, ou, en tout cas, la plus juste possible et la plus proche du réel. Parce que la vérité est un bien en soi, et la connaître est souhaitable pour tout être de raison. C’est d’ailleurs une des choses qui font toute la différence entre l’homme et le gamin : pour l’homme, savoir si une chose est vraie est plus important que de savoir si elle est ou non choquante. Savoir si un concept est cohérent, rationnel et en phase avec le réel est plus important que de se demander si cette réalité nous est ou non confortable.

En vouloir au monde parce qu’il est comme il est, c’est une perte de temps et d’énergie. Nous sommes, de toute manière, condamnés à vivre dans l’univers tel qu’il est, avec des êtres humains tels qu’ils sont. Nous pouvons espérer apporter quelques petites corrections ici et là, mais dans l’ensemble, le réel ne va pas se plier à nos conceptions de ce qui est moral et de ce qui ne l’est pas.

La virilité véritable, sur le plan intellectuel et émotionnel, consiste à accepter le monde et à y vivre, envers et contre tout. A comprendre qu’il n’est pas tel que nous le voulons mais qu’il est tout ce que nous avons. Cela ne signifie aucunement qu’il faille se résigner à tout. Mais seulement accepter l’idée que nous ne sommes pas Dieu, que nos options sont limitées, et que l’influence que nous pouvons avoir sur notre environnement également.

L’objectif de la Pilule Rouge, c’est de vous permettre de prendre en main votre vie, pas de la passer en colère contre d’autres.

Ne pas se comporter en SJW

L’une des raisons principales pour lesquelles les membres de la manosphère trouvent ridicules les revendications féministes de troisième vague et des SJW tient au fait que ces revendications ignorent en général le monde, la réalité, la nature humaine, la biologie, etc. Leurs tenants se plaignent, manifestent, luttent, hurlent … mais ne prennent pas la mesure de leurs propres responsabilités, ni ne se posent la question des actions concrètes qu’ils pourraient mener pour réellement améliorer leur quotidien. Beaucoup ne réalisent même pas à quel point leurs revendications sont irréalistes, ou, quand elles ne le sont pas, à quel point elles sont futiles. Il faut dire que donner à leurs engagements une traduction pratique n’est pas leur objectif : ce qu’ils veulent, c’est rester dans leur condition victimaire, bien plus confortable qu’une position d’adulte responsable de ses actes, de ses insuccès comme de ses réussites.

Trouver ridicules ces gamins trop gâtés confondant crise d’adolescence tardive et grands débats de société est non seulement un droit, mais quasiment un devoir pour tout être de raison ayant conservé une part de virilité intérieure. A condition de ne pas se comporter comme eux. Car celui qui chouine sur l’hypergamie, se plaint de la friendzone ou déplore à grands cris le gynocentrisme ambiant se comporte, lui aussi, en victime attendant qu’on lui donne la becquée et qu’on lui fasse un gros calin. A bien des égards, au lieu de se comporter en homme, il cherche à renverser à son profit les méthodes de l’ennemi et espère, lui aussi, son cookie et son badge de victime confirmée. Lui aussi aurait, d’abord et avant tout, besoin de se réveiller et de sortir de l’enfance : oui, le monde est dur, oui, les relations humaines sont souvent dégueulasses, et oui, les hommes sont méprisés, manipulés et traînés plus bas que terre en permanence. Mais se contenter de gueuler ne sert à rien.

Par ailleurs, s’il est compréhensible de haïr les mensonges et de détester le gynocentrisme qui s’est institué dans nos sociétés, la haine ou la violence à l’égard de celles et ceux qui professent lesdits mensonges (souvent sans même se rendre compte qu’ils ne sont rien d’autre que des imbéciles manipulés) comme de celles qui en profitent sont contre-productives. Votre énergie doit être dirigée vers de plus nobles buts.

Mener votre vie en dépit de ces obstacles, établir vos objectifs et parvenir à les suivre, rester sain d’esprit au milieu de la folie ordinaire (comme le disait Kipling : conserver son courage et sa tête quand tous les autres les perdent), mener une vie d’homme, dans la sagesse, l’honneur, le devoir et la modération, comprendre que haïr, c’est être encore esclave de celui que l’on hait … tels sont les enjeux de l’homme sous Pilule Rouge. Il ne s’agit pas de tout casser : il s’agit d’apprendre à vivre. Philosophie de la morale, de la maîtrise de soi, de l’émancipation personnelle et de l’amélioration individuelle et collective, la Pilule Rouge est une école de pensée encourageant une vision du monde certes sans illusion mais également sans colère. 

Illustrations : Austin Ban Benjamin Davies

NeoMasculin
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