Après la Pilule Rouge #5 : faire face aux Épreuves

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les épreuves du jeu de la séduction

Dès qu’une relation de séduction existe entre un homme et une femme, que cette relation tienne de la simple discussion dans un bar ou du couple de long terme, voire du simple rapport entre collègues (car il y aura toujours, pour elle au moins, une éventualité de séduction), les Épreuves commencent. On appelle Épreuves l’ensemble des petits tests qu’impose la femme à l’homme (et aussi, quoique plus rarement, l’homme à la femme), afin de se convaincre de sa valeur. Les Épreuves ne sont pas évitables : elles font partie intégrante du processus de sélection des partenaires potentiels et tiennent à la fois du filet de sécurité (être sûre que ce type présente un réel intérêt) et de l’auto-validation narcissique (être sûre de ne pas céder à un mec qui ferait honte plus tard). Au-delà de ce simple aspect, les Épreuves parsèment toutes les relations humaines et constituent un mode de jugement des individus, qu’il est utile de connaître et de comprendre, afin de pouvoir en user à sa convenance. 

Les Épreuves et la séduction généralisée

Tout d’abord, il convient de comprendre que les Épreuves font partie des protocoles sociaux standards : vous avez été soumis à l’Épreuve par le passé, vous le serez encore, tout le monde continuera à l’être. C’est dans l’ordre des choses, et une part inévitable des relations humaines. Les Épreuves servent à se faire une idée de la valeur de la personne à qui on s’adresse, que ce soit à un niveau sexuel, moral, financier ou autre. Il peut s’agir de questions, d’accusations, de sous-entendus, mais également de mises en situation, volontaires ou pas, conscientes ou pas. Les Épreuves peuvent être évidentes ou cachées, prévues ou imprévues, mais elles ne sont jamais neutres.

Si nous vivions dans le monde des Bisounours, les Épreuves ne seraient pas nécessaires, parce que les gens poseraient à leurs interlocuteurs des questions directes, simples et franches, et obtiendraient en retour des réponses directes, simples et franches. Dans la réalité, toutefois, il se trouve que les êtres humains ont tendance à mentir aux autres, à se mentir à eux-mêmes, et à ne dire que ce qu’ils pensent que les autres aimeraient entendre. C’est particulièrement vrai des femmes, mais également des hommes dévirilisés qui les imitent ou gravitent autour d’elles, qui, comme elles, sont des créatures à qui le conflit fait horreur, et qui cherchent avant tout le consensus et la validation des autres. La majorité des êtres humains se trouve donc dans un état de dissimulation de sa véritable nature : pour éviter toute dispute ou toute confrontation, beaucoup vont jusqu’à nier tout ce qui fait leur identité propre, de peur de froisser, d’entrer en opposition ou de déplaire. Dès lors, pour tenter de deviner qui est réellement la personne que nous avons en face de nous, nous avons tendance à la mettre à l’Épreuve nos interlocuteurs, afin de valider ou d’invalider le jugement a priori que nous avons sur eux. La plupart du temps, nous ne provoquons pas les Épreuves, nous contentant de juger les personnes d’après leurs actes et leurs réponses aux réalités du quotidien; dans le contexte de la séduction, toutefois, les individus sont généralement plus pressés et cherchent à provoquer les Épreuves, afin de pouvoir évaluer plus rapidement et plus précisément le potentiel de la personne qu’ils ont en face d’eux.

Si les femmes ont davantage recours aux Épreuves que les hommes, ce n’est pas sans raison. En effet :

  • La Valeur sur le Marché Sexuel d’une femme est presque intégralement visible au premier coup d’œil. Mais pas celle d’un homme. Elle a donc besoin de se faire une idée précise de la VMS de son interlocuteur, et ce même si elle n’envisage dans l’immédiat aucune relation intime avec lui.
  • La séduction fait partie des modes relationnels normaux à l’égard de l’autre sexe. A ce titre, les processus de séduction et de sélection, dont les Épreuves font partie, permettent régulièrement de jauger et de juger non seulement de la VMS, mais également de l’aptitude de l’autre à répondre aux sollicitations.
  • Du fait des stratégies reproductives différentes, les femelles de l’espèce sont plus enclines que les mâles à la prudence dans le choix de leurs partenaires : elles ont moins le droit à l’erreur et doivent se montrer plus difficiles (hypergamie contre hypogamie). Mais dans le même temps, elles doivent être capables de mettre rapidement le grappin sur un potentiel beau parti, avant qu’une autre ne le lui pique : la préselection est une méthode efficace mais elle est risquée. D’où la nécessité de développer un arsenal d’Épreuves, lui permettant de se faire une idée précise et rapide de la valeur, tant sexuelle que d’usage, de l’homme à qui elle s’adresse.

Même lorsque nous ne mentons pas, nous ne portons jamais sur nous-même un regard neutre et objectif. Et nous ne nous présentons pas non plus aux autres sous un angle neutre : nous aimons naturellement nous mettre en valeur, présenter les facettes de notre personne qui nous semblent les plus avantageuses. D’où également la tendance de tout un chacun à imposer des Épreuves, afin de savoir ce qui se cache sous le masque social.

Enfin, les Épreuves servent également à déterminer votre Cadre, et celui de la relation dans laquelle on s’engage avec vous : serez-vous dominant ? dominé ? Un type sympa et drôle ? Un homme ténébreux et distant ? qu’attendra-t-on de vous ? qu’espérera-t-on de vous ? quel rôle va-t-on vous attribuer ? Une fois le Cadre d’une relation déterminé, conservatisme de groupe aidant, il est très difficile d’en sortir.

épreuve de séduction

Au fond de son regard : une hésitation. Vous l’intéressez mais vous devez encore passer l’Épreuve…

Passer l’Épreuve

On considèrera généralement que vous avez passé l’Épreuve avec succès dès lors que vous aurez été capable de la traverser sans qu’elle semble vous affecter outre mesure, tout en maintenant votre image, en établissant les limites de ce que vous estimez acceptable et éventuellement en ayant augmenté la Valeur subjective que vous attribue votre interlocutrice. A l’inverse, si vous vous mettez en colère, perdez votre sang-froid, montrez que vous doutez de vous-même ou faites preuve de faiblesse d’une manière ou d’une autre, il y a de forte chance pour que votre Valeur perçue baisse en conséquence, et on pourra à bon droit considérer que vous avez échoué dans l’Épreuve.

Une Épreuve est donc tout à la fois une crise et une opportunité à ne pas manquer. Rater une Épreuve de temps en temps n’est pas un drame et peut même, à certains égards, vous rendre touchant. A petite dose, ça n’est pas bien grave, si votre Cadre est déjà bien établi. En revanche, dans les premiers temps de la relation, il est d’une suprême importance de réussir toutes vos Épreuves.

Les Épreuves dans le jeu de la séduction

Il peut y avoir quantité de situations, dans la vie courante, où l’on souhaite passer une Épreuve de manière sincère et honnête.

Si vous êtes en train de discuter avec une jolie fille et qu’en gloussant elle vous glisse : Je parie que tu dis ça à toutes les filles, elle vous met à l’Épreuve. Si vous ne savez pas quoi répondre, que vous restez la bouche ouverte sans rien dire ou hésitez, vous avez échoué. Votre silence même n’est pas utile, parce que vous ne pouvez pas prétendre que vous ignorez volontairement sa question : vous faites preuve d’une certaine lenteur d’esprit et prouvez votre incompétence à lui fournir une réponse à la fois amusante et qui la rassure quant au fait que vous vous intéressez réellement à elle.

D’un autre côté, si vous vous contentez d’une réponse du genre Non, pas du tout, vous vous placez sur la défensive et lui donnez l’occasion de creuser son avantage. Vous lui donnez également l’impression qu’elle est en droit de vous questionner et que c’est elle qui a l’initiative. Bref : vous perdez, là encore, de la Valeur.

L’une des meilleures manières de passer ce genre d’Épreuve consiste, tout simplement, à approuver et amplifier ce qu’elle vient de dire : lui répondre qu’elle a raison, tout en exagérant tellement le propos que cela peut passer pour un trait d’esprit, voire un compliment si elle décide de le prendre comme tel. Dans un cas comme celui-ci, une réponse du genre : Pas à toutes. Certaines ne le méritent pas, vous lui donnez l’occasion soit de se contenter de cela et de le gober comme un compliment (ce qui n’est pas forcément le cas), soit d’enchaîner sur une autre question (qui est également une Épreuve), du genre Et qu’est-ce qui te fait penser que je le mérite ?, à quoi vous pouvez répondre, au choix :

  • Qu’est-ce qui te fait penser au juste que tu le mérites ?
  • A toi de me le dire : je suis sûr que tu peux trouver une bonne raison.
  • Tu as l’impression de ne pas le mériter ?

Dans les trois cas, vous vous en sortez en lui renvoyant la balle. D’une part vous la renvoyez à ses propres doutes quant à sa Valeur, d’autre part vous lui donnez l’occasion de parler d’elle-même (ce qu’elle adore faire : c’est un sujet qui la passionne) et enfin vous lui volez la position d’interrogateur.  Vous avez passé l’Épreuve avec succès.

Séduire une femme en mettant à profit les épreuves qu'elle vous impose

Elle compte sur l’Épreuve pour y voir clair dans votre jeu. A vous de faire en sorte que cela tourne à votre avantage.

Typologie des passages d’Épreuves

Bien entendu, il est impossible d’établir un catalogue encyclopédique de toutes les Épreuves possibles, et la plupart d’entre elles vous sembleront tomber du ciel, sans raison apparente. D’où l’intérêt de cultiver un état d’esprit approprié et de vous habituer à l’improvisation verbale. Il est cependant intéressant de noter que l’Épreuve doit être considérée comme une marque d’intérêt pour votre personne. Si elle vous y soumet, c’est parce que vous commencez à susciter une certaine attirance chez elle et qu’elle veut en savoir davantage sur vous, ou, au contraire, parce qu’elle commence à perdre de son intérêt à votre égard et veut s’assurer qu’elle n’est pas en train de perdre son temps avec vous. Dans tous les cas, une Épreuve vaut bien mieux que d’être ignoré.

S’il est impossible d’établir une liste de toutes les Épreuves auxquelles vous pourriez être confronté, il est possible, en revanche, de lister les réponses qui sont généralement efficaces. Toutes ne fonctionneront pas pour toutes les Épreuves, ni pour toutes les interlocutrices; mais quelle que soit la méthode que vous choisirez d’adopter pour une Épreuve donnée, elle vaudra toujours bien mieux que de demeurer dans l’incertitude, de s’excuser platement ou de se retirer la queue basse. Au fond, d’ailleurs, ce que vous dites précisément n’est pas si important. En tout cas, c’est beaucoup moins important que le fait de répondre à l’Épreuve sans vous y prendre les pieds, et de ne pas laisser votre camarade de jeu construire autour de vous un Cadre à sa convenance.

Méthode #1 : l’humour

Souvent la meilleure méthode qui soit, du moins dans un contexte léger. Répondre à la provocation par l’humour permet de sortir de la situation la tête haute, tout en amusant votre interlocutrice (ce qui est toujours bon) ou en l’irritant légèrement (ce qui n’est pas forcément mauvais). Approuver et amplifier est l’une des manières d’utiliser l’humour mais absolument pas la seule. On peut aussi, par exemple, faire remarquer avec le sourire qu’on a bien compris que la question était piégée, et qu’on ne compte pas y répondre. Par exemple, pour reprendre l’exemple de Je parie que tu dis ça à toutes les filles, on pourra répondre, d’une manière flegmatique mais avec un léger sourire : Et moi, je parie que tu dis ça à tous les hommes qui disent ça à toutes les filles. 

En règle générale, l’humour est également la méthode la plus sûre : même si vous vous plantez, vous avez toujours des chances pour qu’elle éclate de rire devant votre échec cuisant; et si vous passez l’Épreuve, vous avez peu de chance de vous prendre une baffe ou un verre au visage.

Méthode #2 : ignorer / changer de sujet

Ce n’est pas le plus élégant mais faute de mieux, c’est une manière comme une autre de se débarrasser d’une question gênante ou problématique. D’autre part, il arrive que les femmes fassent ou disent des choses qu’il est, tout simplement, préférable d’ignorer. Quand vous passez outre une question ou une Épreuve et continuez comme si de rien n’était, vous montrez à votre interlocutrice que ses menées sont inefficaces; ce faisant, vous témoignez donc d’une Valeur supérieure à ce à quoi elle s’attendait et vous posez en position de décisionnaire : vous accorderez de l’attention à ses dires si et quand vous le déciderez, et pas avant.

Méthode #3 : renverser la vapeur

Cette méthode consiste à faire passer la pression de l’Épreuve sur les épaules de votre interlocutrice. Elle peut être utilisée seule ou accompagner l’une des précédentes. Quand vous renversez la vapeur, vous répondez très rapidement à l’Épreuve, puis lui renvoyez la question (ou une question proche) dans les dents.

Exemple :
Et tu as quel genre de voiture ? (traduction : Est-ce que tu es riche ?)
Réponse 1 : Une grise. Et toi ? (Ici, on refuse carrément l’Épreuve, avant de renverser la question)
Réponse 2 : Pourquoi cette question ? Tu as un goût particulier pour les voitures ? (On fait savoir qu’on a très bien compris le sens de la question, qu’on refuse d’y répondre et qu’on accuse indirectement la personne en face d’être vénale; celle-ci va alors tenter de se justifier, ce qui vous met dans une position de force)

Méthode #4 : le bouton rouge

Cette fois-ci, il s’agit de menacer d’appuyer sur le bouton rouge, c’est à dire de lâcher le feu nucléaire sur votre interlocutrice. C’est une méthode risquée, parce qu’elle consiste à menacer de mettre fin à la relation, mais qui peut s’avérer extrêmement payante. Elle transmet, en outre, l’idée que si le Cadre de la relation ne se construit pas selon vos termes, il ne se fera pas du tout, puisque vous êtes prêt à renoncer à la donzelle plutôt qu’à vos principes. Cette option peut être dévastatrice pour un certain nombre de femmes, peu habituées à être repoussées. Toutes celles, en particulier, qui ont toujours vécu dans un monde où un sourire et un décolleté suffisait à mettre à leurs pieds et à leur service n’importe quel mâle risquent de très mal vivre l’idée qu’on menace de les larguer pour une question de comportement ou de caractère. Cette frustration peut, si elle est bien dirigée, être utilisée à votre avantage, d’ailleurs.

Exemple :
Elle : Bla bla bla bla bla…
Vous – Réponse 1 : C’est un manque de respect à mon égard, que je ne tolérerai pas. Adieu.
Vous – Réponse 2 : Je suis désolé, mais ce genre de babillage est horripilant. Si le prix à payer pour accéder à ton sexe est de supporter cela en permanence … navré, mais c’est trop cher pour moi. 

Cette honnêteté brutale vous fait bien entendu courir le risque d’une baffe. Mais c’est une manière de jouer le tout pour le tout : c’est quitte ou double. Quitte : elle vous traite de salaud, pleure, se barre et ne veut plus jamais vous parler. Double : elle vous traite de salaud, pleure, et se soumet. La méthode du bouton rouge est particulièrement efficace et appropriée face à des nanas qui ont des soucis avec leur père (et qui, donc, cherchent un homme qui le remplacera à leurs yeux). Une fille équilibrée, bien dans sa tête et issues d’une famille structurante avec un père lui ayant apporté des piliers moraux et comportementaux solides risque d’y être moins sensible, et a davantage de chances de vous repousser en ce genre de cas. Mais, dévirilisation de la société aidant, de telles familles sont de plus en plus rares.

Dans tous les cas, quelle que soit la méthode utilisée, il s’agit de rompre la dynamique de l’Épreuve. Bien souvent, le rôle de celle-ci est de vous rejeter sans pour autant faire porter sur la nana la responsabilité de ce rejet : ça n’est pas elle qui ne vous trouve pas à son goût (l’avouer reviendrait à éliminer définitivement l’option que vous représentez, chose qu’elle ne fera qu’en tout dernier recours ou si vous êtes vraiment hideux), c’est vous qui devez encore vous améliorer avant d’arriver jusqu’à elle. En transgressant les règles implicites qui semblent naturelles à votre interlocutrice, vous faites montre de courage et de valeur, la faites sortir de sa zone de confort et titillez son imagination. 

Illustrations : Maru Lombardo Sarah Diniz Outeiro Caju Gomes

Martial
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