BDSM : introduction en douceur

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Découvrez le BDSM avec Neo Masculin

L’acronyme BDSM signifie Bondage & Discipline, Domination & Soumission, Sado-Masochisme. Il désigne un ensemble, très fourre-tout, de pratiques sexuelles (ou pas, d’ailleurs) très diverses et très variées, mais furieusement en vogues depuis le succès de Fifty Shades of Grey. Comme le troisième épisode de la série va sortir début 2018, attendez-vous à ce qu’on reparle de ces pratiques. Autant y être prêt, et, pourquoi pas, s’y mettre…

 

Pour ce sujet généraliste sur le BDSM, je ne vais pas vous faire la liste de toutes les pratiques, « philies » diverses et autres amusements entre adultes que comprend le monde gigantesque du BDSM; dites-vous juste que ça peut aller du fait de se faire simplement bander les yeux à de la flagellation la plus violente, en passant par l’animalisation, l’humiliation, les jeux autour du pipi et du caca : c’est très vaste et très divers. Il vous suffit d’aller un peu fureter sur le web pour en avoir une idée assez précise. Le site Fetlife, sorte de Facebook pour gens branchés BDSM, vous fournira une quantité impressionnante d’images et d’idées (mineurs, âmes sensibles et personnes en train de manger sont priées de s’abstenir ; on ne sait jamais sur quoi on peut tomber).

En revanche, il me semble utile de parler un peu de ce qui fait l’essence du BDSM : l’échange de pouvoir.

Le plaisir de la personne soumise, c’est de se sentir totalement entre les mains de la personne dominante. C’est un plaisir très régressif, presque enfantin, et qui a certainement à voir avec un Œdipe/Electre mal digéré. C’est néanmoins un plaisir réel, très réel. Le plaisir de la personne dominante, c’est, justement, de se sentir aux commandes, de sentir que l’autre est toute entière à sa merci.

 

BDSM : un problème démographique

Un problème récurrent au sein des communautés BDSM est la disparité des rôles entre hommes et femmes : en effet, on trouve (chez les hétéros en tout cas) :

  • Environ 20% d’hommes dominants, 75% d’hommes soumis, 5% d’hommes switch (tantôt dominant, tantôt soumis)
  • Environ 30% de femmes dominantes, 40% de femmes soumises et 30% de femmes switch

Il est simple de constater quel est le souci : il y a toujours plus de soumis d’un sexe que de dominants de l’autre sexe. Une certaine polygamie est donc couramment admise, même si elle n’est pas pratiquée par tous.

 

Dominas et hommes soumis

La majeure partie des hommes qui sont dans le milieu du BDSM sont des soumis. Cela leur permet d’évacuer les tensions et le stress liés à leurs responsabilités au quotidien, en s’abandonnant totalement. Pour beaucoup, c’est aussi une manière d’assumer une homosexualité qu’ils n’osent pas avouer (un très grand nombre de soumis sont régulièrement sodomisés par leur maîtresse au gode-ceinture), et ce sans même culpabiliser, puisque ce n’est pas eux qui choisissent, c’est elle qui décide.

En réalité, le rapport domina/soumis n’est que rarement aussi autoritaire et évident qu’il apparaît au premier coup d’œil : il y a un très grand nombre de femmes qui n’aiment pas réellement cela et ne le font que pour faire plaisir à leur mari, ou parce que cela leur apporte des satisfactions personnelles par ailleurs (typiquement : se faire baiser par un bel étalon, tandis que le mari, attaché, regarde en gémissant, par exemple). C’est aussi une excuse pour elles pour tester des parts de leur sexualité sur lesquelles elles n’osaient pas jeter le regard.

La pénurie de maîtresses sérieuses pousse pas mal de mecs soumis à avoir recours à des dominas professionnelles. En gros, ce sont des escorts, sauf que vous ne les baisez pas, qu’elles coûtent souvent plus cher et que, s’il en existe des sérieuses, la plupart sont des arnaqueuses. Mais comme se faire enfler fait partie de la mentalité de l’homme soumis, il y en a à qui ça convient. Je me souviens d’un type qui racontait être excité au plus haut point par sa maîtresse, alors qu’elle ne le touchait que très rarement : la plupart du temps, quand il se pointait chez elle pour une séance, elle se contentait d’entrouvrir la porte, de prendre le pognon, de lui lancer un regard plein de mépris, éventuellement de lui cracher au visage ou de lui écraser son mégot de clope sur le front, avant de lui ordonner de dégager et de lui fermer la porte au nez. A plusieurs centaines d’euros la séance, ça faisait cher le regard méprisant mais le type trouvait ça très bien, et il lui était souvent arrivé, après un tel traitement, de ne pas réussir à attendre jusqu’à être dans sa voiture, et de se masturber sur place, devant la porte ou sur le paillasson.

 

Maîtres et femmes soumises

La soumission des femmes tend à sembler plus « naturelle » que celle des hommes. En réalité, la plupart d’entre elles commencent par là. Même la plus rigoureuse des maîtresses (à l’exception bien entendu des professionnelles) a de fortes chances d’avoir commencé par se faire attacher et fouetter, autrefois. Et sans doute en a-t-elle encore envie de temps à autre, quand elle rencontre le bon dominant (c’est-à-dire celui qui lui fait envie, mais aussi celui qui ne cassera pas son image auprès de ses soumis et de son cercle social BDSM par la suite). Toujours est-il que pour beaucoup de femmes, la soumission, c’est d’abord et avant tout une sexualité sans culpabilité : quand on est soumise, on peut tout faire, sans honte … du moment que le Maître l’ordonne ou qu’on pense que ça lui fera plaisir.

On peut, en réalité, vivre la sexualité qu’on n’ose pas vivre habituellement, par peur d’être jugée et considérée comme une traînée, alors qu’en général, les fantasmes qui hantent l’esprit des femmes sont à plutôt torrides. Pour une raison étrange (et assez hypocrite), si une femme avoue à ses copines qu’elle aime telle ou telle pratique un peu dégueu, on la regarde de travers; alors que si elle dit qu’elle aime bien la soumission (au cours de laquelle elle a ces mêmes pratiques), c’est cool, c’est moderne, c’est tendance, surtout parmi celles qui prétendent lutter contre le patriarcat tout en se caressant tous les soirs en lisant 50 Shades.

Femme soumise en BDSM

Dans le BDSM, l’angoisse de l’attente et de l’inconnu font également partie du plaisir de la soumise.

La soumission féminine, c’est, également, la possibilité d’assumer sans crainte le fantasme du viol (fantasme hyper courant qu’ont, en gros, toutes les femmes ou presque, à l’exception de celles qui ont effectivement été violées, parce qu’en vrai, non, c’est pas fun du tout). En fait, c’est même la situation fantasmatiquement idéale : on a les bénéfices d’un pseudo-viol (c’est à dire qu’il y a le plaisir de la brutalité, le sentiment de possession et d’abandon, mais aussi le renforcement narcissique : un homme me désire tellement qu’il est prêt à user de violence pour m’avoir. Quand on sait qu’on ne court en réalité aucun danger, c’est très excitant, tout ça) mais sans les risques qui vont avec.

Ce qui ne veut pas dire qu’on ne se met pas en danger quand on se soumet : c’est effectivement quelque chose d’un peu risqué. Mais le risque reste limité par certaines règles…

Collier soumise BDSM

Les soumises BDSM portent souvent, au quotidien, un petit collier tour-de-cou, qui indique discrètement leur statut.

Safeword et consentement

Le danger dans la soumission (qui est un danger partagé par les deux partenaires), c’est qu’on est toujours à la limite, niveau consentement : comment le maître peut-il savoir qu’il n’est pas dans l’abus, alors qu’il a face à lui une personne qui peut être attachée, enchaînée, réduite à sa merci ? Une personne qu’il peut, selon les cas et les goûts de chacun, fesser, cravacher, fouetter, brûler, glacer, pénétrer par tous les orifices et par des moyens variés ? Comment être certain qu’il n’est pas en train de commettre un viol, alors que bien souvent, refuser et être forcée quand même fait partie du plaisir pour la personne soumise ?

Eh bien on a trouvé un moyen : c’est le safeword. Le safeword, c’est un mot de passe. De préférence quelque chose qu’on ne dirait jamais spontanément dans l’acte. Pour certains ce sont des couleurs (Vert, Orange, Rouge, comme les feux tricolores). Pour d’autres, c’est un truc qui n’a tellement rien à voir qu’on ne peut pas se tromper quand on l’entend (camembert, écrevisse, Nutella…). Quand la personne soumise prononce le mot de passe, ça veut dire « Non c’est non » : on arrête tout, on détache immédiatement, on fume une clope et on passe à autre chose. Si la personne porte un bâillon (ben oui, ça arrive aussi), on lui met le plus souvent une clochette ou un petit trousseau de clefs dans la main : si elle ouvre la main, la clochette ou les clefs tombent par terre, ça sonne, on l’entend : même effet.

 

Bedroom ou lifestyle ?

C’est une question qu’on vous posera souvent si vous fréquentez le milieu BDSM. Bedroom, ça veut dire que vous pratiquez uniquement en tant que piment pour vos ébats sexuels. Lifestyle, ça veut dire que vous en faites réellement un style de vie, que vous êtes dominant ou soumis 24/24.  Les gens branchés lifestyle ont tendance à mépriser les gens qui s’assument bedroom en considérant que ce ne sont pas « des vrais » mais la réalité, c’est que personne n’est à 100% dans l’une des deux catégories. De plus, une bonne partie des gens qui se disent lifestyle ne le sont en réalité pas et se contentent de le prétendre. Enfin bref, ce sont des querelles de clocher sans intérêt réel.

 

Si ça vous tente…

Si vous avez envie de vous lancer, quelques petits conseils :

  • Ne mentez pas : il y a énormément de dominants débutants qui prétendent avoir une longue expérience. Ils espèrent donner le change à l’esbroufe. Sauf que ça n’abuse personne en réalité. Si vous débutez, avouez-le : ça fera peut-être fuir quelques soumises, mais uniquement les connasses. Et ça peut vous donner l’occasion de sympathiser avec des dominants plus expérimentés, qui pourront vous donner leurs trucs.
  • Renseignez-vous : vous trouverez pas mal de guides, tutos et autres sur le web. Avec un peu de pratique, on distingue facilement les gens sérieux de ceux qui délirent. Pour le début, essayez de maîtriser deux ou trois gestes et évoluez à partir de là. Vous n’avez pas besoin d’être un super crack en tout dès le début mais essayez d’avoir un ou deux trucs que vous faite vraiment bien.
  • Fréquentez les réseaux type Fetlife : on y discute beaucoup, on y apprend énormément et les gens sont, en fait, plutôt sympas.
  • Soyez prudent et allez-y par petits pas.
  • Ne forcez jamais personne à rentrer dans le BDSM : si votre copine estime que ce n’est pas son truc, n’insistez pas. Trouvez-en une autre qui aimera ça.
  • Continuez à lire Neo Masculin : je donnerai à l’occasion des conseils plus précis et des infos pratiques.
Rachel
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