Idéologie postmoderne : en dépit du réel

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Feminisme postmoderne

L’idéologie postmoderne, résultat hasardeux d’une partouze généralisée impliquant, entre autres choses, le féminisme, l’idéologie de genre, le post-situationnisme issu de la french theory et l’idéologie du marché, a cela de commun avec les autres pensées totalitaires qu’elle nie, en grande partie, le réel. Elle se pare des attributs de la rationalité et des bons sentiments mais promeut, in fine, une série d’idées qui, opposées aux réalités concrètes, sont tout de même martelées. A bien des égards, notre société ressemble à un gamin borné, qui, après avoir appris et constaté que le ciel est bleu, continue à affirmer qu’il est vert, et, dans la cour de récré, est prêt à casser la gueule à quiconque lui affirme le contraire. Afin de mieux régner, l’idéologie postmoderne divise, créant des tensions entre différents groupes sociaux, et notamment hommes et femmes. La création de ces tensions se fait, généralement, en attribuant à l’un des groupes des caractéristiques soit imaginaires, soit exagérées, et en le poussant contre l’autre au nom de la lutte pour l’égalité, contre l’oppression, et ainsi de suite. Aujourd’hui, nous allons examiner quelques-unes des idées charriées par l’idéologie postmoderne et voir jusqu’à quel point elles sont fausses.

Le féminisme postmoderne est une folie

Idéologie d’enfants gâtés, la pensée postmoderne spécule l’existence d’un réel plastique, qui pourrait intégralement se plier à nos désirs et nos caprices : il suffit d’y croire très fort.

L’idéologie postmoderne a un problème avec la science

A l’instar des fanatiques religieux brûlant des livres interdits, ou encore des Soviétiques qui, jadis, refusaient certaines découvertes au motif qu’elles n’étaient pas conformes avec la ligne du Parti, l’idéologie postmoderne est bien souvent en désaccord avec les faits. Qu’importe, puisqu’elle croit le réel plastique : dans la pensée magique qui la caractérise, il suffit d’être nombreux à se tromper avoir miraculeusement raison. Déjà en 2011, certains chercheurs tiraient la sonnette d’alarme (Kuhle BX, 2011) : ils signalaient que, notamment dans le champ de la psychologie évolutive, ils rencontraient des difficultés d’ordre idéologique, certains mouvements féministes s’attaquant à leurs recherches, en produisant des contenus pseudo-universitaires (dans le même genre que ceux du patriarcat du steak) qui allaient à l’encontre de notions évolutives de base et à peu près aussi bien établies que peut l’être la théorie de la gravitation. Plus récemment, un article paru sur le site de l’American Council on Science and Health signalait également de sérieux problèmes : The thick academic prose of feminist scholars confers gravitas to what otherwise could resemble political propaganda (La dense prose académique des universitaires féministes confère du sérieux et de la respectabilité à ce qui, dans d’autres contextes, serait considéré comme de la propagande politique) et estimait que le féminisme militant n’était plus compatible avec la science, ni avec le monde universitaire en général.

Face à des faits qui les dérangent, les idéologues postmodernes détournent donc le processus de recherche à des fins partisanes (ce qui est typique des mouvements totalitaires) ou se contentent d’ignorer tout simplement les faits. On pourrait citer comme exemple l’idée de la charge mentale, médiatisée alors qu’elle ne repose sur rien de sérieux (les seuls travaux académiques réellement sérieux sur ce sujet portent sur la charge mentale des salariés en entreprise) au détriment, par exemple, de l’effet Women are wonderful, qui, lui, est peu connu du public alors qu’il a été clairement établi.

Bref : en bon mouvement extrémiste et totalitaire, le postmodernisme (et son bras armé, le féminisme de troisième vague) se foutent éperdument de ce qui est ou n’est pas réel, préférant une fiction confortable à une vérité qui dérange. 

le feminisme postmoderne nie le réel

Aussi dérangeant que ce soit pour le petit égo fragile de Marie-Amélie, oui, le réel existe bel et bien, indépendamment de l’idée qu’elle s’en fait.

Idée #1 : on ne naît pas femme, on le devient

On ne naît pas femme, on le devient, écrivait Simone de Beauvoir. Et c’est une ânerie, proférée par une philosophe dénuée de culture scientifique. Reste que cette ânerie est profondément ancrée dans les mentalités occidentales actuelles : ainsi, à chaque fois qu’une comparaison entre les sexes pourrait tourner à l’avantage des mâles, convient-il de rappeler immédiatement que les différences constatées sont purement culturelles, ne relèvent que de l’éducation, et qu’il est méchant, machiste, fasciste et patriarcal de prétendre le contraire. C’est sur l’idée qu’il n’existerait aucune différence réelle entre le cerveau masculin et le cerveau féminin, et que tous nos comportements ne relèveraient que de l’acquis, que repose une part importante de l’idéologie de genre.

Le problème, c’est que la recherche scientifique n’est pas de cet avis. Ainsi, un article paru dans la revue de l’Académie des Sciences américaine (Chekroud A. et al, 2016) fait état de recherches très précises concernant le cerveau humain. Les chercheurs ont analysé grâce à un scanner IRM les cerveaux de plus de 1500 personnes (57% de femmes, 43% d’hommes), âgées de 19 à 35 ans. Ils voulaient savoir si l’idée, encore populaire, qu’il existait un cerveau « mâle » et un cerveau « femelle » était exacte. Après avoir étudié la manière dont les 1500 cerveaux fonctionnaient, ils ont établi des critères décrivant ces fonctionnements, qu’ils ont relié au sexe des personnes. Puis, afin de valider leur méthode, ils ont tiré 400 cobayes au hasard : ils leur ont fait repasser une série de tests, en utilisant les critères sélectionnés précédemment pour les différencier. Les analystes, qui observaient simplement les enregistrement cérébraux sans rien connaître du patient, ont été capables de déduire son sexe dans 93% des cas. 

Les femmes intelligentes existent.

Hommes et femmes sont presque aussi différents dans leur cerveau qu’ils le sont dans leur corps.

Les chercheurs insistent bien évidemment (et à raison) sur le fait que des variations individuelles fortes existent et qu’il n’est pas possible de considérer qu’il n’y aurait que deux catégories de cerveaux : on parle de tendances générales, de moyennes, qui, à un niveau individuel, peuvent être contredites. Mais ces tendances permettent d’établir qu’effectivement, hommes et femmes ne pensent pas de la même façonAffirmer que la nature intellectuelle des hommes et des femmes est différente (ce terme est important : on parle bien de différence, non de hiérarchie) n’a donc rien de misogyne, ni de machiste : il s’agit simplement d’une affirmation des faits.

Doit-on pour autant en conclure que tout est biologique Evidemment non : on le sait, l’être humain est complexe, et un individu est le produit de plusieurs influences croisées. L’éducation, la culture d’origine, le milieu social, la société dans laquelle on vit … tout cela joue bien entendu un rôle majeur dans la formation de l’identité personnelle. Mais on ne peut en aucun cas nier la part du biologique. Car hommes et femmes sont différents, de leurs chromosomes au plus profond de leur cerveau. 

le feminisme postmoderne nie la réalité

Confrontée aux faits, Caroline commençait à se demander si, par hasard, la réalité ne serait pas oppressive…

Idée #2 : les différences de comportement entre hommes et femmes sont uniquement culturelles

La biologie n’est rien, le dosage hormonal n’est rien, la physiologie du cerveau n’est rien : les comportements des hommes et des femmes sont purement acquis. On apprend aux petites filles à être des petites filles, on apprend aux petits garçons à se comporter en petits mâles, consciemment ou pas. Il n’est pas naturel que les petites filles préfèrent les poupées, pas plus qu’il n’est naturel que les petits garçons préfèrent les camions de pompiers. C’est en tout cas ce qu’assure l’idéologie du genre. Ce qui est bien avec ce genre d’affirmation, c’est qu’on ne peut ni la prouver, ni prouver son contraire, puisque pour le faire, il faudrait pouvoir étudier des êtres humains qui ne seraient pas influencés par une construction sociale, donc des êtres humains dépourvus de culture, ce qui n’existe pas. Dès lors, l’hypothèse étant impossible à tester, on est en droit de raconter à peu près ce qu’on veut sans risque d’être sérieusement contredit.

Sauf qu’à défaut d’humains « à l’état de nature », on peut toujours comparer avec nos plus proches cousins. 

En 2008, une équipe de chercheurs, menée par Janice Hasset, a étudié le comportement de macaques. Le but était de tester le principe d’après lequel les processus de socialisation (notamment les encouragement des parents, des enseignants et des autres enfants) sont ce qui poussent les petites filles vers les poupées et les petits garçons vers des jouets masculins (en clair : si les petites filles aiment les poupées, c’est parce que leurs parents les encouragent à les aimer, pas parce qu’elles les aiment réellement et de façon naturelle). Les chercheurs ont fourni aux macaques des jouets de plusieurs types, et en particulier des peluches et des jouets à roues (petites voitures et autres), sans les encourager à plus utiliser les uns ou les autres. Si la théorie de la socialisation était exacte, on se serait attendu à ce que les macaques des deux sexes se partagent les jouets de manière relativement aléatoire. Mais il n’en a rien été : les singes mâles ont préféré les jouets à roues, tandis que les guenons ont utilisé tous les jouets, avec une préférence légère pour les peluches (même si cette préférence a été moins marquée que celle des mâles pour les voitures). L’étude suggère que le dosage hormonal, et en particulier le dosage prénatal, est responsable d’une grande partie de ces différences de comportement.

Ce que cela signifie ? Simple : cela signifie que les différences comportementales entre hommes et femmes s’observent aussi chez nos cousins animaux les plus proches. Et donc qu’elles n’ont rien à voir avec notre culture. En réalité, c’est même le contraire : nous avons construit des cultures sur une base biologique et comportementale qui existait déjà. Nos cultures, nos mythes, nos façons traditionnelles de voir le monde justifient (et éventuellement amplifient) des faits qui existent déjà, ils ne les créent pas.

Virilité

La virilité et la féminité sont certes des constructions sociales. Mais aussi et surtout des éléments réels, des faits biologiques, sur lesquels ces constructions s’appuient.

Idée #3 : le mythe selon lequel les femmes seraient plus intuitives et les hommes plus rationnels est une construction patriarcale

Quoi de plus horriblement machiste que de penser que les femmes sont plus sujettes aux émotions que les hommes, qu’elles sont moins rationnelles et moins capables de conceptualiser certains principes ? Quoi de plus infect et de plus réactionnaire que de s’en remettre à ces catégorisations poussiéreuses ? On est en 2018, merde ! Comment des gens peuvent-ils encore croire à ça ?

Dans une étude à paraître en juillet 2018 (Kajonius & Johnson, 2018) dans une publication du groupe Elsevier (tout simplement l’un des plus prestigieux éditeurs scientifiques au monde) mais dont le résumé est déjà disponible en ligne, des chercheurs se sont penchés sur le plus important échantillon de population jamais étudié pour des tests de personnalité, puisqu’il comportait plus de 300 000 personnes. Le but de cette étude était de corréler les tendances Big Five avec d’autres facteurs, comme l’âge, le sexe, etc. La taille impressionnante de l’échantillon est ici un facteur majeur : en effet, statistiquement, plus un échantillon est important et plus les résultats obtenus peuvent être considérés comme précis et fiables. La plupart des sondages dont on nous rebat les oreilles à longueur de temps sont réalisés avec des échantillons de 2000 à 5000 personnes, et souvent moins.

On appelle Big Five cinq grands traits de personnalité utilisés en psychologie. Chaque personnalité individuelle est unique, mais composée de pourcentages variés de chacune de ces cinq tendances. Il existe un moyen mnémotechnique pour se souvenir de ces tendances : OCEAN.

  • O comme Ouverture à l’expérience : c’est la créativité, le goût du changement et de l’aventure, la curiosité intellectuelle, la sensibilité à la beauté. C’est une dimension qui n’a rien à voir avec l’intelligence au sens strict, même si les personnes très O ont tendance à donner l’impression d’être plus brillantes que les autres, car elles sont généralement curieuses et cultivées. Un niveau de O élevé indique généralement une personnalité équilibrée et en bonne santé mentale générale.
  • C comme Conscienciosité : c’est la capacité à réguler ses émotions. Un haut niveau de C indique une personne qui se maîtrise et contrôle ses impulsions. Elle comprend la notion de jouissance différée et est capable de construire des plans à long terme. A l’inverse, une personnalité avec une composante C faible sera généralement plus spontanée, sincère et peut-être même séduisante sur l’instant mais aura plus tendance à dépenser sans compter, à agir sans se soucier des conséquences, etc. Une conscienciosité élevée tend à rendre l’individu professionnellement plus capable mais moins attirant sur le plan relationnel (manies, travaillomanie, et côtés ennuyeux sont courants chez les personnes très C).
  • E comme Extraversion : c’est l’énergie que l’on projette vers les autres. Les personnalités extraverties aiment le contact avec les gens mais sont également plus sensibles aux jugements des autres. Elles sont enthousiastes, donnent l’impression de croquer la vie à pleines dents, aiment briller en société, parlent beaucoup, aiment qu’on les regarde. A l’inverse, les personnes qui ont une tendance E peu affirmée sont souvent plus effacées mais elles ont également moins besoin du regard des autres pour se sentir exister.
  • A comme Agréabilité : cette tendance indique la capacité à coopérer avec les autres de façon harmonieuse. Une personne très A arrondira plus souvent les angles, évitera les conflits et cherchera à se montrer plaisante. Les personnalités A ont en général une vision assez positive de la nature humaine et ont tendance à se montrer optimistes dans la façon dont elles évaluent les sentiments et les motivations des autres. La tendance A est importante pour qui veut être et rester « populaire » au sein d’un groupe : les personnalités avec un A faible sont généralement moins soucieuses des autres et font moins d’efforts pour eux; elles sont également plus sceptiques quant aux motivations des autres et moins naïves : cela les qualifie souvent pour faire des scientifiques, des militaires, des policiers, des enquêteurs, tandis que les personnes très A font de bons enseignants, infirmiers ou autres métiers tournés vers l’humain.
  • N comme Névrose : c’est la facilité de la personne à éprouver des sentiments ou des émotions désagréables ou qui la paralysent : sentiment de vulnérabilité, angoisse, dépression, mais également colère ou jalousie. Le N représente donc l’instabilité émotionnelle, la réactivité sentimentale et la vulnérabilité aux autres. C’est l’incapacité à surmonter des frustrations mineures et la tendance à se noyer dans un verre d’eau. Les personnes avec un N important restent plus longtemps dans un état émotionnel négatif et ont plus tendance à laisser leurs émotions les empêcher de réfléchir clairement ou de prendre des décisions rationnelles.

L’étude de Kajonius et Johnson a permis d’établir que, parmi une population issues de tous les milieux sociaux et âgée de 19 à 69 ans, on relevait entre hommes et femmes des différences majeures. Les femmes ont obtenu des scores beaucoup plus élevés (+58%) en A, ainsi qu’en N (+40%), tandis que les hommes se montraient un peu plus (+20%) O. Les tendances C et E sont, quant à elle, réparties de manière relativement équivalente entre les deux groupes. Les chercheurs ajoutent que ces tendances, si elles sont constantes parmi l’ensemble de la population, sont moins marquées parmi les personnes les plus jeunes (les moins de 30 ans), ce qui peut indiquer que, proches du comportement des filles quand ils sont adolescents, les garçons se virilisent peu à peu en mûrissant. En ce qui concerne les traits secondaires (qui composent les différentes facettes des traits OCEAN), les femmes obtenaient des scores très supérieurs à ceux des hommes dans tout ce qui concernait la peur, le sentiment de vulnérabilité, le fait d’être à l’écoute de ses propres émotions, l’empathie et l’altruisme. Les hommes, quant à eux, montraient des tendances nettement plus marquées à la recherche d’expériences stimulantes et à l’ouverture intellectuelle.

Les féministes postmodernes

Ignorer le réel au profit de l’idée qu’on s’en fait peut relever de deux choses : la méconnaissance des faits ou la folie.

En conclusion

Nous vivons des temps étranges, dans lesquels le simple fait de rappeler que le réel existe peut vous cataloguer comme réactionnaire. Pourtant, contrairement à ce que certains penseurs prétendent, la virilité et la féminité ne sont donc pas des mythes. Ce sont des réalités constatables. Il existe bien entendu des variations individuelles notables mais, parce qu’elle confond le fait d’être égaux devant la loi et le fait d’être identiques et qu’elle est incapable de penser la différence sans croire que celle-ci établit une hiérarchie, l’idéologie postmoderne, et en particulier sa composante féministe, nie le réel au profit de l’idéologie, c’est à dire de la fiction. Préférer la fiction au réel, c’est se condamner à être perpétuellement à côté de la plaque. En prétendant qu’hommes et femmes ont rigoureusement les mêmes capacités et les mêmes dispositions, et que tout ne dépend que de l’aspect culturel des choses, cette idéologie impose, in fine, de s’éloigner de la réalité. Et donc condamne les personnes qui y adhèrent à passer leur vie entière à se heurter au mur des faits. Ce n’est pas en ignorant le réel qu’on garantit le bonheur individuel de qui que ce soit. Bien au contraire.

Mais rien de tout cela, au fond, ne doit surprendre. Cette approche du réel est en effet celle qui est propre à la Jeune Fille, c’est à dire à l’être décérébré, consumériste, névrosé et fragile produisant et produit par l’idéologie postmoderne. Tiqqun disait déjà, il y a quelques années : A rebours de ce qui a cours dans les sociétés traditionnelles, qui reconnaissent l’existence des choses abjectes et les exposent en tant que telles, la Jeune-Fille nie leur existence, et les dissimule.

 

Illustrations : Tanja Heffner Jakob Owens Timothy Paul Smith Enis Yavuz Dc Lovensky Gratisography Freepik

Martial
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