Maîtriser son existence : comment cultiver sa discipline

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Votre existence et votre volonté

Nous l’avons déjà dit en début d’année : pour Neo-Masculin, 2018 est placée sous le signe de la reconquête. Et, avant tout, de la reconquête de soi. Nous avons déjà évoqué la manière dont on peut mettre au clair ses propres valeurs, ou encore établir ses objectifs de vie. Nous avons évoqué la manière de construire un esprit viril. Il est temps de consacrer un peu de temps et de réflexion au but de tout cela : la maîtrise de votre propre existence. Car là réside le véritable pouvoir. Pour l’homme désireux de s’améliorer, de prendre en main sa vie, lutter pour accroître sa maîtrise et son contrôle de lui-même est une obligation. C’en est également une si vous souhaitez être en paix avec vous-même, développer l’estime (voire l’amour) que vous avez de votre personne et projeter autour de vous une image positive et forte.

 

Enjeux et limites du processus

Se maîtriser et maîtriser son existence n’a rien de facile. Il ne suffit pas d’éviter de se mettre en colère : il s’agit de faire en sorte que votre existence se plie, autant que faire se peut, à votre volonté. A commencer par votre propre comportement.

Spoiler alert : vous n’y parviendrez jamais. Du moins jamais complètement. Et c’est normal. Il y a toujours, il y aura toujours, des parts de notre propre être qui échappent à notre contrôle. Et tant mieux : nous ne sommes ni des machines, ni des êtres purement rationnels, et c’est justement ce qui nous rend humains. Mais le fait de ne pas pouvoir prétendre à un contrôle total de sa propre vie ne veut pas dire que ce n’est pas un objectif vers lequel on peut tendre. En clair : ce n’est pas parce qu’on ne peut pas parvenir à une maîtrise complète de son existence qu’on ne peut pas essayer. Gagner davantage de maîtrise, c’est déjà un bien en soi.

 

Se concentrer sur soi-même

Vous n’êtes en compétition avec personne. Vous n’avez rien à prouver à qui que ce soit, sinon à vous-même. L’homme contemporain passe une part considérable de son existence à se comparer aux autres, soit qu’il les envie, soit qu’il tire une jouissance narcissique du fait de se sentir meilleur qu’eux. C’est une illusion et une perte de temps. Pour une fois, essayer d’ignorer les autres. D’ignorer ce qu’ils font, ce qu’ils pensent de vous, leur situation personnelle, familiale, professionnelle, amoureuse … rien de tout cela n’est à vous, donc rien de tout cela ne devrait vous toucher. Le seul rôle que vous pouvez consentir aux autres, dans cette matière, c’est celui d’exemple (bon ou mauvais) et d’inspiration. Mais encore faut-il bien choisir ses modèles.

Il ne s’agit pas d’oublier ses dettes et ses fautes passées; il ne s’agit pas non plus de pardonner à tous et sans distinction. Il s’agit de vous convaincre que les solutions résident en vous et en vous seul et que plus vous ruminerez le passé, plus vous chercherez dans vos expériences antérieures des responsables ou des coupables à vos problèmes du jour, moins vous serez efficace pour aller de l’avant.  Pourquoi et comment votre chemin de vie vous a-t-il mené où vous vous trouvez aujourd’hui ? Est-ce de votre faute ou pas ? Aucune importance. Ce qui compte, c’est de savoir où vous vous trouvez sur ce chemin, ici et maintenant, et ce que vous comptez en faire.

Quel que soit votre âge, quelle que soit votre situation, il n’est jamais trop tard pour prendre une décision. Il n’est jamais trop tard pour choisir ce que vous souhaitez. Et ce que vous souhaitez, ce que vous souhaitez vraiment, vous le savez déjà. C’est là, c’est au fond de vous. Bien entendu, cela vous apparaît de manière plus claire si vous avez auparavant clairement défini vos valeurs et vos buts mais même si ça n’est pas le cas, vous savez. Des craintes, des lâchetés, des blocages, obscurcissent peut-être votre vision. Mais vous savez. Et quand bien même votre vision serait floue : mieux vaut se mettre en mouvement dès maintenant, et décider ensuite de la destination, que de ne rien faire.

Vous disposez déjà de l’un des outils les plus puissants et les plus adaptables que la Nature (ou Dieu) ait créé : le cerveau humain. A vous d’en faite bon usage, et de montrer que le Créateur (ou l’Univers) ne vous en a pas doté en vain. Outre ce cerveau, vous avez été livré avec un certain nombre de talents et de failles, mais quels qu’ils puissent être, il vous suffit de vous mettre à l’épreuve et votre cerveau fera son boulot : il s’adaptera, il fera en sorte que vous deveniez plus performant, il vous fournira les solutions pour vous permettre de le devenir. C’est également ce cerveau qui fait de vous un être autonome. Non pas un zombie mais un être plein, complet, capable de faire ses propres choix et de prendre ses propres décisions. Ses propres. Pas celles que les autres aimeraient que vous preniez. Pas celles que la communication et le marketing veulent vous pousser à prendre.

Se concentrer sur soi-même, c’est accepter ces idées. Même en sachant qu’elles ne sont qu’incomplètement vraies, qu’on n’est jamais hermétique aux influences, qu’on est toujours influencé par son passé et son idiosyncrasie … le but, ici, est de parvenir à une forme de double-pensée, d’utiliser à votre avantage la propension naturelle de tout être humain à laisser libre cours à son Hamster intérieur. Être capable, en tant qu’homme de raison, de se savoir déterminé et d’avoir conscience que la liberté individuelle est une illusion; et dans le même temps, pouvoir ignorer cette connaissance afin de pouvoir aller de l’avant.

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Il n’y a pas de mauvaise voie, si c’est celle que vous avez choisi

Connaître sa mission

Si vous avez suivi nos précédents articles sur ces sujets, vous savez à quel point il est important pour un homme de définir clairement ses valeurs et ses objectifs. Sa mission dans l’existence n’est rien d’autre que la rencontre des deux. Une phrase, une devise, un résumé très synthètique et très bref, que vous puissiez vous répéter, encore et encore, comme un mantra. A vous de composer la vôtre (en étant parfaitement libre d’en changer au fil du temps si nécessaire). En voici néanmoins quelques-unes, à titre d’inspiration :

  • Arda para subire (Brûle de t’élever, devise de Richelieu)
  • Français sans peur et chrétien sans reproche (devise de Bayard)
  • Aut Caesar aut nihil (Ou César ou rien, devise de César Borgia)
  • Dat virtus quod forma negat (Le courage offre ce que la beauté refuse, devise de Du Guesclin)
  • Etiam si omnes, ego non (Les autres peut-être, mais pas moi, devise du comte de Clermont-Tonnerre)
  • Il n’est point nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume d’Orange)
  • In via virtuti nulla est via (Il n’y a point d’obstacle sur la route de la vertu, devise d’Henri IV)
  • Spoliatis arma supersunt (A qui est dépouillé de tout, il reste les armes, devise d’Emmanuel de Savoie)

Il s’agit d’établir un idéal, une manière de vous ramener sur le droit chemin quand vous pensez que vous êtes en train de dériver. Une façon de résumer vos désirs et vos objectifs et de les concentrer en une formule simple, qui soit capable de vous pousser vers l’avant quand la motivation vient à baisser. Car ce moment viendra : tôt ou tard, vous serez découragé, déçu par vous-même, angoissé, et vous aurez le sentiment que vous n’avancez plus. C’est justement dans ces moments sombres qu’une bonne structure mentale, une discipline sans faille et une devise motivante peuvent vous servir, et vous rappeler votre mission.

Connaître ses limites

Chaque succès, chaque pas sur la voie de votre mission, fera croître votre foi en vous-même et votre certitude que vous pouvez réussir. Ce qui, en retour, rendra la prochaine épreuve plus facile à surmonter.

Mais il n’est pas seulement utile de définir ce que l’on va faire. Il est également impératif de définir ce qu’on ne fera jamais. C’est à vous qu’il appartient de déterminer ce qui doit et ne doit pas entrer dans votre existence. Définir vos limites à l’avance est à la fois sain et apaisant. Sain, parce que vous ne savez jamais de quoi demain sera fait, et qu’il est utile d’avoir, à l’avance, une liste de choses que vous refusez de faire, qu’il s’agisse de la prise de certaines substances, de certains types de rapports sexuels ou de relations sentimentales, etc. Et apaisant, parce que vous pouvez aussi faire figurer dans vos limites les objectifs que vous ne poursuivrez jamais. Si, par exemple, vous décidez que votre corps n’est pour vous rien d’autre qu’un véhicule, que vous le voulez en bonne santé mais que sa force et sa puissance vous importent peu, fort bien : vous voici délivré de toute envie, de toute jalousie et de tout souci à l’égard de ceux qui pratiquent la musculation. Vous les verrez désormais comme des gens qui ont fait un autre choix que le vôtre, et rien d’autre. Apaisant, également, parce que cela vous libérera d’un certain nombre de doutes et d’hésitations, quand vous serez confronté à des situations de zone grise.

Connaître et établir vos limites, c’est aussi savoir où et comment, dans votre existence, appliquer votre volonté et votre discipline, et dans quels domaines la chose est réellement utile.

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Un homme avec une vie d’homme ou un zombie décérébré de plus … à vous de décider de ce que vous souhaitez être.

Mettre cela en pratique, chaque jour de son existence

Tôt ou tard, il est inévitable que vous vous déceviez vous-même. Tel est le lot commun. Et la plupart du temps, cette déception viendra d’un manque de volonté de votre part : vous aurez préféré une joie facile et de court terme, ou l’évitement d’un effort ou d’une douleur, au détriment de votre objectif à long terme. Les belles résolutions ne tiennent qu’un temps. La grande difficulté réside dans le fait d’y rester fidèle, jour après jour, qu’il pleuve ou qu’il vente, que vous vous sentiez ou non en forme, que vous vous sentiez ou non déprimé. Acquérir une forme de discipline, à même de palier à votre volonté les jours où celle-ci défaille.

Car maîtriser son existence, c’est, par définition, ne jamais lâcher complètement prise. Il n’y a pas de jour de vacance. Il n’y a pas de moment de relâche. Ce qui ne veut pas dire qu’il vous faille absolument vous épuiser : le souci de vous-même est également à prendre en compte et vous accorder des temps de repos n’est pas une marque de faiblesse, si vous en avez réellement besoin. Mais ce temps de repos lui-même peut et doit s’intégrer dans votre programme, faire partie, in fine, de votre discipline de vie.

Rester cohérent avec vous-même, avec votre devise, avec vos objectifs, avec vos valeurs : telle est, bien souvent, la clef d’une mise en pratique régulière, efficace et au jour le jour. Telle est la clef d’une maîtrise réelle de votre existence. Gardez toujours votre devise et votre mission à l’esprit : elles seront vos boucliers face aux impondérables et les protectrices du chemin qui, sous vos pieds, jour après jour se trace. Écrire vos résolutions, votre devise, votre mission, et les relire chaque matin au lever est une bonne idée. Les relire au coucher et vous demander à quoi et en quoi vous y avez été fidèle ou non, et ce que vous pourriez faire pour corriger d’éventuelles infidélités, en est une encore meilleure.

Se fixer des objectifs quotidiens, hebdomadaires et mensuels est généralement une bonne chose. Les noter, et faire, chaque jour, du petit rapport écrit que vous adressez à vous-même quant à l’avancée des travaux, un rituel et une occasion de rencontre avec vous-même est également une pratique intéressante.

La bonne nouvelle, c’est que cela devient plus facile jour après jour : les humains sont en général très doués pour prendre des habitudes, bonnes ou mauvaises. Habituez-vous à certains efforts et ceux-ci deviendront naturels. Aussi n’est-il pas nécessairement utile de vous astreindre à une discipline trop stricte dès le début : laissez-vous le temps. Souvenez-vous que vous êtes, selon toute vraisemblance, le produit d’une société semi-décadente, incapable de transmettre à ses membres les notions d’honneur, de discipline, de maîtrise de soi, de vertu, de volonté. Ces idées ont certainement été absentes de votre éducation. Même si vous les concevez facilement, elles ne vont pas entrer en vous, faire partie de vous, en deux jours. Ni même en deux mois. Acceptez donc l’idée de cheminer pas à pas : une fois une première discipline établie, vous pourrez régulièrement la renforcer, afin, peu à peu, de faire de vous-même l’être que vous souhaitez.

L’autre bonne nouvelle, c’est que ça va se voir : en quelques semaines ou quelques mois, vous verrez que le regard des autres sur vous changera. Parce que vous aurez gagné en confiance et en détermination, et que cela se verra dans votre attitude, dans votre langage corporel et dans la manière dont vous interagissez avec les autres. Le souci, c’est qu’il est probable que vous deveniez moins tolérant envers la paresse intellectuelle, le manque de volonté ou la bêtise. Quand on devient plus dur avec soi-même, on l’est aussi, souvent, avec les autres (sauf à être un saint, mais ceci n’est pas notre propos ici). Mais est-ce un mal ?

Un dernier conseil : faire quelque chose chaque jour, quoi qu’il arrive. Même les jours d’horreur, de drame, de crise, même les jours où vous n’avez le temps pour rien. On peut toujours trouver une, deux, cinq minutes. Même si vous ne faites rien d’autre que réciter votre devise comme un mantra. Même si vous vous contentez de trois pompes. Faites quelque chose. De sorte que vous pourrez dire, par la suite, que la journée n’a pas été perdue pour votre mission. Qu’elle a moins avancé que prévu, certes, mais qu’elle a avancé tout de même. C’est également capital pour maintenir votre volonté et votre motivation : cela montre, et surtout à vous-même, que vous êtes capable de ne jamais totalement renoncer.

 

Illustrations : Warren Wong Mark Golovko Malik Earnest

Martial
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