Après la Pilule Rouge #1 : le Marché Sexuel plus en détails

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le marché sexuel

Il n’y a, dans le Marché Sexuel, aucun mystère ni aucune difficulté à comprendre les stratégies de différents acteurs, pour peu que l’on comprenne quelques principes simples. Ces notions ont déjà été évoquées sur Neo-Masculin : si vous n’avez pas encore lu les articles qui en parlent, je vous suggère de le faire (ici et ) avant de continuer, car nous allons ici aller un peu plus en profondeur dans l’analyse. Attention : pour exposer les principes du Marché Sexuel, nous allons simplifier certaines notions à outrance, et jusqu’à la caricature. Souvenez-vous, donc, que ce que l’on présente ici n’est qu’un modèle, et que dans la réalité, si chaque individu tend grosso modo à suivre le modèle de son sexe, il existe également des variations considérables d’une personne à une autre.

Le Marché Sexuel est le marché suprême

Le libéralisme économique, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société.
Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte

Le Marché Sexuel domine tous les autres aspects des échanges économiques humains au sein des sociétés économiquement et industriellement avancées. En effet, si le rôle de l’économie est, dans les sociétés traditionnelles, de permettre une certaine diffusion des richesses produites, son rôle, dans les sociétés capitalistes contemporaines, est tout autre : permettre aux mâles d’acquérir assez de richesses pour attirer l’attention de femelles, et, dans le même temps, offrir aux femelles suffisamment d’autonomie financière pour qu’elles soient capables de faire monter les enchères et puissent, en conséquence, refuser les avances des mâles les moins fortunés. Un prolétaire économique est également un prolétaire du sexe : s’il n’est pas indispensable d’être riche pour coucher, ne pas du tout disposer de moyens financiers est en revanche une quasi-assurance de ne pas coucher.

Marché sexuel

Vous ne pensez qu’à ça ? Rassurez-vous, c’est normal. Le marché sexuel est au centre de nos sociétés.

La construction de la Valeur sur le Marché Sexuel

Dès que nous rencontrons une personne du sexe opposé que nous ne connaissions pas jusqu’ici, nous évaluons, dans les premières minutes de contact, la Valeur sur le Marché Sexuel (VMS) que nous lui attribuons et nous la comparons à la nôtre. Si nous estimons que la VMS de la personne est comparable à la nôtre (ou, si elle est supérieure ou inférieure, qu’elle ne l’est qu’assez peu), nous classons mentalement la personne dans la catégorie des partenaires sexuels potentiels. Dans le cas contraire, nous la considérons comme non attirante, ou au contraire inaccessibles. Notre Valeur sur le Marché Sexuel est donc à la fois le prix auquel nous nous estimons et la monnaie dont nous nous servons pour acheter les faveurs des autres.

La valeur sexuelle des femmes

Ce sont les hommes qui construisent la VMS des femmes. Cette VMS est généralement composée de la manière suivante : l’âge et l’apparence de la donzelle représentent l’essentiel de cette valeur. Un autre élément important est la chance (ou en tout cas la chance estimée par l’homme) pour que la nana baise rapidement et facilement : cela dépend bien entendu de l’attitude de la femme. Le reste (catégorie “Autre”), c’est à peu près tout ce que les femmes considèrent comme charmant chez elles mais qui, en réalité, n’a aucune importance ou presque pour les hommes : leur caractère, leur culture, leur esprit, etc. En gros et pour résumer : tout homme considère naturellement comme très attirante une jolie fille de vingt ans visiblement prête à s’envoyer en l’air rapidement, et ce même si elle est parfaitement stupide.

marché sexuel femmes

La Valeur sur le Marché Sexuel des femmes, selon les hommes

La valeur sexuelle des hommes

Quant aux hommes, leur valeur sexuelle se construit également selon des critères fixés par l’autre sexe.

Si l’apparence joue également un grand rôle, elle est néanmoins moins importante que chez les femmes. L’âge, du moment que l’homme n’est ni un vieillard croulant ni un gamin pré-pubère, n’a en revanche aucune importance ou presque (il entre dans la catégorie “Autre”). Le facteur le plus important reste le statut social est l’argent; c’est bien entendu mieux si l’homme est supérieur à la femme à ce niveau, même de très peu : elle doit, en tous les cas, être convaincue que la liaison est susceptible de lui apporter un avantage matériel minimum, même très faible, pour lui attribuer cette part de VMS. Dans le cadre, par exemple, de relations lycéennes, la possession d’une mobylette et d’un peu plus d’argent de poche que les autres mâles peut très bien être suffisante. Bien entendu, avec le temps (et les revenus propres de la dame), les exigences augmentent. Il est à noter que faute d’argent, le statut social peut également avoir son importance. Les compétences sociales de l’homme (son sens de la répartie, sa culture, son intelligence sociale, sa capacité à la charmer ou à l’amuser) entrent également en ligne de compte. Enfin, on classe dans “autre” tout ce que les femmes prétendent trouver attirant mais qui n’a en réalité aucune importance : la culture, la valeur morale, la vertu, le sens de l’honneur et du devoir, et ainsi de suite.

On pourrait, pour résumer en caricaturant à outrance, dire que les hommes mentent aux femmes en prétendant qu’ils s’intéressent à autre chose qu’à leur âge et à leur cul, tandis que les femmes mentent aux hommes en prétendant s’intéresser à autre chose qu’à leur statut social, leur apparence et leur argent.

La part de l’arbitraire

Bien entendu, à ces règles générales, il convient d’ajouter des principes arbitraires, qui dépendent à la fois du hasard et des goûts de chacun. On peut considérer que chaque personne applique aux valeurs qu’elle attribue à l’autre un coefficient pouvant dépendre :

  • de ses goûts : si la personne n’est pas attirée par telle ou telle part de la population et que vous en faites partie, c’est mal barré.
  • de ses a priori : ce que l’on sait ou croit savoir de l’autre peut avoir une influence considérable.
  • de son humeur du moment.
  • de divers facteurs relationnels, comme le principe de présélection.

Ces facteurs jouent de manière assez importante mais pas autant que nous aimerions souvent le croire : les principes cités ci-dessus tracent, quoi qu’on en dise, les lignes générales des lois de l’attraction.

 

Offre et demande

Tout comme le libéralisme économique sans frein, et pour des raisons analogues, le libéralisme sexuel produit des phénomènes de paupérisation absolue. Certains font l’amour tous les jours; d’autres cinq ou six fois dans leur vie, ou jamais. Certains font l’amour avec des dizaines de femmes ; d’autres avec aucune. C’est ce qu’on appelle la « loi du marché ».
Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte

  • Les hommes ont en général plus envie de sexe que de relation suivie. Les femmes ont en général plus envie de relation suivie que de sexe.
  • Les hommes sont en général d’accord pour coucher dès le premier soir. Les femmes demandent en général à être convaincues.
  • Les hommes sont fertiles en permanence et sont capables d’engrosser plusieurs femmes à la fois ; ils n’ont donc pas, d’un point de vue reproductif, besoin d’être sûrs qu’ils couchent avec « la bonne ». Les femmes, en revanche, ne sont fertiles que quelques jours par mois et ne peuvent être engrossées que par un seul homme à la fois. Elles doivent donc être plus regardantes quant à leur choix de partenaire.

En conséquence, l’offre et la demande n’étant pas équilibrées, on peut considérer le sperme comme une monnaie de pacotille, tandis que les ovules ont une valeur importante. Il en résulte qu’un échange simple « sperme contre ovule » (qui revient à aborder une inconnue et à lui dire : « On baise ? ») n’est pas à l’avantage de la femme, qui le refusera presque systématiquement (dans l’exemple cité ici, elle peut même dans certains cas porter plainte pour harcèlement : le fait pour un homme de proposer à une femme une mauvaise affaire du point de vue du Marché Sexuel a donc été criminalisé).

On peut considérer, d’un point de vue économique, les femmes comme les acteurs du marché « vendant » le sexe, tandis que les hommes sont les acteurs du marché souhaitant l’acheter. Et les acheteurs paient, qu’ils obtiennent ou non ce qu’ils veulent. Ils paient avant, pendant et bien souvent après l’accès aux parties intimes des femmes. Il y en a qui laissent une enveloppe à une escort. D’autres qui invitent une collègue de travail au restaurant. D’autres encore qui contribuent à l’entretien de leur foyer. D’autres enfin qui paient des pensions alimentaires. Le prix du ticket d’entrée dans un vagin dépend d’un simple système d’offre et de demande. L’offre est représentée par le nombre de femmes prêtes à écarter les cuisses pour vos beaux yeux. La demande est représentée par le nombre d’hommes prêts à faire à peu près n’importe quoi pour qu’elles les écartent.

Vous verrez le reste si vous avez de quoi payer le ticket d’entrée … ou si vous pouvez lui faire croire que c’est le cas !

Les conclusions les plus importantes qu’il faille tirer de tout cela :

  • Toutes les relations de séduction, depuis le petit flirt adolescent jusqu’au mariage à l’église, peuvent être considérées comme des formes sophistiquées et subtiles de prostitution.
  • Toute femme a son prix. Ça n’est pas forcément un prix en argent. Mais il y aura toujours quelque chose qu’elle sera prête à échanger contre du sexe (et désireuse de le faire !). Cela ne signifie pas pour autant que vous soyez en mesure de le lui fournir.
  • Le sexe n’est jamais gratuit : si vous n’avez pas conscience de payer, ça n’est pas grave. Vous payez quand même quelque chose. Demandez-vous quoi.
  • En vertu du principe de Briffault, une valeur apportée par le mâle dans le passé reste dans le passé et n’affecte en rien l’avenir. Dès lors, il devient absurde d’investir à fond perdu avant le sexe. Et le symboles de statut social (qui sont des promesses implicites de statut économique) permettent un impact, en termes de séduction, bien plus puissant et plus durable que l’argent seul. Un imbécile riche n’aura jamais autant de succès à court terme qu’un filou qui se contente de sembler puissant : il se fera plumer par les premières perverses venues ; au final, il sera toujours imbécile, mais pauvre de surcroît.

Tandis que l’hypergamie féminine tend à faire monter la VMS des femmes (en les rendant plus exigeantes quant à leurs partenaires), l’hypogamie masculine, en revanche, fait baisser la VMS moyenne des hommes, puisqu’elle permet aux femmes les plus médiocres de trouver tout de même un partenaire sexuel. Mais les conséquences ne s’arrêtent pas là : en effet, l’hypergamie a également un effet positif sur les hommes dans leur ensemble. Pour se maintenir dans sa Valeur moyenne, un homme doit, en effet, s’améliorer en permanence (c’est ainsi que l’on voit des hommes redevenus célibataires se remettre au sport, se cultiver, améliorer leur intellect ou leurs connaissances, etc. Pas tous, je vous l’accorde. Mais la tendance est réelle). Par un principe de type Reine Rouge, ils doivent donc augmenter constamment leur Valeur réelle, afin de maintenir leur Valeur telle que perçue par les femmes. Ainsi, avec l’âge, les hommes tendent à s’améliorer, aussi bien pour eux-mêmes que pour leur partenaire. La dérégulation du Marché Sexuel, en revanche, amène l’effet inverse chez les femmes : puisque la dernière des mégères est certaine de trouver ramoneur à sa cheminée, elle n’a aucune raison de faire le moindre effort. Certes, beaucoup de femmes en font tout de même, ne serait-ce que pour augmenter leur propre VMS, leur permettre d’accéder aux mâles qui les intéressent, ou encore par fierté personnelle. Mais elles n’ont pas besoin de le faire. Et l’hypogamie masculine assure aux plus folles, aux plus laides, aux plus bêtes, aux plus déglinguées, un minimum de soupirants à leur service.

Les hommes sont donc, dans l’ensemble, les grands perdants du Marché Sexuel. Condamnés à payer sans même avoir la certitude d’acheter ainsi quoi que ce soit, ils sont les éternels dindons de la farce. Tout au moins tant qu’ils acceptent d’en suivre les règles. Car l’homme ayant pris la Pilule Rouge, en comprenant les règles véritables du Marché Sexuel (non pas celles qu’on lui raconte dans les comédies romantiques, mais bien celles en vigueur dans le monde tel qu’il est), devient capable non seulement de naviguer dans ce marché, mais aussi, occasionnellement, d’y tricher un brin. 

Illustrations : Mickael Gresset Petr Ovralov

Extension du domaine de la lutte (Poche)


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Martial
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