Cadre du couple : notions de base

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Le Cadre est essentiel à la définition du couple

Le Cadre (Frame, en anglais) est une notion d’une importance capitale. Le concept de Cadre recouvre un grand nombre d’aspects de notre vie quotidienne et de notre rapport au monde. Nous sommes parfois (souvent, quand nous avons pris la Pilule Rouge) conscients de l’existence de nos Cadres mais ils nous échappent également souvent, et la plupart des gens ne les aperçoivent même pas. En termes de relations hommes-femmes, le Cadre est au cœur de tous les rapports : c’est lui qui définit les règles du jeu officielles comme les lois non dites, et cela est valable autant pour une femme rencontrée hier que pour celle avec qui vous vivez depuis quinze ans. 

Définir le Cadre

Le Cadre, c’est, en quelque sorte, la constitution de notre perception du réel. Dans certains cas, le même acte, perpétré dans un Cadre X, sera anodin et ne provoquera aucun souci au sein du couple, tandis que, perpétré dans un autre couple au sein d’un Cadre Y, il provoquera déchirement et séparation.

Le Cadre, c’est l’ensemble des règles du couple : de quel type de relation s’agit-il ? qui fait les courses et qui fait la vaisselle ? voit-on mes amis ensemble ? voit-on les tiens ? à quelle fréquence allons-nous voir tes parents ? a-t-on de projets d’enfants ? où passe-t-on nos vacances et comment ? qui ramène le plus de pognon ? qui va chercher les gosses à l’école ? a-t-on le droit de fumer à la maison ?

Le Cadre est rarement négocié comme tel : à l’exception des relations sadomasochistes, au sein desquelles on établit généralement un contrat écrit, définissant les droits et devoirs de chacun, la plupart des couples ne songent pas à discuter du Cadre. Chacun des membres du couple estime qu’il sait ce qu’il attend de la relation et que l’autre attend la même chose, ou, tout au moins, a à peu près la même idée que lui de ce qu’est un couple. Or rien n’est plus faux : chacun a de son couple, de sa relation, de ses amours, une idée propre et singulière. Ne pas en avoir conscience, c’est laisser s’établir le malentendu. Cela peut marcher mais c’est tout de même un risque à prendre.

Plus le couple durera, plus chacun de ses membres croira en la solidité du Cadre, tel qu’il le conçoit : sans se rendre compte qu’il s’agit d’un malentendu, il ou elle se figurera, de semaine en semaine, de mois en mois, que la durée de vie de la relation est une preuve de la validité de son Cadre. Mais le jour où l’autre ira à l’encontre d’une des lois non énoncées, il se sentira trahi.

Etablir un couple sain et durable, ou même simplement une relation temporaire mais maîtrisée, c’est donc établir un Cadre. Si vous ne vous chargez pas de l’établir, c’est que vous laissez le hasard et le malentendu, voire votre partenaire, le faire. Or celui qui contrôle le Cadre contrôle la réalité de la relation. Cela ne signifie pas qu’il a nécessairement le pouvoir au sein du couple : on peut très bien détenir l’autorité, au moins apparente, tout en étant dans le Cadre de l’autre. Ce n’est pas non plus parce qu’on témoigne de l’intérêt à l’autre, qu’on a envie de lui ou d’elle, qu’on est celui qui cherche à séduire, qu’on accepte nécessairement son Cadre : une fille peut très bien avoir envie de vous, mais pas selon les conditions que vous souhaitez. Exemple typique et courant : vous souhaitez une relation de courte durée ou une relation de type fuck friend, elle souhaite un petit ami voire un fiancé durable. Tant que vous ne dites rien et laissez l’ambiguïté régner, chacun de vous deux croit que l’autre accepte son Cadre.

Bien entendu, le Cadre n’est pas absolument fixe : il évolue au fil du temps, au fil de la relation, au fil de l’évolution personnelle de chacun des individus.

 

Cadre et mariage

Attention : elle va désormais considérer son Cadre comme validé à 100% !

Comment savoir si vous tenez le Cadre

Celui qui tient le Cadre est celui qui établit ou impose les règles de la relation. Le plus souvent, c’est tout simplement celui des deux qui a le moins besoin de l’autre et est le plus prêt à le perdre s’il sort du Cadre. Dans la société qui est la nôtre, ne vous leurrez pas : à moins que vous ne soyez déjà réellement sous Pilule Rouge, il y a trois chances sur quatre pour que ce soit la femme qui tienne le Cadre.

Quelques exemples d’indices ou de tests permettant de déterminer qui tient le Cadre de la relation :

  • Qui décide de ce que vous faites ? Et par cette question, il faut comprendre : qui décide vraiment ? Le plus souvent, ce sera elle. En règle générale, on tend à suivre l’adage l’homme propose, la femme dispose. En d’autres termes : vous vous faites suer à trouver des idées d’activités ou de sorties, vous lui proposez, elle dit oui ou non. Même si c’est vous qui avez été à l’initiative de tout, c’est donc en pratique elle qui décide.
  • Qui amène l’autre dans son monde ? Vous a-t-elle présenté à ses amis, qui sont aussi devenus les vôtres, ou plutôt ceux du couple, alors que vos propres amis ont été marginalisés (généralement sans violence ni engueulade, juste parce que voilà, c’est la vie, on n’a plus grand-chose à se dire) ? Avez-vous déménagé dans sa ville ? Êtes-vous celui qui lui rend visite, bien plus que l’inverse ? Aucun doute : vous êtes dans son Cadre.
  • En phase de séduction : avez-vous le sentiment qu’elle cherche à vous mettre à l’épreuve, à savoir si vous êtes digne d’elle ? Mordez-vous à l’hameçon et cherchez-vous à prouver votre valeur à ses yeux ? Vous êtes en train d’entrer dans son Cadre. Est-ce qu’au contraire c’est elle qui vous recherche ? Qui vous propose de la voir ? Bref : c’est vous qui menez la danse ? C’est qu’elle pourrait être prête à entrer dans votre Cadre.

Entrer dans le Cadre de l’autre, c’est donc entrer dans sa réalité, dans sa version de la Matrice. Dans un monde où les règles sont établies d’une certaine manière, et pas d’une autre. Celui qui tient le Cadre, c’est celui qui établit le récit de la relation : celui qui dit si c’est une histoire d’amour ou une histoire de cul, une liaison d’une semaine ou une relation qu’on espère pour la vie. Et celui qui amène, insensiblement, l’autre à accepter cette réalité.

 

Cadre et Epreuves

Bien entendu, il est plus facile pour certains hommes que pour d’autres d’imposer leur Cadre : quand votre Valeur sur le Marché sexuel est tellement plus élevée que la sienne qu’elle est prête à n’importe quoi pour s’attirer votre attention, c’est votre Cadre qui prévaudra le plus souvent (du moins au début : ne croyez pas le maintenir éternellement sans effort ni Epreuves, voir plus bas).

Il est en effet assez facile d’amener une fille à accepter votre Cadre dans un premier temps. Mais une relation de couple (ou même simplement une relation avec une fuck friend) est un conflit perpétuel : même si elle a accepté d’entrer dans votre Cadre, elle cherchera régulièrement à le remettre en question pour imposer le sien. Ces remises en question sont appelées les Epreuves : ce sont des mini-crises, qui peuvent parfois n’être qu’une phrase, une remarque, un coup d’œil, ou à l’inverse devenir de véritables engueulades, et par lesquelles la femme teste la solidité de votre Cadre. Tant que vous parvenez à résister et à maintenir votre Cadre intact, tout va bien. Dès qu’une fissure apparaît, attendez-vous à des crises, à devoir accepter des compromis que vous ne souhaitez pas (c’est-à-dire renoncer au Cadre que vous avez fixé) ou à la fin de la relation.

Dans la plupart des couples occidentaux contemporains, c’est le Cadre de la femme qui finit par prévaloir, soit qu’elle l’ait imposé dès le début, soit qu’elle l’ait obtenu au fil du temps. Très souvent, cependant, elles n’ont même pas eu à lutter : la dévirilisation de notre société est en effet telle que beaucoup d’hommes d’envisagent même pas l’idée qu’il existe un autre Cadre que celui que les femmes leur proposent, qu’ils peuvent tenter d’inventer autre chose. En d’autres termes : ils ont accepté la version de la réalité correspondant à la Matrice féminine et ne réalisent pas qu’une alternative pourrait exister.

Cela ne signifie pas que les femmes, pour la plupart, souhaitent tenir le Cadre. En réalité, elles ne le souhaitent pas plus que les hommes, car tenir le Cadre peut être épuisant. Celui qui tient le Cadre est semblable à l’oiseau de tête, dans un vol d’oies sauvages : de loin, il a l’air d’être le chef mais en réalité c’est celui qui se prend tous les vents contraires en pleine gueule et se fatigue donc pour rendre les choses plus faciles au reste du groupe. Et beaucoup d’hommes sont fainéants. Incapables de faire les efforts nécessaires pour s’emparer et maintenir le Cadre, ils le laissent peu à peu glisser de leurs mains. Les femmes le ramassent non pas forcément parce qu’elles le souhaitent mais parce que la nature a horreur du vide et qu’il faut bien que prévale le Cadre de l’un ou celui de l’autre.

 

Cadre féminin et hommes domestiqués

La plupart des couples contemporains ne sont, en effet, rien d’autre que des prisons pour les hommes. Domestiqués, symboliquement castrés, ceux-ci ne se rendent bien souvent même pas compte de leur propre aliénation : tels les porcs de Circé, ils sont réjouis de se vautrer dans la fange sous l’autorité de la matriarche qui les a fait entrer dans le monde dont elle est l’absolue maîtresse. C’est le genre d’homme qui se réjouit, après cinq ou six ans de mariage, que sa femme soit assez compréhensive pour lui donner la permission, une ou deux fois par semaine, de regarder le foot à la télé.

Un couple vivant dans le Cadre de la femme célèbre la défaite et la décadence du mâle, qui a été incapable de se comporter un homme, en patriarche, en chef de famille. Un tel homme se croit en sécurité parce qu’il ne voit pas le danger et sera le premier surpris si sa femme, encore raisonnablement jeune et attirante, se barre un jour avec un type plus viril et plus déterminé que lui, qui saura la tenir dans un Cadre serré et strict, dans lequel elle se sentira en sécurité. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : quand une femme, dans un couple dont elle tient le Cadre, aliène son compagnon, l’amène à accepter d’être traité en grand enfant, prend en main les cordons de la bourse, prend les décisions pour le couple, décide de ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire, elle se construit le sentiment de sécurité que son homme n’a pas été en mesure de lui apporter. Ce n’est pas elle qui est castratrice : c’est lui qui manque à ses devoirs.  

Inutile, donc, de reprocher aux femmes d’établir le Cadre, de le tenir, de contrôler les relations. Elles le font trop souvent, certes. Mais seulement parce que les hommes contemporains sont faibles, psychologiquement impuissants et immatures et incapables de s’affirmer en tant qu’hommes (Pour citer Brel : « Je ne dis pas que la femme est méchante, je dis que l’homme est con. »). Ils ont perdu le sens de leur devoir et de leurs droits et, par lâcheté ou fainéantise, se contentent des miettes que veulent bien leur laisser des compagnes qui, elles, rêvent à un mâle authentique et viril, capable de leur apporter la sécurité qu’elles sont programmées pour rechercher.

Martial
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