Confession d’un dragueur

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Confession d'un dragueur

Chroniquer Confession d’un dragueur pourrait nous valoir quelques ennuis ou quelques insultes. Non du fait de son contenu mais de son auteur : Confession d’un dragueur est en effet l’œuvre du très sulfureux Alain Soral. Autant dire du Diable en personne. Pourtant, et quoi que l’on pense du personnage par ailleurs et sur d’autres sujets, force est de constater qu’il a commis, dans les années 1990 et au début des années 2000 en particulier, plusieurs ouvrages dont les thèmes et les sujets ne sont pas éloignés de ceux de la pensée Pilule Rouge et d’un certain masculinisme tant soit peu radical.

Si, du fait de la personnalité d’Alain Soral et de la manière dont il est présenté dans le champ médiatique, chacune de ses paroles semble tout droit sortie de la bouche de l’Enfer, il n’en demeure pas moins qu’une bonne partie de ce qu’il disait alors est aujourd’hui devenue idée courante au sein de la manosphère. Et pour être honnête, on peut lire bien pire et bien plus violent sur returnofkings ou chez Matt Forney. Bref : il y a chez Soral des éléments qui ne manquent pas d’intérêt en ce qui concerne la virilité, le féminisme et la séduction, et peuvent constituer, a minima, du grain à moudre. Itinéraire d’un dragueur fait partie de ces éléments.

Confession d’un dragueur en quelques mots

Confession d’un dragueur une comédie vaguement sentimentale, parisienne et légère, sortie en 2001. Le film retrace l’histoire de Paul (Thomas Dutronc), jeune étudiant fraîchement débarqué de sa province natale. Alors qu’il bouquine dans un parc, il remarque une jeune fille qui, comme lui, s’y retrouve tous les jours. Sous le charme, il hésite à l’aborder, tergiverse, attend encore un jour ou deux … et se la fait finalement souffler par Fabio (Saïd Taghmaoui), un dragueur de rue qui, lui, ose, fonce, se prend des râteaux, retente sa chance, bref : drague. Les deux hommes sympathisent, et Paul commence un véritable apprentissage de la séduction, Fabio devenant pour lui une sorte de mentor, qui va l’entraîner à la drague de rue … mais également l’entraîner un peu plus loin que ce que sont éducation bourgeoise et conservatrice pouvait l’amener à accepter.

Pourquoi il faut le voir

Soyons clairs : Confession d’un dragueur n’est pas un grand film. Il est et reste un premier film, avec tous les petits défauts que cela peut impliquer. Mais c’est un premier film sympathique et agréable, plaisant à voir, pas déplaisant à revoir, et qui dans l’ensemble se hisse très au-dessus de la moyenne de ce que le cinéma français nous propose en général.

On peut regretter une bande-son un peu irritante, un scénario manquant de rebondissements et se limitant, pour l’essentiel, à une série de petites scènes thématiques. C’est vrai. Mais ça n’est pas rédhibitoire. Pour un film au budget microscopique, Confession d’un dragueur s’en sort plutôt bien, malgré un Thomas Dutronc médiocre (l’essentiel du jeu d’acteurs reposant sur les épaules de Taghmaoui). Si l’ensemble est daté (surtout du point de vue technologique : pas de téléphone portable, peu d’ordinateurs), le propos dans son ensemble reste valide et plutôt sympathique.

Au-delà de sa légèreté apparente, le film aborde également des thèmes sociaux réels et sérieux (boboïsation, drague perçue comme une forme de revanche sociale, rapport séduction-argent, etc.). Il y a un côté un peu détaché, qui fait penser à Rohmer ou à la Nouvelle Vague. Au passage, Soral y fait passer un certain nombre de messages bien sentis (comme le fait que la plupart des femmes sont en réalité les victimes de l’idéologie féministe, ou encore que la valeur sur le marché sexuel d’un individu dépend énormément de son statut social).

 

Bref : Confession d’un dragueur n’est sans doute pas un chef-d’œuvre mais c’est un bon petit film, un peu bohème, un peu potache, qui peut s’avérer utile pour initier en douceur un jeune homme à certains principes Pilule Rouge.

 

On peut trouver Confession d’un dragueur sur le site d’Alain Soral Kontre-Kulture. Si vous êtes un soralophobe absolu et avez envie de voir le film mais ne voulez surtout pas lui rapporter de pognon, vous pouvez toujours vous rabattre sur les occasions, qu’on trouve sur Amazon.

Antoine
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