Faut-il chercher à comprendre les femmes ?

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Faut-il vraiment chercher à comprendre les femmes ?

Comprendre les femmes et décrypter leurs intentions ou leurs messages cachés a toujours été une problématique considérable, pour un grand nombre d’hommes, surtout parmi les plus jeunes. Et si cette ambition était illusoire ? Ou pire : contre-productive ? 

Imaginez … il y a cette fille que vous avez remarqué récemment, près de votre boulot (jamais au boulot, malheureux !), à la fac, au lycée ou ailleurs. Vous avez échangé un ou deux regards, elle vous plait bien, elle vous a souri une fois. Vous vous êtes recroisés, elle vous a parlé, vous avez rigolé ensemble, mais le jour d’après elle a semblé totalement vous ignorer. Et là, si vous êtes comme beaucoup d’hommes, vous vous sentez comme un con. Parce que vous aimeriez, avant de faire un pas de plus, savoir si vous lui plaisez aussi un minimum. Et c’est une erreur capitale.

Devez-vous réellement comprendre les femmes ?

N’essaie jamais de comprendre les femmes. Elles se comprennent entre elles, et elles se détestent. 
Al Bundy

Des générations d’hommes se sont creusées la tête pour essayer de comprendre les femmes. Et des hordes d’escrocs sont là pour vous vendre des méthodes infaillibles pour sonder leur cœur et leur âme, pour tenter de savoir si vous lui plaisez ou pas. Trucs et astuces divers s’échangent (parfois à prix d’or) pour espérer glaner quelques indices, le plus souvent en vain. A ces questionnements, somme toute légitimes, il existe une réponse : faites votre travail, pas le sien.

Autoriser votre esprit à faire de l’intérêt que vous avez pour une nana une obsession et vous demander, encore et encore, si vous avez vos chances, est l’un des plus sûrs moyens de ne jamais arriver à rien avec elle. Si vous vous demandez si vous plaisez à une fille, il y a de fortes chances pour que la réponse soit « non », justement parce que vous vous posez la question et que cela influe sur votre attitude. Les hommes peu sûrs d’eux, en demande, faibles, ne font pas envie.

Cette règle fait partie des Lois de fer de Tomassi : ne cherchez jamais à trouver à sa place les raisons qu’elle pourrait avoir de vous repousser. Ça, c’est sa part du travail. La vôtre, c’est de faire le premier pas. Si vous ne lui plaisez pas, n’ayez aucune crainte : elle vous le fera savoir.

Comprendre les femmes : une illusion ?

Êtes-vous bien certain que, derrière les voiles, les illusions et les faux-semblant, il y ait quelque chose à comprendre ? On a souvent tort de vouloir éplucher chaque pelure de l’oignon pour voir ce qu’il y a en dessous : dessous, il n’y a que d’autres pelures, et on risque fort, au final, de se rendre compte que l’oignon n’est fait que de pelures.

Si vous tombez dans le piège de l’obsession, qui n’est jamais bien loin de celui de l’unicisme, si vous vous persuadez que vous devez comprendre les femmes, vous allez commencer à tenter d’analyser la moindre de ses paroles, la moindre de ses attitudes … et chercher à relier tout cela à votre petite personne. Effet Barnum assuré. Si elle vous parle, vous allez analyser. Si elle ne vous parle pas, vous allez analyser. Si elle répond à l’un de vos mails, vous allez analyser. Si elle n’y répond pas immédiatement, vous allez analyser. Tout cela pour, au final, vous créer vous-même des angoisses, surévaluer la nana en question … et bien souvent ne rien faire de concret. Cet état de confusion, entre obsession et angoisse, est l’état que beaucoup de jeunes hommes romantiques appellent l’amour. Ils se trompent : ça s’appelle l’esclavage émotionnel. Et un esclavage émotionnel volontaire et consenti, qui plus est.

Votre petit Hamster intérieur, qui n’est rien d’autre que la voix acceptable de votre propre lâcheté, vous expliquera que vous ne voulez rien brusquer, que vous souhaitez qu’elle vous connaisse mieux, que vous laissez le charme agir, ou autres excuses pathétiques de ce genre, généralement saupoudrée d’une bonne dose d’autocomplaisance (du genre Oui, mais les mecs qui foncent et tentent leur coup comme ça, sans réfléchir, ce sont des primaires, moi je ne suis pas comme ça.). En réalité, vous allez être effrayé à l’idée de faire le premier pas, effrayé à l’idée de la perdre et effrayé à l’idée qu’elle vous repousse. Et rien de tout cela n’est sexy, ni attirant. Au final, vous la verrez partir au bras d’un connard quelconque qui, lui, ne se sera pas posé autant de questions et aura foncé bille en tête.

Il n’y a pas toujours quelque chose à comprendre

Les femmes préfèrent les hommes qui les prennent sans les comprendre, aux hommes qui les comprennent sans les prendre. 
Marcel Prévost

Tout cela ne veut pas dire que c’est un tort de votre part de considérer qu’il est difficile de comprendre les femmes ou que leurs attitudes peuvent être interprétée de plusieurs manières différentes. C’est en effet le cas. Elles sont comme ça, elles l’ont toujours été, elles le seront toujours. Et surtout en ce qui concerne la séduction. Hier après-midi, vous aviez l’impression qu’elle vous dévorait des yeux, et ce soir vous n’existez plus pour elle. Il y a un instant, elle gloussait en vous regardant et disait quelque chose à l’oreille de sa copine, et maintenant elle semble obnubilée par son téléphone portable et n’a même plus l’air disposée à reconnaître votre existence. Du coup, vous vous posez des questions, et tout cela vous tarabuste, voire vous obsède. C’est exactement le but de sa manœuvre.

Pour certaines, cette attitude est même tellement ancrée dans leurs comportements que ce n’est même plus une manœuvre mais une seconde nature. Ce genre d’attitude les protège : elle leur permet de ne pas se mettre en danger et de laisser les hommes venir à elles, en position de demandeur (donc d’inférieur) plutôt que de prendre le risque d’un râteau. Il est extrêmement rare qu’une femme fasse le premier pas : inutile, donc, de l’espérer. Ça n’arrivera pas. Il n’en reste pas moins utile d’observer ce genre de petit manège, et, surtout, d’essayer de deviner laquelle, parmi un groupe de filles, s’y livre le plus. Celles qui sont les plus enclines à utiliser cette stratégie sont à repérer et à placer aussi rapidement que possible dans votre blacklist mentale : même si elles sont jolies, ce sont, à coup sûr, des garces, des manipulatrices, bref des emmerdeuses.  Mais même sans aller dans ces extrêmes, une attitude en apparence incohérente sur le plan sentimental et relationnel reste monnaie courante. Cette attitude contribue à entretenir le parfum de mystère et à vous faire croire qu’il y a de grands et profonds secrets à découvrir au creux de son âme. La réalité est bien plus prosaïque, et peut se résumer en quelques mots : elle est trop lâche pour se mettre en danger, a peur en paraissant s’intéresser à vous de diminuer sa propre Valeur sur le Marché Sexuel à vos yeux, et ne veut pas, tant que vous n’avez pas montré un véritable intérêt, se fermer d’autres options, potentiellement plus intéressantes pour elle.

comprendre les femmes jessica rabbit

Telle Jessica Rabbit, elle n’est pas mauvaise : elle est seulement dessinée comme ça.

Il est donc peu probable que vous tombiez un jour sur une femelle de l’espèce humaine qui assume pleinement ses attractions et ses répulsions, tient aux membres du sexe opposé un discours clair et fait le premier pas quand un homme lui plaît. Ce n’est absolument pas dans son intérêt : si les hommes étaient réellement en mesure de comprendre les femmes, beaucoup se désintéresseraient d’elles de toute manière. Les MGTOW ne sont rien d’autre que des hommes qui ont trop bien compris les femmes. Et dans le cadre du théâtre de la séduction, vous faciliter l’interprétation n’est pas le rôle de la demoiselle de toute manière.

Mensonges et confusions

L’amour a été inventé par les femmes pour permettre à ce sexe de dominer, alors qu’il était fait pour obéir.
Jean-Jacques Rousseau

Tenter de comprendre les femmes, en la matière, est voué à l’échec : le plus souvent, elles ne savent pas elles-mêmes clairement ce qu’elles veulent, de toute manière. Hier vous étiez, de tous ceux qui lui tournent autour, celui qui semblait le plus à même de lui amener des valeurs qu’elle souhaite; aujourd’hui un meilleur parti que vous est entré dans son radar; demain elle se rendra compte qu’il est déjà pris, et par plus belle qu’elle; et ainsi de suite. En fait, le mieux que vous puissiez faire tout simplement de ne même pas essayer de la comprendre. Et non seulement ne pas essayer, mais refuser activement de le faire : votre interlocutrice est une adulte, elle sait communiquer clairement, elle peut le faire si elle le souhaite. Si elle reste dans l’ambiguïté, c’est de sa responsabilité. Pas de la vôtre. Ce refus actif de chercher à comprendre les femmes est surtout l’affirmation d’une vérité simple : la responsabilité d’émettre un message clair repose sur celui ou celle qui émet le message. Et également le refus de l’un des grands classiques du gynocentrisme : le mythe selon lequel, lorsqu’un problème de communication apparaît entre un homme et une femme, c’est elle qui a raison et lui qui a tort.

comprendre les femmes est voué à l'échec

Pourquoi chercher à la comprendre, alors qu’il n’est pas certain qu’elle se comprenne elle-même ?

L’autre piège que se tend à lui-même celui qui essaie de comprendre les femmes, c’est qu’il place les intérêts de sa potentielle compagne avant les siens propres. Il s’imagine, souvent, que pour lui plaire, il doit changer, s’améliorer, réaliser des choses, sacrifier des éléments qui lui sont chers. D’ailleurs toutes les comédies romantiques l’encouragent dans cette direction. Lui-même, bien souvent, se dira qu’il ne veut que le bien de cette fille, que son attirance est désintéressée. Mensonge. L’amour, l’amour véritable, l’amour absolu et désintéressé, existe. Mais il est bien plus rare qu’on ne le croit. Et il ne survit que rarement au-delà des premiers émois. En réalité, l’attirance que vous avez pour une femme est purement égoïste. Pour parler crûment, vous avez envie de la sauter, un point c’est tout. Son caractère, sa famille, ses idées, ses convictions … au fond rien de tout cela ne vous importe réellement : vous prétendez vous y intéresser (et vouloir mieux la connaître) uniquement parce qu’au fond de vous, vous savez qu’elle est, à elle-même, son sujet de conversation préféré, et que cela vous permet d’entretenir un lien social avec elle. Mais en réalité, vous n’en avez rien à battre. Approcher cette fille et lui faire savoir qu’elle vous plaît n’est donc pas une démarche que vous faites pour elle, mais bien pour vous. C’est à vous-même que vous devez ce courage.

Tout ça pour en venir à quoi ?

Les femmes pardonnent parfois à celui qui brusque l’occasion, mais jamais à celui qui la manque.
Charles-Maurice de Talleyrand

A ce principe simple : si une femme vous plait, partez du principe que vous lui plaisez aussi et faites-le-lui savoir. Clairement et sans détour. Sans chercher d’excuse bidon pour la revoir sous un prétexte ou un autre. Sans vous demander si c’est une bonne idée ou non. Sans, non plus, insister si jamais elle ne donne pas suite. De toute manière, vous n’avez rien à perdre : en cas d’échec, vous n’avez rien perdu. En cas de succès, tant mieux pour vous. Tout ce que vous risquez de perdre, c’est la relation mi-chèvre mi-chou, inconfortable et potentiellement dangereuse pour votre équilibre, quelque part entre unicisme et friendzone, dans laquelle vous vous trouviez. Peut-être un rejet va-t-il vous faire mal sur l’instant. Mais on s’en remet sans difficulté. Cette attitude de confiance positive en vos propres capacités de séduction (même si rationnellement vous pensez n’avoir aucune chance), et qui consiste à partir du principe que ça peut marcher de toute manière, a d’autres avantages :

  • En vous libérant de la quête des petits signes, des petits indices, des interprétations, elle va vous libérer du doute;
  • Elle va vous faire gagner beaucoup de temps;
  • Elle va, en pratique, augmenter considérablement vos chances de lui plaire effectivement. 

Ce type de comportement, proche de celui de la prophétie autoréalisatrice, est souvent couronné de succès, et s’explique très bien dans le cadre de la théorie du Marché Sexuel. Souvenez-vous en effet que pour la femelle de l’espèce, la sélection d’un mâle est une opération longue et compliquée : aussi est-elle souvent à la recherche d’indices lui permettant de faciliter cette sélection. L’un des principaux indices auxquels elle va être sensible est le fait que ce mâle a déjà du succès auprès d’autres femelles : elle en déduit qu’elles ont déjà fait le boulot de sélection, et tente bien souvent de séduire le mâle qui a déjà des soupirantes (effet connu de nos jours sous le nom de Tu vas voir, je vais lui piquer son mec à cette salope). Mais elle est également sensible à d’autres signes. Et en particulier des signes venant des mâles qui s’approchent d’elle. Elle n’est pas capable, du premier coup d’oeil de déduire l’intégralité de la Valeur sur le Marché Sexuel d’un mâle, pour la bonne et simple raison que cette Valeur n’est pas construite seulement sur l’apparence physique. Du coup, elle va avoir tendance à interpréter le fait que le mâle se comporte comme s’il avait une grande Valeur comme une marque de Valeur en soi.

Tenter de comprendre les femmes en s’imaginant que cela va améliorer ses capacités de séduction ne sert à rien. Non seulement elles ne souhaitent pas forcément que vous les compreniez, mais cette compréhension peut même nuire à votre motivation à séduire. Il convient, au contraire, d’agir. Quitte à se prendre des râteaux. Dans la dynamique de la relation, faire le premier pas, proposer un Cadre et prendre le risque qu’il soit refusé est de la responsabilité de l’homme. La plupart des femmes ne sont ni désireuses de le faire, ni moralement équipées pour affronter la possibilité d’un rejet avec sérénité. Ce refus d’entrer dans le jeu de l’interprétation va d’ailleurs au-delà de la seule séduction initiale : au sein d’un couple établi, renvoyer à l’autre la responsabilité des messages qu’elle émet est une bonne idée également. Dans un Cadre sain, chacun comprend qu’il a à faire savoir à l’autre quels sont ses besoins et qu’il est vain de lui reprocher de ne pas avoir deviné ce qu’on ne lui a pas dit. 

 

Illustrations : Alice Alinari Noah Buscher Drew Colins

Martial
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