Jésus : un parangon viril

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Jésus est un MGTOW

La figure de Jésus, que l’on soit ou non chrétien, que l’on croie ou pas à son existence historique, est et demeure l’une des figures masculines majeures de la civilisation occidentale, et du monde en général. Cependant, et en grande partie parce que le christianisme lui-même s’est en grande partie dévirilisé, la figure de Jésus est rarement vue comme un modèle de vertu virile. Et c’est un tort. Car si l’on se penche en détails sur l’itinéraire du personnage, force est de constater qu’il s’agit, au contraire, d’un concentré de tout ce à quoi un homme peut légitimement aspirer.

Avant de commencer, une note importante : on ne cherchera pas ici à savoir si Jésus a vraiment existé, ni s’il est ou non le Fils de Dieu. On se bornera à constater ce qui est indéniable : quel qu’ait pu être ou ne pas être le personnage historique, il existe, au moins, en tant que mythe, en tant que personnage des Évangiles et en tant que personnage d’un grand nombre de récits et traditions para-bibliques ; personnage majeur à la fois de la Bible et du Coran, ayant alimenté des réflexions philosophiques et théologiques durant les deux derniers millénaires, Jésus, quoi qu’on puisse en penser, est un modèle et une figure inévitable. Il s’agit ici d’aborder non pas ce que les religions installées ont dit de Jésus par la suite, mais bien ce que le texte biblique nous dit de lui. Et c’est très différent. 

Il est assez étrange de constater que les représentations que l’on fait de Jésus sont généralement celles d’un personnage faible (il est souvent présenté dans les douleurs et les tourments), doux, soumis à l’autorité, voire d’un cadavre. En termes de figure virile, on fait mieux. Un grand nombre d’interprétations contemporaines ne le présentent d’ailleurs, dans les autres épisodes de sa vie, que comme une sorte de hippie qui aime tout le monde, et, de nos jours, fumerait des joints en écoutant du reggae. Or il ne s’agit là que d’une lecture du personnage : si elle est privilégiée par l’Occident, c’est sans doute parce qu’elle met l’accent sur les vertus féminines de Jésus, gynocentrisme aidant ; elle n’est pourtant ni la seule, ni la plus légitime des lectures possibles. On peut parfaitement lire Jésus comme un personnage viril, puissant, et même sous Pilule Rouge. Un personnage avec lequel les hommes occidentaux auraient sans doute intérêt à se réconcilier, tant il peut servir d’inspiration à bien des égards.

Jésus : un travailleur manuel

N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon?
Évangile de Marc, 6:3

Jésus n’est pas un encravaté poudré, ni un eunuque à épaules de serpent. C’est un travailleur manuel, un charpentier : un homme qui vit donc de son labeur, qui sait plier la matière à ses souhaits. Bien que l’iconographie le montre rarement à son travail, il faut se le représenter, à vingt ans, grimpant sur les toits, assemblant des charpentes, ou encore travaillant à l’atelier. Et ce qu’il y a de particulier dans le travail de charpentier, c’est qu’il s’agit, à l’instar de beaucoup d’autres professions du BTP, d’un métier éternel : les techniques changent, certes, mais le métier persiste. Il s’agit également d’un vrai métier : pas une illusion, pas un bullshit job, pas un poste de parasite quelconque ni de planqué. Un métier d’adresse et de force, exigeant un savoir-faire véritable et une bonne forme physique. Bref : un vrai métier d’homme.

Jésus était charpentier

Jésus n’était ni un pousse-bouton, ni un parasite bureaucratique. Mais bien un homme qui gagnait sa vie de ses mains.

Il est d’autant plus important d’avoir cela en tête qu’il faut se souvenir que Joseph, le père de Jésus, appartient à la lignée royale de David. Et que, tout jeune, Jésus, en visite au Temple, avait étonné les religieux par ses connaissances et ses réparties. L’appartenance à la Maison de David implique que Jésus est né dans la tribu de Juda (puisque David faisait partie de cette tribu) : il n’est donc pas un lévite (tribu de Lévi : la caste sacerdotale), ni un Kohan (Maison d’Aaron, au sein de la tribu de Lévi : la lignée des prêtres du Temple), et ne peut donc pas prétendre à la prêtrise. Or la sacralité (kedousha) est synonyme en hébreu de séparation d’avec le reste du monde : on est en situation sacrée parce que l’on s’impose des lois et des préceptes (Houkim ou Mishpatim) qui ne s’imposent pas aux autres hommes. Rien de tout cela chez Jésus : il est né certes dans la Maison de David mais vit comme tout un chacun, d’un métier manuel, et non de la dîme ni des offrandes qui nourrissent la maison de Lévi. Dès le début du récit, donc, on a affaire à un personnage qui ne se conduit pas en parasite mais bien en homme ordinaire, dont la dimension spirituelle constitue un plus, un bonus, un aspect non-professionnel et personnel de l’existence. Tout le contraire, donc, de ce qu’en son nom, une bonne partie du christianisme fera par la suite.

L’expérience de la solitude et de la frugalité

Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon.
Évangile de Matthieu 6:24

C’est dans la solitude et dans l’épreuve que se forge un homme. Et Jésus ne fait pas exception. Le retrait, durant quarante jours, au désert, est sans doute l’une des plus grandes épreuves de son existence. Non seulement un jeûne aussi long demande une volonté à toute épreuve, mais il faut aussi affronter le silence et ses propres démons : ainsi est-il tenté par le Diable, qui, sans doute, n’est rien d’autre que la personnification de ses propres désirs inconscients, de ses propres désordres intérieurs. Cet épisode (Luc 4 et Matthieu 4) rappelle d’ailleurs à quel point la soif de puissance matérielle et d’argent est inspirée par Satan. Il le répétera d’ailleurs plus tard : on ne peut pas à la fois servir Dieu et Mammon (personnification de la possession matérielle et financière) : l’homme qui marche dans les pas de Dieu sait que l’argent est utile et il ose s’en servir quand le besoin s’en fait sentir mais il ne se laisse pas dominer par lui, car il sait qu’il est, par nature, diabolique.

Jésus au désert

C’est dans le silence et la solitude que l’on se révèle à soi-même.

Jésus et les marchands du Temple

La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.  Il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis. Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les boeufs; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables.
Évangile de Jean 2:13 à 15

Parce que le culte exigeait un certain nombre de sacrifices annuels, mais qu’à ces obligations inscrites dans la Torah, étaient venues s’ajouter au fil des siècles un grand nombre de rites supplémentaires, de superstitions diverses et même de sacrifices d’origine païenne ou mazdéenne, le Temple de Jérusalem était littéralement envahi de marchands : ils proposaient des animaux pour le sacrifice, mais aussi (comme aujourd’hui encore si vous vous rendez dans la Ville Sainte) des tonnes de souvenirs, gri-gris divers et autres. Ils n’avaient pas encore de crucifix en plastique avec des lampes qui clignotent au bout, ni de porte-clef avec la Sainte Vierge dessus mais rassurez-vous : ils se sont rattrapés depuis. Baladez-vous un quart d’heure dans les rues de Jérusalem et vous trouverez aussi bien des Corans avec écriture fluo que des kippas Nike. Le Temple était également rempli de changeurs de monnaie, puisque les pèlerins, venus des quatre coins du Proche-Orient, transportaient avec eux les monnaies les plus diverses.

Jésus produit marketing

Faire de Jésus un produit marketing, c’est prouver immédiatement, et par là même, qu’on est indigne de le citer. Et qu’on est au service du Diable.

La réaction de Jésus vis-à-vis des marchands du Temple est intéressante à plus d’un égard. Pour la comprendre, il faut se souvenir que l’argent, et en particulier l’échange d’argent, est strictement interdit autour des cérémonies religieuses juives : quand on se consacre à l’Éternel, on n’est pas supposé penser au business. Encore aujourd’hui, dans beaucoup de synagogues, il est considéré comme blasphématoire d’avoir de l’argent sur soi quand on assiste à un office religieux, ou même de parler d’argent un jour de Shabbat : il y a un temps et un lieu pour les affaires, et un temps et un lieu pour la spiritualité. Le problème, ici, n’est donc pas le fait qu’il y ait des marchands, mais bien qu’ils se soient placés dans le Temple : il s’agit là d’un mélange intolérable entre le sacré (vertical, transcendant et gratuit) et le profane (horizontal, immanent et monnayable). Chasser les marchands du temple, c’est donc à la fois :

  • Remettre les choses en ordre : d’une certaine façon, c’est une illustration du principe selon lequel il faut rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Il y a de la place pour Dieu comme pour les affaires matérielles dans la vie d’un homme mais il convient de ne pas les mélanger.
  • Faire ce qui est juste, même quand les autorités ne le jugent pas nécessaire : Jésus montre par là-même que oui, il existe un ordre, il existe des choses souhaitables et des choses qui ne le sont pas, et que ça n’est pas parce que les autorités en place se refusent à mettre de l’ordre qu’un simple citoyen devrait s’en abstenir.
  • Un acte hautement viril. L’Évangile ne nous dit pas combien il y a de marchands. Mais quel que soit leur nombre, Jésus est seul, armé de son fouet de cordes, face à plusieurs hommes qui, certainement, tiennent à leur business. Et il les chasse manu militari. Cela demande à la fois un grand courage physique et une force hors du commun. On est loin du personnage faible et soumis qu’on se plait trop souvent à représenter. A bien des égards, cette scène est en réalité plus proche du sketch parodique qu’en faisaient les Inconnus autrefois que de l’iconographie classique.

Un refus du politiquement correct

Je sais que vous êtes la postérité d’Abraham ; mais vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole ne pénètre pas en vous. Je dis ce que j’ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu de la part de votre père.Ils lui répondirent : Notre père, c’est Abraham. Jésus leur dit : Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a point fait. Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ; nous avons un seul Père, Dieu. Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé.Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge.

Évangile de Jean 8:37 à 44

Il n’y a pas que l’aspect physique : la virilité de Jésus se manifeste également dans le fait qu’il dispose, de toute évidence, d’un intellect performant, d’une non-fragilité émotionnelle certaine et d’une force de caractère hors du commun. Dans ses paroles comme dans ses actes, il montre un refus de se soumettre à ce qui est le politiquement correct de l’époque : il refuse de sacrifier la vérité sur l’autel des conventions sociales et se fout complètement de savoir si les gens qui le suivent approuvent ou non ses dires. Il exprime sa pensée, en sachant très bien qu’elle lui vaudra des vengeances et des retours de bâton, mais estime que dire le vrai est plus important que d’être populaire. Même face à des individus puissants, et qui peuvent décider de sa vie ou de sa mort, il continue à tenir le même discours. Quand il appelle fils du diable les scribes et les pharisiens, il affirme que l’hérédité réelle n’est rien, et qu’il ne suffit pas d’un nom glorieux pour être un modèle de vertu. Il rappelle donc les hommes au réel, et soutient qu’on juge un être à ses actes, et non à ses déclarations. Et que ceux qui exercent de hautes fonctions doivent être jugés après plus de dureté que ceux qui sont sous leur autorité, et non l’inverse. Quoi de plus Pilule Rouge que ce genre de considération ?

Jésus est un révolutionnaire dévoyé

Jésus encourage à défier les autorités morales et spirituelles, pas à s’y soumettre. A bien des égards, Jésus est un révolutionnaire.

Conscient que ses paroles dérangeront plus d’un (Nul prophète n’est le bienvenu dans sa patrie : Luc 4:24), Jésus n’en continue pas moins à prêcher ce qu’il estime être juste et vrai, même quand cela lui attire des ennemis désireux de le tuer (Jean 8:58 et 59). Son courage de paroles s’accompagne donc, là encore, d’un courage physique réel. Jésus est également prêt à perdre des adeptes (c’est ce qui se passe dans Jean 6:60) : peu lui importe ce que les gens qui le suivent pensent de ses dires. Peu lui importe que ces dires leur semblent trop durs, voire scandaleux. Il s’en tient à sa mission, à sa vérité, et fait ce qu’il estime devoir être fait, sans se soucier de la popularité de ses propos. Il sait que, de toute manière, les êtres les plus pervers et les plus dégénérés ne le comprendront pas. Il sait que même lui ne peut pas sauver tout le monde et qu’il est donc inutile de prêcher pour ceux qui ont, d’ores et déjà, le cœur et l’âme scellés. Mieux vaut parler à ceux qui sont capables de comprendre que de modérer ses propos pour séduire les masses.

Jésus et l’esprit de sacrifice

Jésus, enfin, a conscience qu’il doit mourir. Il a conscience qu’il doit, pour accomplir sa mission, être tué par ses ennemis. Et s’il subit les flagellations, la torture et la mort, ce n’est ni par faiblesse, ni par soumission mais bien en démontrant une force de caractère et une volonté hors du commun. Car ce que l’on oublie souvent, ou, en tout cas, qu’on peine à percevoir dans l’iconographie classique ou la figure du crucifié, c’est que malgré tout, il ne cède jamais. Battu, humilié, crucifié, percé au flanc … il ne supplie pas ses bourreaux d’arrêter là. Il ne mendie pas sa grâce. Il assume, pleinement et virilement, les conséquences de ses actes. Sa mort, à bien des égards, est ce qui donne de la valeur à son message : s’il n’avait pas risqué la mort en les prononçant, ses paroles n’auraient aucune valeur.

Certes, Jésus ne se défend pas, face aux légionnaires qui viennent l’arrêter. Il interdit même à Pierre, qui a tiré l’épée, de le défendre. Mais rien n’oblige à voir cet épisode comme une marque de faiblesse, de soumission ou de lâcheté, car ce faisant, il permet à ses disciples de survivre (quitte à ce qu’ils le renient un temps), puis à répandre sa parole. Quand, lors de l’évacuation de Bir Hakeim, le capitaine Bricogne se trouve privé de son véhicule par l’explosion d’une mine et sait son unité condamnée si elle reste sous le feu italo-allemand, il ne fait pas autre chose que ce que fait Jésus lors de son arrestation : il protège, seul, au fusil et à la grenade, le repli de ses hommes. Un tel sacrifice n’a rien de lâche, bien au contraire. Comme Jésus, il refuse que ceux placés sous ses ordres meurent en vain, là où sa vie seule suffit à assurer le passage. Et comme Jésus, il se place, en tant que chef, dans une position moralement plus exigeante (et exigeante jusqu’au sacrifice ultime) que ses subordonnés. Comme Jésus, enfin, il le fait parce que tel est son devoir, parce que c’est la suite logique et le bout de son engagement, et parce que s’il ne le faisait pas, rien de ce qu’il a réalisé auparavant n’aurait de sens.

Jésus n'était pas marié

Célébrer des mariages au nom d’un prophète qui a toujours évité de se marier : le christianisme n’est pas à une contradiction près…

Jésus est MGTOW

Dernier point, mais non des moindres : la place des femmes dans la vie de Jésus. Même s’il avait été prêtre, rien ne lui aurait interdit de se marier, le judaïsme ne pratiquant pas le célibat clérical. Aucun interdit ne pèse sur le mariage, ni sur la relation sexuelle, et pourtant, il n’a pas de femme dans sa vie. Il en fréquente quelques-unes, et il en a parmi ses disciples, certes. Mais il n’a ni petite copine, ni épouse, ni maîtresse. Il suffit de voir les réactions des femmes à son égard pour se convaincre que s’il en avait envie, il n’aurait que l’embarras du choix. Mais justement, ce choix n’est pas le sien : Jésus a décidé qu’il n’avait pas de place pour une femme dans son existence. Peut-être parce qu’il sait qu’il doit mourir et ne veut pas laisser une veuve dans le besoin derrière lui. Peut-être parce qu’il sait qu’une famille serait, de la part des autorités, un moyen de pression sur lui. Ou peut-être tout simplement parce qu’il n’en a pas envie. En tant qu’homme entier, pleinement en possession de ses moyens, s’il n’exprime aucun dégoût ni aucune répulsion à l’endroit des femmes, il a en revanche conscience qu’il n’a pas besoin de la fréquentation d’une femme pour se définir. A ce titre, on peut à bon droit le considérer comme un MGTOW.

Et malgré tout cela, oui, il y a chez Jésus de la gentillesse, de la bonté, de la miséricorde pour les faibles. Mais le mot-clef, ici, est malgré : ces qualités de compassion et d’amour viennent en plus. Elles enrichissent la personnalité d’un être qui, par ailleurs et avant tout, est un parangon de vertus viriles. Car Jésus incarne la force et la volonté, la méfiance vis-à-vis des autorités et la recherche de la vérité, le mépris pour les puissances d’argent et le goût de la frugalité, le sens du sacrifice et celui de la justice. A ces titres, il peut légitimement être considéré, quelles que soient nos croyances par ailleurs, comme une figure inspirante, un véritable modèle masculin, au même titre qu’Achille, Samson ou Joseph. Il est également urgent, pour tout croyant, de se réapproprier le message des Évangiles et de le considérer pour ce qu’il est : un texte fondamentalement, et éternellement, subversif. 

Illustrations : Alex Woods Andrew Itaga William Wendling Stefan Kunze Josh Applegate

Martial
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