Journée Internationale des Hommes 2018 : un bilan

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Journée internationale des hommes 2018

La journée du 19 novembre, Journée Internationale des Hommes, a été l’occasion d’observer un certain nombre de phénomènes. Certains étaient attendus, d’autres ont été plus surprenants. Le bilan, dans l’ensemble, s’il demeure mitigé, n’en est pas moins intéressant à bien des égards.

Journée Internationale des Hommes : une mobilisation (in)certaine

Le premier constat, c’est que la mobilisation, à l’échelle internationale, a été au rendez-vous. De beaux contenus ont été partagés, et, peut-être, certaines personnes ont-elles été touchées par les problématiques masculines. En France, cependant, la mobilisation a été plus faible : si une poignée d’acharnés ont fait savoir sur tous les toits quel était le sujet du jour, ils demeuraient peu nombreux. Le fait est que la France, et l’Europe Occidentale en général, est en retard sur les États-Unis, en matière de prise de conscience de la réalité et de l’urgence des problématiques masculines.

Un événement éclipsé

Autre fait, ou plutôt non-fait marquant : le silence assourdissant des grands médias comme du gouvernement quant à cette journée. Ainsi, le Secrétariat d’État à l’Égalité entre hommes et femmes n’a-t-il pas émis un seul mot ni un seul communiqué au sujet de cette journée. La plupart des chaînes de télévision et de radio ont préféré concentrer leurs sujets sur la Journée Internationale des Toilettes, qui a lieu le même jour. Seuls deux médias d’importance ont relayé l’information (même pas pour en parler vraiment en détails, juste pour dire que c’était la Journée Internationale des Hommes) : France Bleu d’une part, et NRJ, dans l’émission de Cauet, d’autre part. C’est faible. Mais c’est mieux que rien.

Il faut dire que l’actualité a joué en défaveur de la médiatisation de cette journée : Gilet Jaunes d’une part, mais aussi, et surtout, #Noustoutes et #Jemarchele24. Une marche contre les violences sexuelles n’est certes pas un événement que l’on peut déconsidérer, ni mépriser, le problème étant réel. Mais force est de constater qu’alors que la manifestation n’avait pas particulièrement, jusques là, les faveurs des grands médias, la tendance s’est inversée ce lundi. Sous une avalanche de pathos larmoyant, le sujet masculin a été éclipsé. Dans le même temps, tout temps d’antenne consacré à cette marche n’a pas été consacré aux Gilets Jaunes, ni à dire que le pays était dans un climat pré-insurrectionnel. Diviser les luttes, effacer les revendications masculines et, dans le même temps, limiter l’audience des Gilets Jaunes : une fois encore (et ce n’est ni la première, ni la dernière fois), un mouvement féministe partant très certainement d’une base sincère a joué l’idiot utile du pouvoir. Quelques Unités de Bruit Médiatique en moins pour les Gilets Jaunes, c’est toujours ça de pris, au profit d’une manifestation qui, elle, ne menace en rien le sommet. Quant à l’effacement de la Journée Internationale des Hommes, s’il ne s’agissait sans doute pas d’un objectif, c’était néanmoins un bénéfice collatéral : malgré sa faible représentation, elle portait tout de même le risque d’un accroc, aussi minime soit-il, à la narration gynocentrique courante.

Faut-il y voir une forme de complot ? Non. Mieux vaut, en ce genre de cas, user du Rasoir d’Hanlon : il est bien plus probable qu’il s’agisse de bêtise que de malveillance au sens strict. C’est en ce genre de cas que la phrase de Nietzche prend tout son sens : Il est inévitable, il est même juste, que nos vues les plus élevées prennent un air de folie, voire de crime, aux oreilles de ceux qui ne sont pas destinés à les comprendre. Une large part de la population (et la quasi-totalité du champ médiatico-politique) reste persuadée que, quoi qu’il arrive, un homme n’est jamais qu’oppresseur : il ne peut être victime, puisque c’est le méchant de l’histoire. Ou s’il est victime, c’est de masculinité toxique ; victime de sa propre nature, donc, et certainement pas d’une société qui lui renvoie en permanence son statut de citoyen d’arrière-plan et de seconde zone dans les dents.

Des réactions contrastées

Parmi les personnes qui n’étaient pas au courant de cette Journée Internationale des Hommes et en ont découvert les contenus ce 19 novembre, les réactions ont été variées. Si de nombreux hommes et quelques femmes ont manifesté leur soutien aux causes MRA et produit des contenus ou des témoignages touchants, mettant en particulier en lumière le rôle des pères et celui des époux, force est de constater que nombre de prises de parole ont été négatives : men are trash reste un slogan courant, y compris auprès des candauliques Chevaliers Blancs, toujours prêts à dégainer leur épée de lumière pour voler au secours de la victoire et défendre celles qui dominent déjà le débat. Mais qu’attendre d’autre de la part de Tarentules patentées ?

Conclusion

Si la journée ne nous a pas appris grand-chose, elle a été l’occasion de faire un certain nombre de constats :

  • Les causes masculines existent, et ont un retentissement partout dans le monde ; des groupes masculinistes, MRA, MGTOW et autres existent partout et sont actifs.
  • Plusieurs entreprises, dans leur communication, se sont emparées de la journée. A des fins de marketing, bien entendu. Mais c’est la preuve que les messages MRA commencent à prendre ici et là et qu’elles ne craignent plus d’y associer leur image. Evolution notable.
  • Il ne faut en revanche rien attendre des pouvoirs publics dans l’immédiat. Et c’est normal. Une narration gynocentrée étant à l’avantage du Marché et du Spectacle, il n’y a aucune raison pour que le pouvoir renonce à un outil aussi utile. Tant que la Jeune Fille sera occupée à traiter son copain d’oppresseur et que celui-ci sera occupé à ramper plus bas que terre pour se faire pardonner ce qu’il est, ils ne seront pas occupés à remettre en cause le véritable système d’oppression et de domination.
  • Le fait de ne rien attendre des pouvoirs publics est, d’ailleurs, l’attitude la plus raisonnable et la plus virile. Face à un monde qui récuse la virilité, qui fait du masculin le mal absolu et de son expression un problème, la survie passe par des solutions individuelles, locales ou de réseau, certainement pas par la chouinerie et la mendicité auprès d’un État qui montre, un peu plus chaque année, qu’il est indifférent à ce qu’il advient de la moitié de l’humanité. La male disposability a la peau dure. Aussi est-ce à chacun de prendre en main sa propre survie : d’abord en travaillant à sa propre amélioration personnelle, ensuite en tissant des réseaux de solidarité entre hommes conscients des réalités et dignes de confiance. C’est là tout le rôle et toute la mission de l’andropshère.

Pour finir sur une note plus légère : un grand merci au groupe MGTOW Nation, qui m’a adressé un diplôme d’appréciation pour le travail sur Néo-Masculin. Cela me touche.

Oui, bon, ils ont écrit en traçant les lettres à la souris. Mais c’est pas grave, ça fait plaisir.

Voilà donc pour la Journée Internationale des Hommes 2018. Dès demain, reprise des diffusions habituelles. Rompez.

Illustration : Matheus Ferrero

Martial
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