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Si la Jeune Fille a toujours, à un degré ou un autre, existé, sa généralisation dans le monde moderne a une histoire. Elle n’est pas surgie toute armée du crâne d’un monde occidental soudainement devenu dément mais est le produit d’une lente maturation.

De l’instruction publique au totalitarisme

Dans les années suivant immédiatement la Première Guerre Mondiale, commencent à se faire sentir les premiers effets délétères (du point de vue du capitalisme marchand dominant) de l’instruction obligatoire et généralisée. Jules Ferry en France, mais également des politiques similaires un peu partout en Europe et aux États-Unis, avaient en effet, dans les générations précédentes, tenté de répondre à l’un des besoins de l’économie, qui s’industrialisait et se complexifiait alors : celui d’une main-d’œuvre plus qualifiée qu’elle ne l’était jusqu’alors. Dans le même temps, il s’agissait, pour la Troisième République, de contrebalancer l’influence de l’Église sur les croyances et les considérations du peuple, en prenant officiellement et massivement en main l’éducation des masses. Mais également de contrer les avancées des mouvements socialistes, qui se souciaient déjà d’éducation populaire. En parallèle, d’authentiques soucis d’instruction et d’émancipation populaire ne sont pas à exclure.

Ce phénomène de massification de l’instruction populaire peut être mis en parallèle avec celui de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, en cela que s’il comprit effectivement d’indéniables bienfaits pour ceux qui en bénéficièrent, il n’était cependant pas, ou du moins pas intégralement, motivé par l’humanisme pur et simple. On éduqua les masses populaires parce qu’on avait désormais besoin d’employés plus éduqués, tout comme on autorisa l’expression politique des abolitionnistes à partir de l’instant où le modèle économique esclavagiste commença à être dépassé, notamment du fait de l’industrialisation.

Mais ce mouvement d’éducation généralisée ne fut pas dénué, pour les classes dirigeantes, de désavantages. Une population plus instruite, c’est également une population qui s’informe, qui lit les journaux, qui communique, bref : qui pense. Rien de plus dangereux qu’un peuple qui se met à penser. Et on ne peut tout de même pas exécuter 100 000 communards tous les ans, juste pour continuer à le tenir en laisse. Ces soucis à l’égard du peuple, d’ailleurs, se sont avérés fondés sur le long terme : proposez l’instruction à des populations jusqu’ici soumises, et vous aurez dans un premier temps des cadres efficaces, mais dans un second temps des révolutionnaires.

Après la saignée de 1914-1918, et sous la menace d’insurrections comparables à celles de la Russie de 1917 ou de l’Allemagne de 1918, il fallut donc trouver des moyens de contrôler ces populations nouvellement instruites, et qui plus est endurcies par le conflit. L’Union Soviétique, l’Italie fasciste, ou encore l’Allemagne nazie mirent en place de grands systèmes à la fois politiques dans leur objet et en partie religieux dans leur forme, qui surent, plusieurs décennies durant, canaliser les masses et leur énergie. Ces systèmes s’emparèrent de l’outil éducatif  (comme, du reste, de l’ensemble de l’État et de la société), avec l’objectif de former un Homme Nouveau, c’est-à-dire une humanité renouvelée, correspondant très précisément aux besoins du pouvoir. Quitte à se débarrasser manu militari de tous les récalcitrants, ou en tous cas de ceux qui étaient perçus comme tels. Ce désir de changer l’être humain afin de le faire entrer dans le moule du Parti, voire d’opérer des coupes strictes au sein des populations afin de jeter à la fosse commune tous ceux qui ne correspondaient pas à ce lit de Procuste, s’il est commun aux grands systèmes totalitaires, n’est pas pour autant absent de la stratégie qui, elle, fut adoptée par l’Occident libéral.

Une dictature souriante

Le système de domination qui fut à l’origine de la création de la Jeune Fille, en effet, choisit de s’appuyer non sur la force et le nombre, non sur un encadrement strict et évident de la population, mais sur, au contraire, une illusion de liberté individuelle et de choix personnel. L’uniformisation et le contrôle passa donc par la massification du narcissisme, plutôt que par le port d’un uniforme. Mais avec, au final, le même objectif, des méthodes similaires quant à la propagande de masse et des résultats approchants pour ce qui est de l’effet sur la psyché des individus. Allemagne, Russie et Italie avaient choisi l’option Orwell, l’Occident libéral préféra l’option Huxley.

Le système capitaliste commença donc une longue et lente invasion non seulement de la sphère de production (qui est son milieu naturel et avait toujours été sienne) mais aussi et surtout de ce qui est au-delà. En d’autres termes : la transformation en Marché d’éléments de la vie humaine qui jusqu’ici y échappaient. De ce mouvement, en cours aujourd’hui, (même s’il touche à sa fin, n’ayant plus grand-chose à dévorer), la Jeune Fille est à la fois la cible et le bon petit soldat.

La cible, parce qu’il s’agissait de convaincre des êtres qui différenciaient encore leur identité propre de celle de leur travail rémunéré de se soumettre à la logique du capital, et ce même en dehors de ce travail. Cette Jeune Fille-là était réellement fille, et bien souvent jeune, du moins dans les premiers temps. Convaincre les femmes de s’intégrer dans le monde du travail fut en effet une priorité.

bourgeoise oisive jeune fille

La bourgeoise oisive, qui confond son ennui avec de l’aliénation, voire de l’oppression, fut la première incarnation moderne de la Jeune Fille. Mais celle-ci s’incarne désormais partout.

S’intégrer au monde du travail ne signifiait pas se mettre à travailler : à l’exception de la poignée de riches oisives qui ont pris, par désœuvrement et par envie d’emmerder leur père (lire les Mémoires d’une jeune fille rangée, de Simone de Beauvoir, est très éclairant en la matière), la tête des mouvements féministes d’alors, les femmes ont toujours travaillé. Et il faut être idiote comme seule une jeune bourgeoise qui s’ennuie peut l’être pour penser que le travail puisse, à quelque niveau que ce soit, être libérateur. Mais le travail n’est pas le monde du travail. Et si les femmes travaillaient déjà, et depuis la nuit des temps, elles n’avaient pas encore réellement intégré ce monde du travail, c’est-à-dire ce nouvel ensemble culturel, dans lequel l’individu se trouve pris en charge, non seulement dans son boulot et dans son métro (ses déplacements), mais aussi dans son dodo, c’est-à-dire dans ses repos, dans ses loisirs, créés non pour lui mais pour qu’ils s’y perde et s’y abrutisse, dans ses goûts uniformisés, ses opinions manufacturées en usine, ses envies fabriquées à la chaîne. Ce n’est pas par hasard que ce début du Vingtième Siècle vit l’émergence des grandes firmes de public relations, ou encore l’épopée professionnelle d’un BernaysPire encore : non seulement elle n’y étaient pas intégrées, mais elle constituaient, pour les hommes (qui, eux, y étaient déjà soumis), des îlots de répit, des safe spaces hors de ce monde normalisé, qu’ils fréquentaient quotidiennement, au bureau ou à l’usine. Espace familial, tranquillité conjugale … autant de domaines dans lesquels, l’argent ne circulant pas ou peu, le Marché se morfond. Il était temps de remédier à tout cela.

jeune fille

L’enjeu était de transformer une partie encore non concernée par le Marché de la population en consommatrice compulsive. Et pour cela, il fallait détruire jusqu’au dernier atome de ses principes et des ses structures intellectuelles et morales.

Aucun complot n’est nécessaire

On aurait cependant tort de voir un complot là où il n’est pas nécessaire. Il n’y eut aucun complot. Quand Bernays parvint à faire fumer les femmes en les convaincant que les clopes sont des flambeaux de la liberté, il ne songe pas à un plan d’ensemble de conquête de la réalité par le marché : il ne cherche qu’à étendre le nombre de consommateurs des produits de ses clients, en l’occurrence l’industrie du tabac. De même, Gleeden aujourd’hui ne représente pas une volonté délibérée de saper ce qui reste encore de l’institution conjugale, mais bien une simple tentative de racler un maximum d’argent à partir d’une situation qui existe déjà. Certes, la commercialisation d’un tel service va avoir des effets sur la société dans son ensemble. Mais dans un système de libre marché absolu, qui n’est tempéré par aucune forme de moralité et où seul le résultat en fin d’année compte, une telle considération est dénuée de sens.

On flatta donc le narcissisme et l’individualisme, on exalta la liberté de consommer, on encouragea l’individu à se définir non plus par sa famille, son clan ou sa nation, mais bien par son travail, son argent, ses possessions. Et tout cela se fit au grand jour, au vu et au su de tous : alors que les sociétés d’Ancien Régime refusaient d’accorder la sépulture chrétienne aux comédiens, en raison du fait que le mensonge était leur métier, dans la société moderne, communicants, publicitaires et spin doctors devinrent des hommes d’affaires respectables. Et on exalta la figure de la star de cinéma, c’est-à-dire de l’être sans identité propre, que l’on confond, fondamentalement, avec les masques qu’il porte. Rien ne fait plus rêver la Jeune Fille que l’idée de devenir une telle star, et donc un être sans substance ni profondeur, qui n’existe que parce qu’il adopte des identités factices. Signe des temps.

acteur jeune fille

L’acteur, c’est-à-dire, si on s’attache à l’aspect le plus basique des choses, l’être le plus superficiel, le plus faux, le plus inutile et le plus creux, a été promu comme l’exemple à suivre, l’incarnation du succès.

Une sacralité revisitée

Alors que les totalitarismes réinventaient et renouvelaient la notion de sacré, le libéralisme marchand, lui, choisit de désacraliser intégralement. Ou, si l’on préfère, de sacraliser le Marché et de lui offrir le monde. La notion de sacré, en effet, se nourrit de la notion de séparation. L’hébreu kadosh, qui évoque la sainteté, la sacralité, signifie séparé ou distinct. Il n’y a de sacralité que tant qu’elle se différencie du profane. Que tout devienne profane ou tout devienne sacré revient au même : dans les deux cas, la notion disparaît. Tandis que les systèmes totalitaires embrassaient cette notion et engendraient de nouveaux mythes identitaires (et identifier, c’est différencier), le monde libéral, lui, créait le mythe de la fin des mythes. Il substituait aux grandes idéologies des mythologies (au sens que Roland Barthes donne à ce terme) inédites, des icones d’un genre nouveau : la bagnole, la télé, la réussite personnelle, la recherche du bonheur individuel, perçu exclusivement comme une quête de la réalisation de ses ambitions matérielles. Le roman American Gods, de Neil Gaiman, ne parle pas d’autre chose.

On massifia donc tout autant que dans les régimes totalitaires, mais au nom du libre choix de chacun. Les rouges et les bruns glorifièrent le groupe pour mieux rassurer l’individu qui s’y coule et s’y conforme. La société de Marché glorifia l’individu pour mieux le faire entrer dans un moule unique. Le thuriféraire du Führer et celui du Petit Père des Peuples ont en commun de croire que le sacrifice de leur individualité fera grandir la Cause et garantira le bonheur général. Le serviteur du Marché pense qu’en recherchant son propre bonheur matériel, il découvrira les pans de son individualité qui semblent lui échapper, alors même que c’est en se plongeant dans la consommation qu’il les perd : il est donc contraint à une forme de fuite en avant vers toujours plus, ne serait-ce que pour éviter de trop regarder en arrière. Mis au centre de sa propre existence, élevé comme une idole, l’esclave du Marché et du Spectacle se trouve donc dépourvu de toute structure à laquelle il puisse se raccrocher. Il n’y a que lui. Il est le centre de tout.

Cette dévoration de l’être individuel par le Marché se poursuit d’ailleurs jusque dans l’intimité : ainsi commence-t-on alors à faire des comptes d’apothicaire. On parle, concernant les femmes au foyer, de travail non rémunéré et on y voit là un problème : avec les meilleures intentions du monde, on laisse entrer le loup dans la bergerie, en acceptant l’idée que l’argent peut contribuer à évaluer l’équilibre ou la validité des relations intimes et familiales. On donne une valeur monétaire aux soins du foyer. C’est-à-dire à la vie, à la procréation, à la transmission. L’argent, d’ailleurs, devient le maître étalon de tout. Alchimiste universel, il l’a toujours été. Mais il se transforme dès lors en repère moral.

Les petites soldates du Spectacle

Et pour garantir cela, on usa, et massivement, des femmes, et en particulier des féministes (c’est-à-dire, pour l’essentiel, des bourgeoises) comme instrument de conquête. A ces oisives, le capital va parvenir à faire croire que les aliénations masculines sont en réalité des libertés dont elles sont injustement privées. Ainsi les fera-t-on fumer, étudier, travailler, et revendiquer tout cela comme des droits.

Il est rarissime, dans l’histoire des sociétés, qu’un groupe privilégié soit assez désintéressé ou assez stupide pour renoncer spontanément à ses privilèges. C’est pourtant ce qui est arrivé en cette occurrence. Et il a suffi pour cela de faire croire à ses membres que les véritables privilégiés étaient ceux qui trimaient sous la tutelle du Marché. Que l’homme qui travaillait huit heures par jour et plus pour les loger, les nourrir, les vêtir, qui était le bouclier entre elles et le monde, n’était pas leur serviteur, mais bien leur oppresseur. Pour reprendre l’exemple de l’abolition de l’esclavage : c’est un peu comme si on avait tenté de convaincre les Blancs de Louisiane, dans les années 1860, qu’en réalité tout leur système économique n’existait qu’au bénéfice des Noirs. Et qu’ils y aient cru.

Le temps que les plus fines se rendent compte de leur erreur (les plus sottes ne s’en sont toujours pas aperçues, quatre générations plus tard), le piège s’était déjà refermé sur elles : les seuls êtres humains occidentaux dont l’activité ne répondait pas aux diktats du Marché et de la Consommation y étaient désormais soumis. Et ceci dans la joie, et avec le sentiment non d’avoir perdu quoi que ce soit, mais bien d’avoir gagné la partie. Un hold-up dans lequel la victime, non seulement tient son voleur pour quitte du larcin, mais en plus le remercie de l’avoir dépouillée, et même se félicite d’être ainsi débarrassée du poids de ses possessions de jadis, cela ne se voit pas tous les jours. Habituellement, cela relève plutôt des méthodes des sectes.

Les étapes de la conquête

On sait qu’un conditionnement est efficace quand la victime s’y soumet non seulement volontairement, mais avec un sentiment de vertu. Le conditionnement dont firent l’objet les femmes des couches éduquées occidentales fut remarquable d’efficacité. Non seulement, dans un premier temps, elles cumulèrent bientôt les charges qui étaient traditionnellement les leurs (entretien de la maison et du foyer, éducation des enfants, maintien du lien social…) avec les devoirs d’un bon petit soldat du Capital (travail, dettes, dépenses…) mais elles en vinrent même à renoncer, peu à peu, à leurs prérogatives ancestrales, afin de mieux contempler le miroir aux alouettes du Marché. Ainsi vit-on apparaître, à partir de la fin du vingtième siècle, des générations de femmes qui, renonçant à la maternité ou la repoussant jusqu’à un tel point que cela valait renoncement, préféraient se concentrer sur leur carrière, comme si celle-ci constituait un objectif en soi, un but ontologique. Comme si les (rares) satisfactions de la vie professionnelles pouvaient se comparer de quelque manière que ce fut à la joie d’avoir et d’élever une descendance saine et heureuse. Comme si le travail avait perdu son statut initial de moyen d’obtention de ressources, et était devenu le but d’une vie.

homme jeune fille

La Jeune Fille n’est pas un concept sexué : bien qu’effectivement né d’abord parmi les femmes, cet archétype a très largement envahi les hommes également, depuis. Le bodybuilder amateur de selfies n’est pas moins Jeune Fille que la cagole Snapchat.

Le monde de la Jeune Fille

La Jeune Fille est l’enfant de ce monde. Désormais générale, omniprésente, de tout âge et de tout sexe, elle a été vomie par une société dans laquelle le Marché est tout, l’argent est roi, le sacré est mort et l’individu a remplacé à la fois Dieu, le Roi, la Raison, la Nation et la Lutte des Classes. Elle est l’Homme Nouveau rêvé par un totalitarisme certes souriant, mais non moins tyrannique que les autres. Elle est le serviteur parfait de l’idéologie du Marché et du Spectacle. Légère, séductrice autant qu’elle est séduite, idiote, capricieuse, inculte, inconséquente, elle n’a du monde qu’une approche purement esthétique. Elle adhère aux idées et aux opinions qui lui semblent la valoriser, sans se soucier ni de leur cohérence, ni de leur conséquence. Et après tout, pourquoi le ferait-elle, puisque ces idées ne sont que des oripeaux, des costumes dont elle se vêt ou se dévêt selon les circonstances et les besoins ? L’illusion de la liberté, et le culte qu’elle voue à cette illusion, lui donnent le sentiment qu’elle s’est dégagée des mythes anciens et qu’elle mène une vie émancipée, alors même que cela l’empêche seulement de voir les barreaux de sa cage. Fascinée par l’infinie contemplation de son propre nombril, elle vit en être poreux, en éponge, traversée par les courants et les flux du Spectacle. Elle est spectatrice autant qu’actrice, exhibitionniste autant que voyeuse. Elle considère le passage d’un panopticon à un cathopticon (une architecture dans laquelle chacun surveille tout le monde, et où la pudeur disparaît) comme un progrès décisif pour l’humanité, et pour elle en particulier.

Elle est le bon petit soldat, bien entré dans le moule, bien lisse, bien obéissant, bien normalisé. Et un petit soldat d’autant plus efficace qu’elle est convaincue de ne pas l’être : sa propre singularité est au centre de ses considérations, sa certitude de ne pas être comme tout le monde est son uniforme. Après de longues années de formation, au cours desquelles il a fallu déconstruire les cadres antérieures, c’est-à-dire détruire tout ce qui, chez les individus, pouvait encore faire obstacle à une totale soumission au Marché, nous vivons actuellement l’Âge d’Or de la Jeune Fille.

Illustrations : freestocks.org Stephany Lorena Artem Kim Avel Chuklanov James Barr

Martial
Martial
Martial ayant appris à tirer à l'école des Stormtroopers impériaux, il a fini par prendre conscience que la carrière militaire n'était pas pour lui. Depuis, il diffuse sur Internet sa haine et sa frustration à l'encontre de ces p*** de rebelles et de l'incompétence des ingénieurs de l'Empire. Actuellement, il dirige Neo-Masculin, collabore à École Major et participe au Bistrot des Gentilshommes

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