Le père et la famille : quelques informations précises

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Le rôle de père est un rôle sacré

La fête des pères vient de s’achever. Moins médiatisée que la fête des mères, cette date doit pourtant rappeler combien l’influence paternelle peut être cruciale, tant sur la famille que sur l’enfant. Pour qui aurait encore besoin de s’en convaincre, quelques chiffres et études scientifiques pourront aider à se faire une idée précise non seulement de l’importance du père, mais également de la catastrophe sociale que représente, à l’heure actuelle, leur absence dans un nombre toujours croissant de familles.

Quelques éléments de base pour poser les choses

Contrairement à ce que l’on croit parfois, les familles sans père sont plus courantes en France qu’aux États-Unis : ainsi, en 2014, on estimait que 41% des grossesses aux États-Unis avaient lieu hors de tout couple stable, contre 50% en France. Or il a été clairement établi qu’il existe un lien très fort entre les familles créées hors couple stable et le maintien dans la pauvreté de ces familles (plus d’informations ici). Par ailleurs, les risques de grossesse durant l’adolescence pour les filles issues de familles sans père sont supérieurs de 111% aux risques encourus dans les familles à deux parents.

Les enfants venus de famille sans père ont, bien plus que les autres, tendance aux comportements à risque : sexualité précoce, usage de drogue, alcoolisme précoce, délinquance. Il y a également un lien étroit entre l’absence d’un père durant l’enfance et les tendance suicidaires ou les pratiques d’autodestruction durant l’adolescence et le début de la vie adulte (scarifications, tatouages, piercings en grand nombre, mutilations, anorexie, boulimie). Au sein des populations les plus pauvres (comme les populations noires aux États-Unis), où l’absence du père est aggravée par les difficultés économiques et autres handicaps sociaux, le statut marital des parents peut prédire, de manière à peu près systématique, les risques pour que l’enfant soit délinquant, boive ou se drogue durant l’adolescence.

Bien entendu, la seule présence d’un père ne suffit pas, par magie, à équilibrer la personnalité d’un enfant : un père drogué, violent, criminel, alcoolique ou souffrant de troubles psychologiques peut avoir un impact très négatif sur l’enfant. Mais c’est également le cas d’un père présent mais trop distant, non impliqué dans une relation amoureuse avec la mère, ou tout simplement peu concerné par le développement de l’enfant : ces éléments constituent eux aussi des facteurs de risque considérables.

La présence ou l’absence d’un père, la présence ou l’absence d’une famille harmonieuse, influent à tel point sur la psyché de l’enfant (et donc du futur adulte) que certains chercheurs en sont aujourd’hui à tirer la sonnette d’alarme : ainsi, Vittorio Carlo Vezzetti affirme-t-il que le traitement purement juridique de la question par les États contemporains est une erreur ; il s’agit d’un problème de santé publique, qui d’après lui devrait avant tout être considéré comme tel.

Sources :

  • Biological Father-Child Relations: Paternal Deprivation – Laura McLuckey, MSW, LCSW – Cinahl Information Systems, Glendale, CA – 2015 : consulter ici
  • New approaches to divorce with children: A problem of public health –  Vittorio Carlo Vezzetti – Health Psychology Open – 2016 : consulter ici
  • “Brenda’s Got a Baby”, Black Single Motherhood and Street Life as a Site of Resilience in Wilmington, Delaware-Brooklynn – K. Hitchens, Yasser Arafat Payne – Journal of Blmack Psychology – 2015 : consulter ici
rôle du père

Le père a un rôle structurant dans la construction de la personnalité de l’enfant.

Les enfants sans père sont moins sûrs d’eux, plus angoissés et plus obèses

En 2006, Susan Golombok (Centre de Recherches sur la Famille, Cambridge), Fiona Tasker (Psychologie, Birkbeck University, Londres) et Clare Murray (Psychologie, Cambridge) ont étudié l’impact que pouvait avoir l’absence d’un père sur le développement psychologique et cognitif de l’enfant. Les familles sur lesquelles elles se sont penchées étaient composées pour moitié de familles monoparentales (mère isolée) dont le père était absent depuis la naissance de l’enfant, et pour moitié de couples lesbiens. Le groupe-témoin était composé de familles hétérosexuelles classiques, à deux parents, sans divorce ni recomposition en cours d’enfance. Plusieurs entretiens ont eu lieu avec chaque enfant, afin de mesurer ses capacités cognitives, sa santé psychologique générale et son bien-être émotionnel.

Les résultats ont montré que les enfants issus de familles uniquement féminines développaient en général un lien plus étroit avec leur(s) mère(s) que ceux issus de familles classiques : ils étaient plus fusionnels et recherchaient davantage d’interaction avec elle(s) mais avaient également plus de mal à quitter leurs jupons. Ceux, en revanche, qui provenaient de familles classiques, se percevaient eux-mêmes comme plus compétents et capables d’affronter le monde par eux-mêmes (même quand ce n’était pas effectivement le cas), plus sûrs d’eux et plus indépendants sur le plan émotionnel. Les enfants issus de couples lesbiens montraient les mêmes signes que ceux issus de familles monomaternelles, à cela près que leur recherche d’interactions et de fusion était plus importante encore.

Bref : ce que montre cette étude, c’est que le rôle d’un père, ce n’est pas uniquement de verser une pension alimentaire et que non, contrairement à ce qu’affirme la doxa actuelle, deux mamans, ça ne fait pas le même boulot qu’un papa et une maman. Attention : les enfants issus de familles monomaternelles ou de couples lesbiens étudiés par Golombok, Tasker et Murray n’étaient pas dans des états qu’on pourrait considérer comme pathologiques. Ils étaient seulement moins sûrs d’eux et moins indépendants que la normale de leur âge. Par ailleurs, c’est vraisemblalement l’absence de père, et non la sexualité de la mère, qui a un impact sur la psychologie de l’enfant. C’est en tout cas ce que laissent à penser un certain nombre d’études; celles-ci ayant été publiées dans des journaux militants (tels que le Journal of Homosexuality), et non dans des publications réellement neutres en la matière, la prudence reste de mise, même si, dans l’ensemble, les indices semblent plutôt concorder dans cette direction.

En ce qui concerne les familles homosexuelles, il semblerait que les enfants élevés en leur sein ne diffèrent pas (hormis comme indiqué ci-dessus) de manière significative de ceux élevés dans des familles hétérosexuelles; en revanche, le trauma de la décomposition/recomposition d’une famille pourrait être accentué dans le cas où l’un des parents, connu comme hétérosexuel par les enfants, refait sa vie avec une personne du même sexe. Ces données portant sur un sujet sensible et qui a fait énormément débat ces dernières années, les publications réellement crédibles en la matière sont cependant rares et il faut se montrer prudent dans leur usage : un grand nombre d’études sont biaisées, en faveur d’une thèse ou d’une autre, selon l’idéologie de leur auteur. Dans une autre de leurs études, Golombok, Tasker et Murray ont toutefois observé que les enfants issus de couples lesbiens, s’ils étaient (comme le reste de la population) très majoritairement hétérosexuels, avaient plus tendance que les autres à expérimenter des sexualités « hors normes » durant leur adolescence et leur vie de jeune adulte, ce qui peut indiquer aussi bien une plus grande ouverture et curiosité en la matière sans problème par ailleurs que des soucis majeurs de structuration de l’identité et de la sexualité. Il n’y a toutefois que trop peu d’études fiables en la matière pour se prononcer clairement en la matière, ni tirer des conclusions définitives.

Par ailleurs, une étude plus ancienne (Jacoby & Altman, 1975) a identifié depuis longtemps un lien étroit entre l’absence de père et la tendance à l’obésité : les enfants issus de famille sans père ont, bien plus que les autres, tendance à se sur-alimenter et/ou à utiliser la nourriture comme méthode pour calmer leurs angoisses. La tendance est plus marquée en cas de veuvage de la mère qu’en cas de divorce mais elle reste présente dans tous les cas.

Sources :

  • Children Raised in Fatherless Families from Infancy: Family Relationships and the Socioemotional Development of Children of Lesbian and Single Heterosexual Mothers – Susan Golombok, Fiona Tasker, Clare Murray – Cambridge University – 2006 : consulter ici
  • Influence of some social and environmental factors on the nutrient intake and nutritional status of schoolchildren –  A JacobyD G AltmanJ CookW W HollandA Elliott – PubMed – 1975 : consulter ici
Petite fille sans père

Les enfants sans père sont plus angoissés, moins rationnels et moins mûrs que les autres.

Les enfants sans père sont moins intelligents et réussissent moins bien à l’école

L’étude Sutherland (2012) s’est penchée sur des cohortes d’enfants issus de familles sans père, comparés à ceux de familles avec père. La taille de chaque famille a également été prise en compte. En effet, la théorie de base voulait que l’intelligence (mesurée par le QI) des enfants pouvait être influencée par la taille de la fratrie : plus la fratrie est grande, moins les parents ont de temps pour s’intéresser au développement de chaque enfant individuellement, et plus l’intelligence moyenne de chaque enfant est basse (on aurait affaire à une mise en pratique concrète des effets des stratégies reproductives r et K). Bien que l’étude ait constaté que ce phénomène existe bel et bien, elle a surtout révélé que le facteur taille de la fratrie avait beaucoup moins d’influence sur le développement intellectuel de l’enfant que le facteur présence ou absence d’un père. Les enfants ne bénéficiant pas de la présence d’un père étaient constatés, en moyenne, sensiblement moins intelligents que les autres.

Cette étude est à rapprocher de celle de Marybeth Shinn (1978), qui indiqua que les enfants issus de familles sans père souffraient pour la plupart de retards cognitifs, comparés à ceux de familles intactes. L’influence d’une mère très présente et très impliquée pouvait limiter ce manque mais pas réduire à néant le handicap.

Une autre étude, datée de 2007, s’est quant à elle intéressée aux résultats scolaires, notamment dans l’enseignement supérieur, des familles monoparentales. Elle a tenté de comparer les résultats scolaires avec le sexe de l’enfant et celui du parent. Quatre cas étaient donc étudiés : fille et père, fille et mère, fils et père, fils et mère. Le résultat est sans appel : ce sont les familles monoparentales avec père qui produisent les meilleurs résultats scolaires, quel que soit le sexe de l’enfant. Et le duo le plus performant est la combinaison fille et père (qui cumule les avantages de la présence d’un père et les facilités classiquement attribuées aux filles dans le domaine de la scolarité), suivi par fils et pèrefille et mère et enfin fils et mère, bon dernier. Aucun de ces duos, toutefois, ne parvient aux mêmes résultats qu’une famille intacte et unie.

Sources :

  • The Relationship Between I.Q. and Size of Family in the Case of Fatherless Children – H.E.G. Sutherland – Edinburgh University – Pedagogical Seminary and Journal of Genetic Psychology – 2012 : consulter ici
  • Father absence and children cognitive development – Marybeth Shinn –  Psychological Bulletin – 1978 : consulter ici
  • Effects of Parent’s Gender, Child’s Gender, and Parental Involvement on the Academic Achievement of Adolescents in Single Parent Families – Sang Min Lee, Jason Kushner, Seong Ho Cho – Université de Séoul – 2017 : consulter ici
Père et bébé

Le père contribue à construire le rapport de l’enfant au monde, et ce dès ses premiers jours.

Les filles sans père se détournent de la spiritualité

L’étude de Paul Handal et John Lace (2016) a porté sur le rapport à la spiritualité et à la religion de jeunes gens, en comparant les familles dont ils sont issus. Comme c’est le cas dans tous les cas, les filles ont montré, en moyenne, un intérêt pour la spiritualité et la pratique religieuse supérieur à celui des garçons (il s’agit là d’une tendance commune, et qu’on retrouve dans tous les pays et au sein de toutes les cultures).

Concernant les garçons, leur intérêt personnel pour la spiritualité ne variait pas, qu’ils proviennent d’une famille avec père ou d’une famille sans père. Un divorce récent de leurs parents n’affectait pas leur rapport à la foi. En revanche, chez les filles, l’impact était important : les filles issues de familles intactes montraient pour la religion, et la spiritualité en général, un intérêt plus marqué, plus profond et plus sincère que celles issues de familles décomposées et recomposées. Et visiblement, dans un grand nombre de cas, le divorce de leurs parents avait suffi, pour plusieurs d’entre elles, à leur faire perdre la foi. Or il a été démontré (Baylor University, 2013) que, parmi les jeunes gens, ceux qui ont une pratique religieuse régulière ont en moyenne moins tendance à commettre des crimes ou à se livrer à la délinquance que ceux qui n’en ont aucune (et ce pour des raisons évidentes : la religion crée une architecture de valeurs morales permettant de soutenir un Sur-Moi éventuellement défaillant).

De plus, la pratique religieuse d’une femme est un élément fortement corrélé à sa stabilité affective et relationnelle (Wolfinger, 2016) : les femmes adultes ayant les pratiques religieuses les plus régulières sont également celles qui, en moyenne, forment les familles les plus stables et structurées et ont le moins de partenaires différents au cours de leur vie.

Sources :

  • Differential Effects of Family Structure on Religion and Spirituality of Emerging Adult Males and Females – Handal & Lace – Journal of Religion and Health – 2017 : consulter ici
  • ‘Spiritual’ young people more likely to commit crimes than ‘religious’ ones – Baylor University – 2013 : consulter ici
  • Counterintuitive Trends in the Link Between Premarital Sex and Marital Stability – Nicholas H. Wolfinger – Institute for Family Studies – 2016 : consulter ici
Petite fille et père

Dans les divorces, on tend souvent à associer les filles à leur mère et les fils à leur père. C’est un tort : les petites filles ont besoin de leur père, parfois même davantage que les petits garçons.

Le père et ses substituts

Dès 1976, Harvey Oshman et Martin Manosevitz ont montré que l’absence d’un père durant la petite enfance pouvait encore être mesurée psychologiquement (anxiété, troubles cognitifs) chez l’enfant (surtout l’enfant masculin) jusque tard dans la vie, même si un beau-père avait pris en charge le rôle paternel entre-temps.  Leur étude, qui avait porté sur plus d’une centaine d’étudiants à l’université, avait montré que ceux qui avaient été élevés dans une famille avec père présent étaient significativement plus calmes, sûrs d’eux-mêmes et équilibrés que ceux n’ayant pas été élevés par leur père. Parmi ce deuxième groupe, toutefois, les effets délétères étaient considérablement limités (mais jamais absents) si, assez tôt dans leur vie, un beau-père avait assumé le rôle de pater familias. L’influence du beau-père, cependant, était limitée par la durée de sa présence : ainsi, ceux qui étaient présents dès la toute petite enfance avaient la même influence réelle qu’un père biologique. Mais ceux arrivés plus tard dans la famille, s’ils pouvaient limiter considérablement les dégâts, ne pouvaient pas non plus faire de miracles. La stabilité de la famille était également un facteur majeur : ainsi, au-delà de deux beau-pères présents successivement au cours de l’enfance et de l’adolescence, les bienfaits de la présence paternelle étaient considérablement amoindris.

Dans le cas où l’absence du père est compensée par la présence accrue de grand-parents (notamment si l’enfant réside chez eux), l’étude de Jonas Radl (European Journal of Population, 2017) a montré que les troubles persistaient. Au même titre que le beau-père, les grand-parents amoindrissent les effets délétères mais ne les suppriment pas. Leur influence est même généralement moindre que celle d’un beau-père, pour diverses raisons (anachronisme relatif avec les préoccupations de l’enfant, tendance à être plus « coulants », etc.).

Bref : mieux vaut un beau-père ou un grand-père que pas de père du tout. Mais mieux vaut tout de même un père.

Sources :

  • Father absence: Effects of stepfathers upon psychosocial development in males – Oshman & Manosevitz – Developmental Psychology – 1976 : consulter ici
  • Does Living in a Fatherless Household Compromise Educational Success? A Comparative Study of Cognitive and Non-cognitive Skills – Jonas Radl – European Journal of Population – 2017 : consulter ici
père de substitution

Faute de père, un oncle, un grand-père ou un beau-père peuvent contribuer à limiter les dégâts. Mais seulement à les limiter.

Le père exclu

Dans le cas de pères dits « non-résidents » (c’est-à-dire qui ne partagent pas la vie quotidienne de leurs enfants et ne les voient qu’au cours de brèves visites), l’étude Can dads make a difference? (Valarie King, 1994), indique que l’influence sur le développement de l’enfant est très limitée : leurs interactions avec leur descendance sont trop rares pour réellement contribuer à les structurer et les familles de ce type se rapprochent très fortement, en ce qui concerne les troubles détectés chez les enfants, de celles sans père du tout. La faible influence du père ainsi exclu de l’éducation est toutefois plus significative sur les garçons que sur les filles (Amato, 1994). Cet effet tend toutefois à se renforcer avec le temps : s’il est très faible pour les enfants en bas âge, il devient en revanche de plus en plus fort au fur et à mesure que l’enfant grandit (King & Sobolewski, 2005), jusqu’à devenir déterminant pour les adolescents (des deux sexes).

Sources :

  • Nonresident Father Involvement and Child Well-Being: Can Dads Make a Difference? – Valarie King – Journal of Family Issues – 1995 : consulter ici
  • Contact with Nonresident Parents, Interparental Conflict, and Children’s Behavior – Paul R. Amato, Sandra J. Rezac – Journal of Family Issues – 1994 : consulter ici
  • Nonresident Fathers’ Contributions to Adolescent Well‐Being – Valarie King, Juliana M. Sobolewski – Journal of Marriage and Family – 2006 : consulter ici
Enfant sans père

Il y a des familles sans père qui relèvent de l’accident de la vie, et c’est tragique. D’autres qui relèvent du choix, et c’est irresponsable.

Le père et la société

L’approche traditionnelle de la famille insiste sur le rôle du père en tant que facteur de normalisation et de socialisation de l’enfant, et d’apprentissage de son rapport à la loi et aux règles communes. Plusieurs études viennent confirmer cette vision des choses. Ainsi, l’étude Siu Kwong Wong (2017) a récemment montré que si un grand nombre de jeunes gens ou adolescents délinquants étaient issus de familles monoparentales, ceux issus de familles à mère célibataire étaient sur-représentés (même en tenant compte du fait qu’il y a davantage de mères célibataires que de pères célibataires). Une théorie courante en la matière voulait que ce lien (connu depuis longtemps) s’explique par le fait que, la délinquance étant fortement corrélée à la pauvreté, et les familles monoparentales à mère célibataire ayant généralement des revenus moindres que celles à père célibataires (car les pères célibataires, qui, pourtant, souffrent des mêmes contraintes que les mères, sont bien plus nombreux à travailler et parviennent à obtenir des revenus bien supérieurs), les enfants de mères célibataires sont plus délinquants parce que plus pauvre. Siu Kwong Wong, cependant, a comparé des familles monoparentales à revenus équivalents, et établi que la seule analyse économique ne pouvait être considérée comme valable.

Source :

  • The effects of single-mother and single-father families on youth crime: Examining five gender-related hypotheses – Siu Kwong Wong – Brandon University, Manitoba, Canada – International Journal of Law, Crime and Justice – 2017 : consulter ici
le rôle du père

Le rôle du père est important tout au long de l’existence. Mais il est particulièrement critique à l’adolescence.

Ce que tout cela nous dit

Quand on n’a pas un bon père, on doit s’en donner un.
Friedrich Nietzsche

Tous ces éléments tendent à indiquer, globalement, que Vezzetti a raison : l’épidémie de familles sans père n’est pas seulement un problème familial, ni même juridique. Elle impacte fortement notre société, de son taux de criminalité aux structures mentales et psychologiques de ses membres. Il s’agit d’un problème qui relève à la fois de la santé publique et de la sécurité des groupes sociaux, du devenir de la civilisation dans son ensemble et de l’avenir des États. La paternité, qu’elle soit biologique ou sociale, n’est pas une mission comme les autres : elle nous implique au-delà de nous-même, nous implique dans l’avenir-même de l’espèce humaine et fait peser sur nos épaules des responsabilités écrasantes. En aucun cas elle ne peut, ni ne devrait, se limiter à la seule production de richesses destinées à payer une pension alimentaire. Le gynocentrisme d’État, qui nous gouverne actuellement et donne systématiquement la garde des enfants aux mères, facilite la séparation d’avec le père, réduit ses prérogatives, ridiculise et méprise son rôle dans la famille, et, plus généralement, tend à l’exclure de la vie de ses enfants tout en maintenant, bien entendu, son rôle de pourvoyeur financier, ne peut produire qu’une seule chose : des générations d’handicapés émotionnels et psychologiques, d’immatures et de victimes programmées d’une Matrice étouffante. Face à ces défis, le père protecteur, structurant, principe de loi et de maîtrise, d’ouverture et de contrôle, est, plus que jamais, indispensable. Mais parce que les individus produits par la présence d’un tel père sont, par nature, moins sensibles au Marché car moins angoissés, moins consommateurs, plus déterminés, mieux équilibrés et pourvus d’une vie intérieure plus riche, il y a fort à parier que nous assistions, dans les années qui viennent, à de nouvelles attaques sur la paternité, et la famille en général.

Illustrations : Katie Emslie Becca Tarter Kay Katherine Chase Tomas Vyšniauskas Arleen wiese Clem Onojeghuo Caleb Woods

Martial
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