Le petites victoires, d’Yvon Roy, ou la paternité héroïque

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Yvon et Chloé s’aiment ; ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont amoureux, la vie leur semble merveilleuse. Ils font un enfant. Et dix-huit mois plus tard, tout bascule. Car le petit Olivier est autiste.

Les petites victoires en résumé

Quand le verdict tombe, Yvon (qui est appelé Marc dans la BD mais le récit est presque entièrement autobiographique) doit accepter l’idée que son fils ne sera jamais tel qu’il l’avait rêvé, qu’il ne lira jamais les romans et les BD mis de côté pour lui depuis des années, qu’il ne sera, peut-être, jamais autonome. Yvon traverse une période noire, dépressive. Chloé le quitte.

Quand on est au fond du trou moralement, ruiné financièrement, et avec un enfant en bas âge autiste sur les bras, que peut-on faire ? Se battre. Yvon choisit de se battre. A l’exception de son métier, il met toute sa vie entre parenthèses et décide de se consacrer à son fils.

Apprendre à l’approcher, à le comprendre, mais également ne pas être trop coulant avec lui : car Yvon a remarqué, dans l’école spécialisée comme chez Chloé, une tendance certaine à tout faire pour éviter de fâcher le jeune autiste. Ce qui revient à le calmer sur le court terme, mais, sur le long terme, à le condamner à une inadaptation plus grave encore, puisqu’à aucun moment on ne lui apprend à apprivoiser ses peurs, ses frustrations ni de ses colères. Alors Yvon va prendre sur lui : accepter les moments difficiles, les pleurs, les crises ; accepter d’être le « méchant » pour sortir son fils de certaines zones de confort et, avec lui, apprivoiser la maladie ; accepter de tout faire pour garder de bonnes relations avec la mère, qui, elle, s’est immédiatement recasée dans d’autres bras ; négocier avec un système éducatif qu’il n’approuve pas toujours ; accepter, aussi, de changer son propre regard et même de perdre parfois. Il ne sera pas possible de guérir Olivier, bien entendu. Mais il sera possible d’obtenir de petites victoires.

Les petites victoires yvon roy

Un récit de paternité

Les petites victoires est un beau récit de paternité. Un récit de rencontre avec un enfant différent, difficile. Le récit du dévouement d’un père et de sa construction, pas à pas, étape par étape, d’une relation saine avec son fils, tandis qu’il parvient, peu à peu, à l’autonomiser davantage, à travers le jeu, le sport et des activités en commun.

C’est simple, pudique, attachant et juste. C’est sensible sans être larmoyant. Une très belle BD, à lire et faire lire à tous les pères ou futurs pères.

 

NeoMasculin
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