Le séducteur et la salope

Share:
Séducteur ou salope ?

L’opposition du séducteur et de la salope est une dichotomie vieille comme le féminisme : en gros, elle consiste à dire que quand même, c’est dégueulasse, parce que quand un homme a plein de conquêtes c’est un séducteur, un play boy, un homme à femmes … quand une femme a plein de conquêtes, c’est une salope. Et ça, ce serait profondément injuste, et d’ailleurs sans doute un affreux privilège masculin. Qu’en est-il en réalité ?

Le séducteur et la salope : un double standard

Il s’agit bel et bien d’un double standard : en effet, la VMS (Valeur sur le Marché Sexuel) d’une femme baisse réellement avec son nombre de partenaires, tandis que celle d’un homme reste stable, voire dans certains cas augmente légèrement quand il a eu un grand nombre de conquêtes (principe de la présélection). Est-ce pour autant une injustice ? Pas sûr. Cette situation a au moins trois explications, qui se combinent mais dont chacune est suffisante seule : la notion d’effort, la notion reproductive et la notion de néoténie.

La notion d’effort

Il en va du marché sexuel comme du marché professionnel : quand on reproche aux hommes de gagner plus d’argent que les femmes, on oublie que c’est avant tout parce qu’ils travaillent plus et plus dur qu’elles. Dans la relation entre le séducteur et la salope, c’est la même chose. En effet, à âge équivalent, pour être un séducteur capable de coucher facilement avec une femme, un homme doit :

  • Etre en pleine forme physique (et donc consacrer un temps considérable au sport)
  • Être correctement habillé (et donc consacrer un certain budget et un peu de temps à son apparence)
  • Être assez riche pour l’inviter au restaurant, la sortir, etc. (et donc avoir des moyens financiers)
  • Être assez expérimenté dans le Grand Jeu pour savoir comment réagir, que prendre au sérieux, comment le prendre … bref, avoir consacré du temps et de l’énergie à apprendre l’art de la drague
  • Être prêt à consacrer deux, trois, voire dix soirées à la femme en question, sachant qu’à tout instant elle peut déclarer qu’elle n’a pas envie de continuer, et donc que l’investissement en temps et en argent qui a été fait sur elle est perdu, nul, non avenu et ne sera pas remboursé

De son côté, une femme, pour être capable de coucher facilement avec un homme, doit :

  • Ne pas être trop moche (ce qui, la plupart du temps, veut simplement dire : ne pas bouffer comme une grosse vache et prendre à peu près soin de son corps)

A partir du moment où, pour un même résultat, les uns doivent déployer beaucoup plus d’efforts que les autres, pourquoi s’étonner qu’ils en soient mieux jugés ?

La notion reproductive

C’est la base de tout : on fait l’amour avec quelqu’un dans le cadre d’une activité reproductive. Même quand on se sert de contraceptifs, pour notre esprit préhistorique, nous continuons à perpétuer l’espèce. Or, dans cette perpétuation, ce qui nous intéresse c’est de savoir si nos gènes seront transmis à la génération précédente.

Si une femme apprend que son compagnon a des rapports sexuels avec d’autres femmes, son propre statut en tant que mère n’est en rien modifié : elle est, et restera toujours la mère de ses enfants. Car la maternité est un fait physique, basé sur le fait que c’est la femme qui porte l’enfant.

Si un homme apprend que sa compagne a des rapports sexuels avec d’autres hommes, son statut en tant que père est menacé : il n’a en effet aucun moyen de savoir si ceux qu’il suppose être ses enfants sont réellement de lui, ni si ses gènes sont présents dans la génération suivante. Car la paternité est un acte de foi, basé sur l’opinion que le mari a de son épouse.

Pour faire plus simple : un mari qui trompe sa femme ne menace pas le couple ; une femme qui trompe son mari menace son couple et met en danger sa descendance. C’est caricatural mais ça n’est pas faux.

Bien entendu, les techniques modernes changent un peu les choses. Mais on est encore très loin d’une égalité en la matière.

La notion de néoténie

Les hommes aiment les femmes jeunes. Une femme jeune a, par définition, eu peu d’amants par le passé. Lisez notre article consacré à la néoténie et la chose vous sautera aux yeux.

Un double standard très relatif

Bien que l’opposition du séducteur et de la salope soit réelle, elle n’est certainement pas absolue : en effet, de nos jours, les femmes d’un certain âge, sexuellement très actives, sont considérées comme attirantes, comme en témoigne la mode des cougars. On notera toutefois que les cougars sont souvent des femmes ayant passé l’âge de la reproduction, ce qui explique sans doute le fait qu’on accepte leur attitude entreprenante.

Comme on le voit, la notion d’une injustice est ici très relative : le fait que le monde est comme il est n’est pas forcément une injustice en soi. Comme bien souvent, ce n’est ni bien ni mal, c’est juste comme ça. Un séducteur sera toujours mieux vu qu’une femme légère. Et pour de bonnes raisons : il est bien plus difficile d’être un séducteur qu’une saute-au-paf.

Antoine
Share:
%d blogueurs aiment cette page :