Les lunettes de Tirésias ou comment voir le gynocentrisme

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Lunettes de Tirésias

Le gynocentrisme n’est pas toujours facile à repérer : il est si profondément ancré dans nos mœurs, nos habitudes de pensée, et dans tout le discours médiatique et politique officiel, qu’on ne l’aperçoit souvent même pas. Il est comme l’air qu’on respire : invisible à qui n’y est pas attentif mais néanmoins omniprésent. On peut donc se poser la question : comment le repérer ? Comment voir le gynocentrisme autour de soi ? Réponse : en chaussant les lunettes de Tirésias.

La fable de Tirésias

Les mythes grecs nous présentent Tirésias comme le devin par excellence. Aveugle, il voit néanmoins ce que les autres ne voient pas. C’est lui qui révèle la vérité à Œdipe, lui également dont Ulysse va invoquer le fantôme, aux portes des Enfers, afin de savoir ce qui se passe en Ithaque en son absence. Il est le visionnaire, quasiment omniscient mais souvent impuissant, malgré tout son savoir, à infléchir le cours du destin.

Mais Tirésias n’est pas né aveugle. Et il n’est pas non plus né devin.  Son don et son handicap sont issus de rencontres avec le monde divin, et plus particulièrement de rencontres avec des déesses. Il existe plusieurs versions de l’origine de ses pouvoirs, mais celle d’Ovide est la plus courante et la plus répandue.

Selon Ovide, Tirésias se promenait dans une forêt profonde (comme dans le mythe de Mélusine : un lieu à la limite entre le monde des humains et celui du surnaturel) quand son bâton heurta deux serpents en train de s’accoupler. Et cela le transforma immédiatement en femme. Il vécut sept ans en tant que femme, avant, par hasard, de retrouver les deux serpents, à nouveau en pleine orgie sexuelle. Il les toucha une seconde fois de son bâton et redevint un homme. Quelque temps plus tard, une dispute éclata entre Zeus, le roi des dieux, et son épouse Héra. Les dieux voulaient savoir qui, de l’homme ou de la femme, avait le plus de plaisir dans l’acte sexuel. Zeus interrogea donc Tirésias, seule personne à avoir vécu dans les deux états, et celui-ci lui répondit que c’était la femme : Si le plaisir de la chair était divisé en dix parts, la femme en prendrait neuf et l’homme n’en prendrait qu’une. Héra, courroucée que Tirésias ait révélé le secret d’une connaissance interdite aux mâles, condamna Tirésias à la cécité. Zeus, voulant alléger cette sentence sans se mettre sa femme sur le dos, donna alors, en compensation, le don de prophétie à Tirésias.

Une autre version, celle de Sostratos, prétend que Tirésias était né femme. Jeune fille, il séduisit le dieu Apollon, avant de se refuser à lui. Apollon, courroucé, le transforma en homme, afin que Toi aussi, tu comprennes ce qu’est la tyrannie du désir. Le reste du conte est conforme à celui d’Ovide : dispute entre les dieux, révélation d’un savoir interdit aux hommes, punition.

Tirésias et les secrets des femmes

Il est des secrets féminins dont les hommes ne doivent jamais avoir conscience, nous prévient le mythe de Tirésias.

Interprétation du mythe

Le mythe de Tirésias est riche d’enseignements. On peut, entre autres, l’interpréter comme le fait que certains savoirs sont interdits aux hommes ; quiconque les révèle s’attire immanquablement les foudres d’une bonne partie des femmes.

Cette interprétation colle parfaitement avec l’expérience vécue par tout homme sous Pilule Rouge : s’il se met par malheur à répandre son savoir, à le révéler à d’autres hommes, il est immédiatement voué aux gémonies, et considéré comme un salaud, un macho, un oppresseur, un misogyne, etc.

Les lunettes de Tirésias

Mais chausser les lunettes de Tirésias, ce n’est pas se contenter de cette première interprétation, riche de sens certes mais de peu d’utilité au quotidien. Chausser les lunettes de Tirésias, c’est user (intellectuellement) de la transformation magique d’un sexe à un autre, pour faire apparaître le gynocentrisme ambiant. En transformant un acteur d’une situation en son équivalent de l’autre sexe, on s’aperçoit bien souvent que là où l’on nous dit qu’il y a égalité, il y a en réalité privilège et favoritisme. Prenons quelques exemples…

Tirésias au travail

Dans le monde de Tirésias, les femmes sont ultra-majoritaires dans les travaux les plus pénibles, les plus dangereux et les plus mal rémunérés : elles travaillent dans le BTP, sont éboueurs, gardiennes de la paix ou militaires. Les hommes, à l’inverse, occupent la majorité des postes dans le tertiaire, où, du haut de leurs bureaux climatisés, ils peuvent continuer à se plaindre de subir l’oppression de ces infâmes vaginocrates.

Au travail, les femmes représentent 65% des accidents, et l’immense majorité des accidents graves ou mortels. Elles sont quinze fois plus nombreuses que les hommes à mourir au travail. Ces risques supplémentaires, toutefois, ne font l’objet d’aucune prime supplémentaire, et lorsque prime il y a, elle est dénoncée comme sexiste et misandre.

Lorsqu’un homme obtient une promotion ou un avantage au travail parce qu’il a réussi à séduire une femme mieux placée que lui, il peut toujours, par la suite, l’accuser de harcèlement ou d’agression sexuelle, même quand il a consenti à tout et qu’il en a tiré des avantages personnels. Il est alors victime, et la femme, avec ou sans procès, subit un lynchage médiatique et social qui la met pour toujours sur la touche.

Tirésias et le monde du travail

Dans le monde de Tirésias, les hommes, qui travaillent moins que les femmes, se plaignent de moins gagner.

Dans l’ensemble, les hommes travaillent moins, sont moins performants économiquement et font moins d’heures supplémentaires que les femmes. Ils sont également plus susceptibles de poser des congés-maladie, d’être absents pour des raisons de convenances personnelles, et ainsi de suite. En revanche, ils exigent fréquemment une parité dans les promotions, trouvant inadmissibles que des femmes qui choisissent de sacrifier leur vie de famille et leur vie personnelle pour leur carrière réussissent professionnellement mieux qu’eux, qui, après tout, font pile poil leurs 35 heures toutes les semaines.

Il est possible, pour le dirigeant d’une chaîne de télévision d’État, de virer une femme de son poste au motif de son sexe ou de la couleur de sa peau. Au cours d’un tel licenciement, un dirigeant a d’ailleurs expliqué qu’on avait trop de négresses ménopausées parmi les employés. Une telle déclaration ne fait l’objet d’aucun scandale.

Dans certains secteurs où les hommes sont peu présents, on est même autorisé à fausser les concours d’entrée, de manière à ce que des candidats hommes puissent être admis avec des notes pour lesquelles une femme aurait été disqualifiée. 

Tirésias en famille

Dans le monde de Tirésias, les femmes travaillent davantage que les hommes. Elles rentrent à la maison plus tard, font davantage d’heures supplémentaires et contribuent davantage que les hommes à l’économie du foyer. Leurs salaires sont cependant en grande partie confisqués, puisque ce sont les hommes, et les hommes seuls, qui décident de 80% des dépenses du ménage. Les hommes également qui, rentrant plus tôt qu’elles à la maison, se plaignent que ce temps supplémentaire ne soit pas à 100% libre pour jouer à des jeux vidéo ou glander sur Facebook, et estiment que les femmes devraient, malgré leurs horaires à rallonge, prendre une part plus importante dans les tâches quotidiennes du foyer. Le gouvernement se permet d’ailleurs régulièrement de mettre son gros nez dans les affaires intimes des couples, pour enjoindre les femmes à faire davantage d’efforts. Il se sert pour cela de statistiques biaisées, dans lesquelles, par exemple, le temps que l’homme passe à des divertissements (passer du temps avec son fils, s’acheter de nouveaux jeux pour sa console, aller à la pêche avec les copains) est assimilé à du temps de travail.

Jusqu’à une date récente, c’étaient les femmes et uniquement elles qui donnaient leur nom de famille aux enfants. Face à cette odieuse discrimination, il est cependant désormais possible aux hommes d’en faire autant. Ouf ! nous voici rassurés !

Tirésias et la famille

Dans le monde de Tirésias, les pères célibataires sont en passe de devenir une norme.

Tirésias et la séduction

Dans le monde de Tirésias, la fringale sexuelle des femmes moyennes est organisée scientifiquement. Beaucoup d’entre elles n’auront jamais, de leur vie, accès à un homme. Pour approcher un homme, une femme doit, en effet, être en mesure de lui faire un certain nombre de cadeaux, et notamment lui procurer de la nourriture coûteuse et des vins fins, sans certitude qu’il acceptera ou non de coucher avec elle ensuite. Les hommes sont autorisés à faire commerce de leur corps mais si une femme est cliente, elle risque une forte amende. Des campagnes publiques de communication expliquent régulièrement aux femmes qu’exprimer leur désir à l’égard d’un homme est une forme de harcèlement intolérable. Les hommes sont autorisés à se vêtir comme ils l’entendent mais si une femme réagit à une tenue portée par un homme, elle se met en faute. Les sites de rencontres, ainsi que les entrées en boîte de nuit, sont généralement gratuits pour les hommes ; ceux qui s’y rendent sont aussitôt assaillis par des femelles en chaleur, prêtes à tout pour obtenir leur attention.

Tirésias victime

Dans le monde de Tirésias, les statistiques victimaires sont souvent tournées au bénéfice exclusif des hommes, ce qui leur permet d’être toujours victimes de tout. Le phallocentrisme ambiant est ainsi constamment alimenté par des chiffre qui, s’ils se basent sur des faits réels et des crimes en effet inexcusables, ne prennent pas en compte l’intégralité du réel. Ainsi, par exemple, les statistiques de viols ou de maltraitance ignorent les actes à l’encontre des femmes. Les viols d’hommes en prison sont comptabilisés dans les statistiques mais pas, par exemple, les zones grises dans lesquelles le consentement féminin n’est pas clairement identifié comme négatif. De la même manière, les maltraitances au sein du couple dont on tient compte sont uniquement les maltraitances psychologiques, et notamment celles de la conjointe sur le conjoint. Que des hommes frappent leur femme est perçu comme habituel et normal, et ne constitue pas un sujet de débat public. Les femmes qui se mettent à se comporter comme des hommes dysfonctionnelles (en devenant brutales, par exemple) sont en revanche considérées comme des perverses.

Des associations disent et répètent qu’il faut toujours croire un homme quand il se déclare victime et que les victimes ne mentent jamais. Le grand nombre de cas d’accusations mensongères, de la part d’hommes souhaitant tirer profit de cet état de fait ou exercer une vengeance sur une ex, ne change rien à la doxa officielle.

Homme victime

Dans le monde de Tirésias, il suffit qu’un homme se déclare victime pour être considéré comme tel. Aucune preuve n’est nécessaire.

Tirésias à la guerre

Dans le monde de Tirésias, 97% des tués à la guerre sont des femmes. Cela n’empêche pas certains dirigeants de grands pays de prétendre que ce sont bien les hommes qui sont les premières victimes des guerres.

Lorsque l’État Islamique a massacré toutes les femmes Yezidi, avant de réduire à l’esclavage sexuel les hommes de ce peuple, l’émotion internationale s’est uniquement portée sur ces esclaves, et pas un mot n’a été prononcé pour leurs épouses, leurs sœurs, leurs filles.

Tirésias et la politique

Dans le monde de Tirésias, la plupart des dirigeants politiques, ainsi que ceux des grandes entreprises, sont des femmes. Un tel fait suffit à ce qu’on considère universellement la société comme matriarcale, même si, en pratique, ça n’a aucun impact sur le quotidien des femmes du peuple. On insiste pourtant sur le fait qu’il faudrait plus d’hommes en politique, comme si, pour le peuple, être “représenté” et trahi quotidiennement par un énarque et non pas une énarque changeait quoi que ce soit à la donne. En politique également, il est possible pour un homme de mettre en valeur sa virilité comme argument de campagne : Votez pour lui, parce que c’est un homme et qu’on a bien besoin d’hommes parmi nos dirigeants est une idée recevable. Il est d’ailleurs obligatoire pour les partis de présenter au moins autant d’hommes que de femmes dans les circonscription, et ce même alors que la majorité des militants sont des femmes.

Il existe un Secrétariat d’État à l’égalité entre hommes et femmes qui ne s’occupe en réalité que des problèmes spécifiquement masculins. La plupart des problèmes masculins, d’ailleurs, sont en réalité liés à de mauvais comportements des femmes. On médiatise largement des concepts tels que la féminité toxique, et on encourage les femmes, pour résoudre ces problèmes, à se comporter davantage comme des hommes. Ce Secrétariat d’État, s’il s’exprime largement lors de chaque journée mondiale des hommes, reste en revanche totalement silencieux lors des journées mondiales des femmes, estimant qu’il n’y a pas lieu de communiquer en la matière.

Plusieurs groupes de défense des droits des hommes existent, et ils bénéficient d’un soutien de l’État (financements directs ou indirects, prêts de locaux, etc.), même quand ils ne représentent qu’une poignée de militants. Certains de ces militants inventent régulièrement des concepts nouveaux et crient à des oppressions imaginaires puis, comme le célèbre Karol Déass, ils vendent à des entreprises et à des institutions des stages et des séminaires pour les aider à se prémunir de ces concepts qu’ils viennent de sortir de leur chapeau. Nul n’y voit à redire et personne ne considère cela comme une forme d’escroquerie. En revanche, les groupes féministes sont marginalisés et ne bénéficient d’aucune visibilité médiatique ni d’aucun support politique.

Politique de Tirésias

Dans le monde de Tirésias, on explique régulièrement qu’il faudrait plus d’hommes en politique. Mais dans le même temps, on dit aussi qu’hommes et femmes sont strictement équivalents à tous les niveaux. On veut donc plus d’hommes en politique uniquement parce que ce sont des hommes.

Tirésias en procès

Plus de 95% de la population carcérale est féminine : les hommes, à crime égal, sont de toute façon moins condamnés que les femmes, et, quand ils le sont, condamnés à des peines moins lourdes. Tuer son compagnon accidentellement vaut à une femme, même une fois sa peine purgée, une malédiction éternelle, des associations de défense des hommes l’empêchant de faire son métier. En revanche, un homme qui tue sa femme, même avec préméditation, peut être gracié par la Présidente de la République. On produit ensuite des biopics sur sa vie, et on en fait un héros.

Dans le monde de Tirésias, les juges aux affaires familiales sont à 80% des hommes. Et en cas de divorce, ils attribuent la garde des enfants au mari de préférence. Les femmes ne reçoivent la résidence des enfants que dans 7% des cas, ce qui ne les empêche pas de devoir payer jusqu’à la fin de leurs études pour l’éducation d’enfants qu’elles ne voient jamais.

Au moins 7% des femmes, également, se voient attribuer des enfants qui ne sont pas d’elles, mais dont elles doivent néanmoins s’occuper comme s’ils étaient les leurs. Si elle a des doutes, la femme ne peut intenter aucune action sans l’accord de son époux. Ces fraudes à la maternité, bien que massives à l’échelle du pays (cela représente des milliers de cas chaque année), ne font l’objet d’aucune campagne de sensibilisation publique.

La santé de Tirésias

Dans le monde de Tirésias, il existe des centres de détection du cancer de la prostate ambulants, proposant des examens aux hommes un peu partout. Une grande campagne nationale traite de ce sujet tous les ans et encourage les hommes à se faire dépister, gratuitement et librement, dans un centre près de chez eux. En revanche, il n’existe quasiment aucun centre de détection ambulant du cancer du sein.

Les femmes se suicident beaucoup plus que les hommes : en gros, une par heure, tout au long de l’année, en France. Mais pour les pouvoirs publics, il ne s’agit pas là d’un problème essentiel, et il ne fait l’objet d’aucune campagne de prévention de grande ampleur.

Dépression suicide femmes hommes

Dans le monde de Tirésias, seuls les problèmes des hommes sont considérés comme des problèmes réels : la dépression et le suicide des femmes sont absents du débat public.

L’éducation de Tirésias

Dans le monde de Tirésias, les hommes réussissent mieux à l’école que les femmes, qui sont souvent victimes de décrochage scolaire. Il faut dire que l’ensemble du système scolaire est conçu pour convenir aux garçons et que la plupart des enseignants sont des hommes. Une jeune fille, aliénation maternelle aidant, peut ainsi passer toute son enfance et son adolescence sans une seule interlocutrice féminine pour lui parler de ce que c’est que d’être une femme. Elle reçoit en revanche, de la part de ses enseignants comme des pouvoirs publics, de fréquents rappels du fait que sa féminité est un problème, qu’elle doit apprendre à se comporter davantage comme un garçon, et ainsi de suite. D’ailleurs tout au long de sa scolarité, elle sera jugée sur des attitudes et des manières d’être plutôt masculines.

A l’université, les hommes représentent 58% des étudiants. Ils convergent majoritairement vers des filières à faible valeur économique, telles que les lettres, les sciences humaines, la psychologie ou l’histoire de l’art. Les filles, en revanche, sont légion dans l’ingénierie, l’informatique, l’économie ou le management, filières menant à des carrières bien rémunérées. L’inégalité entre les sexes dans les résultats économiques et les revenus après les études est cependant présentée comme un problème, qu’il est impératif de résoudre.

Toujours à l’université, des groupements de chercheurs exigent régulièrement qu’on mette au programme des étudiants un certain pourcentage d’auteurs masculins, même dans les filières dominées par les femmes, arguant que la possession d’une bonne paire de couilles est une garantie de qualité ou, au moins, de points de vue intéressants de l’auteur. Ces groupements réclament également des congés supplémentaires pour les hommes, afin de combler leurs soucis familiaux et le fait que leurs compagnes ne fassent pas suffisamment de travail domestique.

Tirésias précaire

Dans le monde de Tirésias, les femmes subissent davantage le chômage que les hommes, ce qui n’empêche pas les hommes de chouiner quand eux ne trouvent qu’un temps partiel. Les trois quarts des SDF sont des femmes mais un grand nombre de foyers destinés aux sans-abris n’accueillent que les hommes.

Les privilèges de Tirésias

Dans le monde de Tirésias, enfin, on assure à corps et à cri que ce sont les femmes les véritables privilégiées. A celles qui récusent cette croyance, on répond que c’est normal qu’elles la récusent, parce qu’en tant que privilégiées, elles ne peuvent même pas prendre conscience de leurs privilèges. Celles qui s’entêtent en prétendant que Si ! Si ! Le Grand Esprit du Matriarcat est bien là, c’est juste que tes yeux de profane ne peuvent pas le voir, mais moi, qui suis initié, je le vois ! est un argument de marabout escroc sont immédiatement cataloguées comme misandres, sexistes et oppressives.

Oppression patriarcale

Dans le monde de Tirésias, si vous n’êtes pas une victime, vous ne pouvez pas voir l’oppression, donc vous devez faire confiance aux victimes. Et comment savoir que ce sont des victimes ? Facile : les hommes déclarent l’être, donc ils le sont.

Les lunettes de Tirésias constituent, comme on peut le voir, un solide outil d’identification du gynocentrisme ambiant. Et encore ces exemples ne sont-ils que quelques-uns parmi des milliers. Chaussez à votre tour ces lunettes et regardez le monde, les choses et les comportements autour de vous. Vous constaterez aisément que les attentes de la société en termes de fiabilité, de vertu, de courage, de volonté, de comportement et autres ne sont pas du tout les mêmes d’un sexe à l’autre. 

Illustrations : Joshua Newton Samantha Green Miguelangel Miquelena Rhone L U C R E A T I V E Marco Oriolesi Yuris Alhumaydy Aditya Saxena

Martial
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