Le peacocking, ou l’art de faire le paon

71
0
Share:
Peacocking : faire le paon pour séduire

Le peacocking est désormais considéré comme l’un des standards des techniques de la séduction : quasiment tous les coachs en séduction ou PUA vous en parleront, pour la bonne et simple raison que tous en ont constaté les effets et la puissance. En bref : parce que c’est simple et que ça marche. Mais ce concept est généralement mal compris et mal interprété, ce qui amène certains hommes tentant de le pratiquer à se couvrir de ridicule, ou, plus simplement, à échouer lamentablement.

Parce qu’il a d’abord été mis en valeur par le PUA Mystery, le peacocking est généralement associé à son style propre : chapeaux haut de forme ou en fourrure, grands manteaux, vêtements ultra-colorés, multitude de montres et d’objets bling-bling. Ce qui ne veut pas dire que Mystery a nécessairement des goûts de chiotte. Mais bien plutôt qu’il a compris cette règle essentielle de la séduction : il faut se détacher du lot et se rendre remarquable, mémorable et mémorisable.

Le peacocking en clair

Le cœur du peacocking est là : il ne s’agit pas d’adopter un style vestimentaire de rappeur sarkozyste, mais plutôt d’avoir un look général différent de celui des autres. Pas besoin pour cela de s’habiller en clown : des vêtements classiques mais d’une couleur originale, ou pourvus d’un accessoire rare, font parfaitement l’affaire. L’idée n’est pas de charmer par votre seule apparence, mais plutôt qu’on se souvienne de vous. Le plus souvent, de petites originalités subtiles sont parfaitement suffisantes. Peu importe, en réalité, du moment que c’est visible.
L’intérêt du peacocking ne se limite cependant pas à vous donner une apparence dont on se souviendra. Il réside également dans le fait de pouvoir engager plus facilement la conversation. Ainsi, si vous portez un bijou étrange, vous déplacez avec une canne à la manière d’un dandy XIXème siècle ou arborez une coiffure excentrique, votre premier sujet de discussion avec une nana est tout trouvé : elle vous interrogera très certainement sur cet élément, et si vous avez une jolie histoire à lui raconter, vous avez de quoi lancer une interaction.

Ne pas être un clone

Il peut être tentant, pour qui souhaite pratiquer le peacocking, de se dire qu’il suffit d’adopter l’uniforme d’un groupe déterminé : emo/goth, biker, hippie ou autre. Rien n’est plus faux. Ces looks se distinguent certes de la norme mais ils ne font que reconstruire une autre norme : ce ne sont que des uniformes différents. Et vous soumettre aux impératifs esthétiques d’un tel groupe ne prouve pas votre originalité, bien au contraire : cela prouve seulement que vous êtes un mouton d’une couleur différente. En outre, cela peut vous permettre d’attirer l’attention de certaines femmes, mais cela fera fuir beaucoup d’autres.
Le peacocking de qualité joue sur le fait de briser certains codes. D’apporter un élément d’originalité et de surprise dans votre apparence.

Notions culturelles

L’autre souci avec le peacocking tel que généralement décrit, c’est qu’il fonctionne à fond dans la société américaine mais nettement moins en Europe. Ou, en tout cas, pas de la même manière : dans nos vieux pays catholiques, le fait d’attirer l’attention sur soi peut être perçu comme une marque de vulgarité, et donc de Valeur sur le Marché Sexuel inférieure (puisqu’elle indique un manque d’éducation, et donc une non-appartenance aux classes dominantes), du moins pour certaines catégories de femmes. Un homme éduqué et de haut standing est supposé se vêtir avec élégance mais aussi, au moins jusqu’à un certain degré, avec conservatisme et une certaine discrétion. Notre culture a également intégré l’idée que les personnes réellement intéressantes n’essaient pas (trop) d’attirer l’attention sur elles et que celles qui le font  C’est pourquoi il est généralement plus intéressant, sous nos climats, de pratiquer le peacocking avec modération. Vous obtiendrez souvent un effet maximal en combinant une tenue élégante et classique avec un élément qui détonne : une chemise rouge vif, une veste bleu électrique ou une coiffure excentrique, associés à un costume par ailleurs très classique, par exemple. Cela vous permet d’affirmer à la fois votre originalité et votre maîtrise des codes sociaux établis. Gagnant sur les deux tableaux, donc.

Mais alors, le peacocking, ça marche, ou pas ?

Oui, ça marche. Mais ça n’est pas une baguette magique. Bien pratiqué, cela peut vous permettre d’attirer l’attention, de rompre la glace ou d’engager une conversation. Mais ça n’est en aucun cas une arme de séduction massive. Comme toujours quand on parle de séduction, il faut bien comprendre qu’une technique n’est jamais qu’un outil. Et le bon artisan a, dans sa boîte, pas mal d’outils différents, destinés à des tâches différentes. On ne peut pas reprocher à un tournevis de mal enfoncer les clous : il n’est pas là pour ça. De même, le peacocking n’est pas destiné à séduire, mais simplement à attirer le regard. C’est déjà beaucoup, mais ça ne fait pas tout, loin de là. Il faudra, pour passer aux étapes suivantes, savoir user de votre regard, de votre langage corporel et de paroles appropriées. 

Illustration : Andre Mouton

Antoine
Share: