Principe Pilule Rouge #13 : la faiblesse des hommes n’existe pas

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Pour un homme, aucune faiblesse n'est tolérée

La façon dont la société perçoit la faiblesse dépend en grande partie du sexe de la personne faible. Dans nos sociétés gynocentrées, les femmes détiennent l’auctoritas, c’est-à-dire le pouvoir symbolique. Ce sont elles qui définissent la forme du réel et imposent les perceptions que l’on doit en avoir. Ainsi, si le moindre désagrément advenant à une femme devient un problème de société (au point que l’on mette dans le même sac de l’agression sexuelle la main au cul et la tentative de viol), les souffrances et les peines des hommes tombent pour la plupart en-dehors du champ du réel et surtout du pensé.

Aussi paradoxal que cela puisse sembler, dans une société qui en est arrivée à nier à un tel point les singularités masculines, les exigences, notamment morales, qui se portent sur les hommes sont restées les mêmes qu’à l’époque où ils étaient supposés dominer la société. De sorte qu’un homme d’aujourd’hui est supposé rester fort, viril, endurant, imperméable à la douleur et au doute, tout en étant dans le même temps paré de vertus opposées d’empathie, d’écoute, de tolérance, et ainsi de suite. Il doit à la fois être ouvert à sa part féminine (ce qui en fait un bon consommateur et un mouton docile) et conserver l’antique vertu virile (ce qui en fait un bon producteur et un protecteur pour ces dames). Qu’un mâle éprouve de la douleur est tolérable. Qu’il l’exprime, d’un point de vue féminin, ne l’est pas. Cette tendance dérive directement de l’hypergamie et de la Loi de Briffault : un mâle faible est un mâle incapable d’apporter la moindre valeur à une femelle. S’il n’a pas, auparavant, démontré ses capacités à lui apporter quelque chose, le seul fait qu’il fasse preuve de faiblesse suffit à le faire définitivement sortir du radar sentimental et sexuel de la femme.

Si, en tant qu’homme, vous vous trouvez en difficulté (surtout si cette difficulté est d’ordre émotionnel ou sentimental), ne vous attendez à aucune aide de la part d’une femme, quelle qu’elle soit. Seul un autre homme (et encore, pas tous) saura vous écouter, vous soutenir et vous conseiller. Si vous exposez votre détresse intérieure à une femme :

  • Dans le meilleur des cas, elle sera incapable de vous aider.
  • Dans le cas le plus courant, elle opinera en vous écoutant, attendant patiemment son tour pour parler ; car parler est en réalité tout ce qu’elle désire. Et dès qu’elle ouvrira la bouche, vous vous rendrez compte qu’elle ne vous a pas écouté, ou qu’elle n’a retenu que certains aspects de votre discours. Ses conseils, si conseils il y a, seront de peu de valeur. Et si votre détresse émotionnelle vient de vos relations avec une autre femme, sachez qu’elle se mettra presque toujours de son côté ou essaiera de vous faire comprendre que celle-ci n’a pas foncièrement tort.
  • Dans le pire des cas, elle se contentera de vous mépriser.

Souvenez-vous que l’instinct de protection, d’empathie, de compréhension et de don de soi des femmes s’exprime :

  • Envers leurs enfants d’abord ;
  • Envers elles-mêmes ensuite ;
  • Envers les autres femmes de leur entourage en troisième lieu ;
  • Envers le reste du monde en quatrième lieu.

Plus généralement, l’attitude que les femmes ont à votre égard reflète celle de la société, et inversement. La société préfère les forts. Les mâles qui détiennent la puissance et ne se plaignent jamais. Si vous êtes faible, vous ne comptez pas. Une faiblesse physique (handicap, petite taille…) entraîne moquerie ou mépris ; une faiblesse intellectuelle (bêtise, manque de culture, manque de confiance en soi) fait également sourire ; une faiblesse économique vous rend également invisible. Vous aurez bien entendu droit à un peu d’aide, un peu de compassion … mais on ne vous prendra pas au sérieux. Vous serez infantilisé, pris en charge. 

La société ne se soucie de vous que si vous êtes puissant. Ou que vous êtes une femme. Il y aura toujours un filet de sécurité pour les femmes : émotionnel, psychologique, financier, social. Pas pour les hommes. Ce n’est pas pour rien qu’il existe infiniment plus de foyers pour femmes à la rue que pour SDF hommes, par exemple. Pas pour rien non plus que, dans la plupart des entreprises, les sautes d’humeur ou les comportements de bien des employées ne seraient pas acceptés de la part d’employés.

Une femme a le droit de faire montre de faiblesse. Parce que l’ensemble de la société a admis et accepté que la faiblesse est dans sa nature, la femme dispose d’une carte Joker qui peut lui permettre de se sortir de bien des situations embarrassantes. Pas les hommes. On ne vous pardonnera des signes de faiblesse que s’ils sont rares et très ponctuels.

Illustration : nikko macaspac

Antoine
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