Samson : une figure de la virilité et de l’échec

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Samson et Dalila

Même les gens qui n’ont jamais ouvert une Bible de leur vie ont entendu parler de Samson. Son histoire est d’ailleurs certainement tirée de contes et légendes plus anciens. De nombreux détails de cette histoire, en effet, laissent à penser qu’on a affaire à une réécriture d’un mythe païen. A commencer par le nom du héros, dérivé du terme hébreu shemesh (שִׁמְשׁוֹן), qui signifie soleil. Peut-être le mythe de Samson est-il donc une intégration, dans le corpus biblique, d’un mythe solaire archaïque. Que ce mythe ait été jugé digne d’être transmis, consigné, et qu’il soit parvenu jusqu’à nous, en dit long sur ce qu’il a à nous apporter. Et sur ce que la sagesse des Anciens peut, encore aujourd’hui, nous faire savoir. 

La Bible et Samson

L’histoire de Samson fait partie de ces récits que tout le monde connaît mais que peu de gens ont réellement lu, et moins encore réellement compris.

Un héros flou

Samson est une sorte d’inconnu connu : tout le monde a entendu son nom et croit connaître son histoire mais peu de gens, en réalité, se sont réellement penchés dessus. Pourtant, elle recèle nombre de sujets de réflexion. L’histoire de Samson est relatée dans les chapitres 13 à 16 du Livre des Juges (Ancien Testament / Bible hébraïque), dont la rédaction a été datée des environs de 700 avant notre ère. Mais les événements relatés dans ce livre, eux, auraient eu lieu plus de 500 ans plus tôt, vers -1300/-1200. Selon toute vraisemblance, les rédacteurs n’ont eu comme source que la tradition orale, ce qui en dit long sur le flou entourant l’existence historique du personnage. Le récit biblique, d’ailleurs, ressemble fort au collage de plusieurs sources distinctes, et laisse à penser que l’épopée de Samson est peut-être le résultat d’histoires de plusieurs héros plus anciens, fondus en un seul. Quoi qu’il en soit, ce récit, depuis les années -700, n’a plus été modifié, et c’est sous la forme que nous lui connaissons aujourd’hui qu’il a accompagné l’imaginaire et la spiritualité de la Méditerranée et de l’Occident depuis lors.

La vie de Samson

Quarante ans avant la naissance de Samson, les Hébreux ont péché contre l’Éternel en se mettant à prier d’autres dieux que Lui.,Pour les punir, Il leur a retiré sa protection et a livré Israël au joug de peuples étrangers. Les Philistins dominent le pays mais, le temps de la punition étant terminé, le Seigneur décide de faire naître un libérateur pour Son peuple.

Au sein de la tribu de Dan (l’une des douze tribus d’Israël), près de la cité de Bet Shemesh, vivent Manoach et sa femme, qui est stérile. Manoach est juge d’Israël, ce qui est une charge aussi bien militaire et religieuse que judiciaire. Un ange descend un jour du ciel pour annoncer à sa femme qu’elle va enfanter un fils, qui sauvera son peuple. Ce fils devra être consacré à Dieu dès avant sa naissance (sa mère devra donc, au cours de la grossesse, observer plusieurs interdits rituels pour garder l’enfant pur). Cette consécration fait de Samson un nazir : en échange d’une bénédiction particulière, il doit se soumettre à un code de comportement plus strict encore que la loi de Moïse : il ne doit consommer aucune boisson alcoolisée ni rien de ce qui est produit par la vigne (ce qui l’exclut donc de certains rituels de shabbat, dans lesquels on partage le pain et le vin, et qui sont des rites familiaux : cela le condamne par conséquence à vivre en marge), ne doit jamais se raser la tête et doit éviter de s’approcher de cadavres (là encore : impossible de participer à certains rituels de deuil). Ce type d’interdiction est commun dans l’Ancien Testament : dans la spiritualité hébraïque, en effet, la sainteté et la sacralité sont perçues comme des séparations d’avec le reste du monde et l’être élu par le Seigneur est souvent, d’une manière ou d’une autre, retiré de parmi les autres hommes (on peut songer à Moïse, qui ne parvient à parler aux autres que par l’entremise de son frère; Abraham, à qui Dieu commande de quitter la terre de ses origines et de partir sur les chemins; Joseph, isolé parmi ses frères; et ainsi de suite).

Le texte biblique ne nous dit rien de l’enfance de Samson et nous le retrouvons jeune homme. Il est grand et fort et l’Éternel l’a béni. Se rendant à la ville de Thimna, il y rencontre une jeune fille philistine et décide de l’épouser. Ses parents s’y opposent d’abord, pensant qu’il n’est pas bon qu’il épouse une païenne. Mais il insiste, explique qu’elle lui plaît beaucoup, et ils finissent par accepter de lui donner leur bénédiction. Ce thème du refus sage, puis d’une acceptation de la mauvaise idée, va se retrouver plusieurs fois dans le récit, mais les prochaines fois, Samson en sera victime, et non auteur.

Samson repart donc à la ville pour demander la main de la femme en question. Sur le chemin, alors qu’ils longent des vignes, ils sont attaqués par un lion. L’esprit de l’Éternel emplit alors Samson : il affronte le lion à mains nues, le tue, et laisse sa carcasse pourrissante sur le bord de la route. Ne jugeant pas utile d’en parler à qui que ce soit, il ne dit rien à ses parents de ce qui lui est arrivé.
Une fois parvenu à la ville, Samson conclue la promesse de mariage sans rencontrer de problème. Quelque temps plus tard, peu avant que la noce ne soit célébrée, il repasse par la route où il a tué le lion; il découvre que dans le corps pourrissant, un essaim d’abeilles à fait son nid. Il y prélève du miel, qu’il partage avec ses parents, sans leur dire d’où il provient.

Héraklès porte la peau du lion qu’il a tué, Samson se nourrit du miel venu de la carcasse du sien. Dans les deux cas, on a affaire à une forme de rituel totémique d’appropriation de la force solaire de l’animal vaincu.

Durant la cérémonie de mariage, Samson rassemble une trentaine d’invités (tous Philistins) et leur propose un pari : il leur posera une énigme, qu’ils auront sept jours pour résoudre. S’ils réussissent, il leur offrira à chacun des vêtements; sinon, c’est eux qui lui en offriront. Les convives acceptent, et Samson leur livre son énigme : De celui qui mange est sorti ce qui se mange, et du fort est sorti le doux. Il veut bien entendu parler du lion, et du miel produit par les abeilles. Incapables de répondre, les convives pressent la jeune épousée de questionner son mari pour obtenir la clef de l’énigme. Samson refuse d’abord de lui répondre, mais elle le harcèle, se mettant même à pleurer, jusqu’à ce qu’il cède et lui explique. Elle court alors donner la réponse aux convives. Ceux-ci viennent fièrement réclamer à Samson leur dû, qui représente une très forte somme.

Fou de colère, Samson, comprenant qu’il a été trahi par sa propre épouse, est cependant tenu par son serment. Il se rend dans la ville philistine d’Ashkelon, et y tue trente hommes, dont il offre les dépouilles aux invités. Puis il quitte la région, retournant seul chez son père. Il y passe quelques mois à ressasser ses idées noires, avant, finalement calmé, de revenir vers la maison de ses beaux-parents. Il offre un chevreau à sa belle-famille, et se dit prêt à faire la paix avec son épouse et à la prendre sous son toit. Mais son beau-père lui apprend qu’il a, en son absence, donné sa fille à un autre homme. Voyant la colère de Samson, son beau-père tente de le calmer en lui proposant son autre fille, mais Samson refuse. Il décide de se venger des Philistins, et, capturant 300 renards, il les attache deux par deux et leur fixe une torche à la queue, avant de les lâcher dans les champs au moment des moissons. Les animaux, apeurés, courent partout et l’incendie ravage les récoltes.

Ne pouvant mettre la main sur Samson, les Philistins capturent son beau-père et son ex-femme, et les brûlent tous deux. En représailles, Samson va battre à mort plusieurs Philistins, avant de se retirer, comme un homme sauvage, dans une caverne de la région où il se met à vivre en ermite. Les Philistins lèvent une véritable petite armée de 1000 hommes pour le traquer. Cette troupe effraie les Hébreux de la tribu de Juda, sur le territoire de laquelle Samson séjourne. Ils ne veulent pas le mettre à mort eux-mêmes et Samson ne veut pas non plus se battre contre des compatriotes. Mais ils le livrent aux Philistins, pour éviter d’être soupçonnés de complicité. Une fois entre les mains des Philistins, Samson est une fois encore saisi par l’esprit de l’Éternel : les cordes qui le lient brûlent; il se saisit du premier outil qu’il trouve (une mâchoire d’âne) et fait face à ses ennemis. Les mille hommes se jettent sur lui mais il est habité par la colère de Dieu : il les massacre tous, jusqu’au dernier.

Après cet exploit, il se retire à nouveau du monde, vivant en nazir. Vingt années passent, durant lesquelles Samson, comme son père avant lui, est juge. Il ne se remarie pas mais fréquente les prostituées. Un épisode nous est brièvement raconté, durant lequel, alors qu’il passe la nuit chez une courtisane de Gaza, il est reconnu et manque être arrêté par les Philistins mais s’enfuit en arrachant à mains nues les portes de la ville.

Le récit nous le montre ensuite plus âgé, amoureux d’une femme appelée Dalila, qui vit dans la vallée de Sorek. Celle-ci est secrètement contactée par les Philistins pour tenter de percer le secret de la force de Samson. Et elle doit avoir des arguments particulièrement efficaces : à chaque fois qu’elle lui demande, dans le secret de l’alcôve, comment il pourrait bien être vaincu, il répond un mensonge; mais dès le lendemain, les Philistins testent la méthode qu’il a lui-même révélé à Dalila (l’attacher avec des cordes humides, par exemple). Il sait donc qu’elle le trahit, et il pardonne. Comme son ex-femme, elle finit par avoir raison de sa résistance en pleurant et en prétendant qu’il ne l’aime pas, puisqu’il ne lui dit pas la vérité. Samson cède et finit par lui avouer la vérité : il est consacré à l’Éternel, et sa longue chevelure est le signe de son alliance particulière avec Lui. Qu’on le rase et il ne sera plus un nazir. Au terme d’une nuit d’amour, il s’endort, la tête sur les genoux de Dalila. Au réveil, sa tête est rasée, l’Éternel s’est retiré de lui et, redevenu un homme comme les autres, il est à la merci des Philistins, qui le capturent, lui crèvent les yeux et l’emmènent en captivité à Gaza, où il doit tourner la meule de sa prison.

Quelques temps après, alors que ses cheveux ont commencé à repousser, Samson est sorti de sa prison pour être montré, tel un trophée, par les princes des Philistins lors d’une cérémonie religieuse dans le temple de leur dieu Dagon. Enchaîné entre deux des colonnes principales du palais, il implore l’Éternel de se souvenir de lui et de lui donner la force d’affronter une dernière fois ses ennemis. Le souffle divin l’emplit à nouveau et, doué pour un bref instant de sa force prodigieuse, il parvient à écarter les colonnes à mains nues, provoquant l’écroulement du palais, la mort de 3000 nobles philistins, et son propre trépas.

Samson et Dalila Caravage

La trahison et la sensualité de Dalila ont inspiré bien des peintres au fil du temps

Le personnage de Samson

Grand, fort, prodigieusement puissant, Samson a tout du héros façon Héraklès ou Achille. L’épisode du lion, d’ailleurs, n’est pas sans rappeler le combat d’Hercule contre le Lion de Némée, et partage peut-être avec celui-ci une source archaïque commune. Homme silencieux, parlant peu, se tenant à distance des autres et suivant sa propre voie, Samson, d’après la tradition rabbinique, n’aurait jamais, de toute sa vie, demandé l’aide d’un autre homme (sa prière finale à l’Éternel est la seule et unique fois où il implora qui que ce soit). On le voit briller par ses exploits mais ne jamais s’en vanter, et canaliser sa violence intérieure pour ne la tourner que vers des ennemis de son peuple. Le fait qu’il ne dise rien de son exploit avec le lion est un trait extrêmement important du personnage : au contraire d’un Hercule qui se revêt de la peau de l’animal vaincu, il laisse la carcasse dans les champs et ne s’en soucie plus. Plus tard, il en sort du miel mais ne dit rien à ses parents de la façon dont celui-ci a été obtenu. Il permet donc aux siens de profiter des bénéfices de ses succès, sans pour autant leur parler des efforts qui ont été nécessaires pour obtenir ces bénéfices. C’est là l’un des traits les plus sympathiques du personnage, mais hélas l’un des rares réellement positifs. Et encore … ne peut-on penser qu’il commet un sacrilège (au regard de son statut de nazir) en prélevant le miel dans le cadavre ? A moins qu’il n’y rencontre son destin … car la douceur du miel, souvent associée à l’amour dans l’Ancien Testament, est la seule douceur véritable qu’il connaîtra de toute sa vie. Il la partage avec ses parents, non avec sa femme, ce qui peut être vu comme un présage de son avenir.

Si on ne sait rien de son enfance, il semble évident, à l’attitude qu’il a, jeune homme, vis-à-vis de ses parents, que leur éducation a manqué de fermeté : sans doute parce qu’ils le savaient destiné à de grandes choses, ils n’ont pas su se montrer assez fermes (et certainement étaient-ils déjà âgés à sa naissance, trop fatigués pour parvenir à canaliser ce bouillant jeune homme), ce qui pousse Samson à rejeter au moins en partie les enseignements de l’Éternel, en choisissant une femme parmi les païens, contre l’avis de son père (Samson se comporte d’ailleurs avec son père exactement comme ses femmes se comporteront envers lui). Ce manque de piété filiale précipite la série d’événements liés à son mariage, qui, certes, l’amènent à massacrer un grand nombre de Philistins, mais à le faire comme un brigand, et non comme un roi : on est loin, très loin, d’une figure comparable à celle de David.

Le passage dans lequel sa jeune épouse le presse de questions est également très éclairant pour l’homme contemporain : La femme de Samson pleurait auprès de lui, et disait : “Tu n’as pour moi que de la haine, et tu ne m’aimes pas ; tu as proposé une énigme aux enfants de mon peuple, et tu ne me l’as point expliquée !” Et il lui répondait : “Je ne l’ai expliquée ni à mon père ni à ma mère ; est-ce à toi que je l’expliquerais ?” Elle pleura auprès de lui pendant les sept jours que dura leur festin ; et le septième jour, il la lui expliqua, car elle le tourmentait. Et elle donna l’explication de l’énigme aux enfants de son peuple. (Livre des Juges, 14.16 et 14.17). Ceci doit nous rappeler une vérité fondamentale : la chouinerie et le chantage affectif ne datent pas d’hier. La manipulation des hommes, même des plus forts, par les femmes qu’ils aiment non plus. Ce texte date d’il y a au bas mot 2700 ans et la scène pourrait, à peu de choses près, être retranscrite à l’identique aujourd’hui. Puissant face aux hommes, Samson est faible avec les femmes : trois liaisons lui sont connues, et toutes les trois sont catastrophiques. Son mariage finit en bain de sang. Une nuit avec une prostituée de Gaza (Juges 14.1-14.4) l’amène à devoir fuir la ville. Quant à Dalila, elle provoque sa perte et sa mort.

Avec les femmes, Samson est l’archétype du trop bon, trop con : il pardonne à son épouse, malgré sa trahison; n’ayant visiblement pas retenu la leçon, il pardonne à Dalila, malgré trois trahisons successives, et va jusqu’à lui confier un secret, alors qu’elle a prouvé qu’elle n’était pas digne d’une telle confiance. De toute évidence, le chantage affectif et les larmes de crocodile fonctionnent très bien sur lui. Alors qu’on le montre très rancunier envers les hommes, avec les femmes, Samson pardonne, y compris en dépit du bon sens. Il va même, en bon cuck qu’il est, jusqu’à prendre l’initiative de faire la paix avec celle qui non seulement n’a pas daigné le suivre (ce qui aurait été son devoir) mais en plus a été donnée à un autre homme (c’est à dire, puisqu’il n’y a pas eu de divorce officiel, est adultère : on est en Israël, pas à Rome, et une épouse ne peut pas être séparée de son époux si celui-ci ne lui donne pas un acte de répudiation).

Samson est plus à l’aise face à des adversaires armés que face à des larmes de crocodile.

Féroce et sans pitié avec ses ennemis masculins, Samson est donc faible et même imbécile avec les femmes, face auxquelles il ne sait comment combattre. Manipulé et même infantilisé par Dalila, il refuse jusqu’au bout de croire que celle-ci lui veut du mal et continue à lui faire confiance. Il croit, comme beaucoup de Chevaliers Blancs, que montrer ses faiblesses à sa compagne et lui laisser les moyens de l’anéantir est une façon de gagner sa confiance et son amour. Quant à elle, ce n’est ni par amour des Philistins ni par haine d’Israël qu’elle le trahit : c’est tout simplement pour l’argent. Et elle réussit, par la manipulation émotionnelle, là où la force a échoué : elle le prive de sa puissance non pas en lui coupant les cheveux (sa chevelure n’a aucun pouvoir en elle-même, elle n’est que le symbole de son pacte avec l’Éternel) mais bien en le séparant de Dieu. En le poussant à renoncer, même à son corps défendant, à sa dimension verticale et spirituelle.

Samson fait partie de ces hommes qui perdent leurs moyens face à une paire de fesses.

Les leçons de Samson

La légende de Samson donne beaucoup à réfléchir et offre plusieurs pistes de réflexion différentes et pas forcément contradictoires. Comme beaucoup de personnages bibliques, Samson a à la fois des caractéristiques héroïques et des traits mesquins, humains. A l’instar de nombreux autres héros antiques, ce sont ses propres faiblesses qui le mènent à sa perte. L’histoire laisse un arrière-goût d’inachevé, un sentiment d’occasions manquées. Celui qui devait être le sauveur de son peuple n’a pas été à la hauteur de sa mission. On ne peut que faire le parallèle avec le personnage de Gédéon (Livre des Juges 6) qui, sans disposer des pouvoirs de Samson, et à la manière d’un homme ordinaire (héroïque, certes, mais ordinaire), servit bien plus et bien mieux son peuple dans l’interminable guerre contre les Philistins. A bien des égards, Samson est un anti-héros et une figure de l’échec.

Samson avait tout et il a tout perdu, même sa spiritualité, par manque contrôle de ses propres sentiments, par goût des femmes et par manque de discipline. Il est la preuve qu’aucun homme n’est au-dessus de ce genre de faiblesse : si vous vous croyez imperméable aux charmes et aux manipulations, vous vous trompez. Si même un héros comme Samson en a été la victime, vous pouvez l’être aussi. Et une manipulatrice peut vous séparer de tout ce que vous avez de cher, même votre spiritualité. Les dons naturels et les prédispositions ne font pas tout : même le plus exceptionnel des potentiels peut être gâché. Surtout si on dispose de la puissance mais pas de la maîtrise de soi, de la rage mais pas de la raison. Surtout, également, si on laisse à ses sentiments et à son entrejambe le soin de prendre les décisions.

 

Pour continuer la lecture

Le Livre des Juges dans son intégralité est disponible ici.

Cependant, si vous ne disposez pas d’une Bible à la maison, un bon conseil : achetez-en une. Que vous soyez croyant ou pas. C’est une lecture indispensable pour quiconque s’intéresse à la culture occidentale. La moitié de l’art européen classique est composée de citations bibliques (et l’autre moitié de citations de la mythologie gréco-latine). La lecture de la Bible a inspiré vingt siècles de civilisation occidentale; rien que pour cela, elle fait partie des livres qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie.

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Illustrations : José Echenagusia, Le Caravage, Jack Cain Aaron Burden Cristian Newman Jakob Owens

Martial
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